The Japan Times - En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères

EUR -
AED 4.237583
AFN 72.693752
ALL 96.083665
AMD 433.726263
ANG 2.065521
AOA 1058.097238
ARS 1611.096401
AUD 1.627012
AWG 2.076964
AZN 1.957395
BAM 1.955434
BBD 2.317406
BDT 141.175387
BGN 1.972318
BHD 0.435926
BIF 3416.234019
BMD 1.153869
BND 1.470256
BOB 7.950648
BRL 5.996198
BSD 1.150604
BTN 106.252936
BWP 15.636342
BYN 3.451113
BYR 22615.829146
BZD 2.314007
CAD 1.580015
CDF 2613.512848
CHF 0.907177
CLF 0.026486
CLP 1045.785768
CNY 7.946522
CNH 7.938554
COP 4269.233915
CRC 539.31065
CUC 1.153869
CUP 30.577524
CVE 110.246257
CZK 24.445461
DJF 204.885168
DKK 7.471843
DOP 70.228365
DZD 152.511672
EGP 60.430077
ERN 17.308033
ETB 179.623441
FJD 2.54889
FKP 0.864765
GBP 0.863994
GEL 3.127214
GGP 0.864765
GHS 12.535869
GIP 0.864765
GMD 84.844491
GNF 10083.329455
GTQ 8.813502
GYD 240.719076
HKD 9.044641
HNL 30.452955
HRK 7.528765
HTG 150.924996
HUF 390.627295
IDR 19568.461556
ILS 3.569811
IMP 0.864765
INR 106.997682
IQD 1507.230698
IRR 1516183.648142
ISK 143.298995
JEP 0.864765
JMD 181.000013
JOD 0.818054
JPY 183.519391
KES 149.56326
KGS 100.905754
KHR 4617.235044
KMF 492.702289
KPW 1038.457027
KRW 1723.170402
KWD 0.353753
KYD 0.958829
KZT 554.390945
LAK 24690.588441
LBP 103033.2836
LKR 358.295982
LRD 210.554204
LSL 19.248161
LTL 3.407074
LVL 0.697964
LYD 7.365748
MAD 10.789366
MDL 20.071588
MGA 4790.102621
MKD 61.593693
MMK 2423.243908
MNT 4120.582999
MOP 9.287041
MRU 45.769417
MUR 53.666511
MVR 17.827435
MWK 1995.026251
MXN 20.352175
MYR 4.519126
MZN 73.744171
NAD 19.248161
NGN 1564.577088
NIO 42.342985
NOK 11.060872
NPR 170.005834
NZD 1.972608
OMR 0.44369
PAB 1.15052
PEN 3.932614
PGK 4.964178
PHP 68.948263
PKR 321.238287
PLN 4.262882
PYG 7458.731962
QAR 4.194987
RON 5.091795
RSD 117.421168
RUB 96.593463
RWF 1682.684766
SAR 4.332929
SBD 9.283085
SCR 15.84955
SDG 693.475127
SEK 10.746038
SGD 1.47424
SHP 0.8657
SLE 28.383287
SLL 24196.065005
SOS 656.391253
SRD 43.414286
STD 23882.755212
STN 24.495942
SVC 10.067201
SYP 127.601462
SZL 19.251727
THB 37.528395
TJS 11.028225
TMT 4.05008
TND 3.391723
TOP 2.778239
TRY 51.023508
TTD 7.806605
TWD 36.807836
TZS 3007.247299
UAH 50.55213
UGX 4343.261614
USD 1.153869
UYU 46.772048
UZS 13962.505268
VES 516.71188
VND 30358.289022
VUV 137.994476
WST 3.154336
XAF 655.834136
XAG 0.014683
XAU 0.000235
XCD 3.118389
XCG 2.073629
XDR 0.815647
XOF 655.845502
XPF 119.331742
YER 275.255428
ZAR 19.297997
ZMK 10386.182289
ZMW 22.442185
ZWL 371.545294
  • AEX

    -10.9400

    1001.92

    -1.08%

  • BEL20

    -28.9300

    5137.77

    -0.56%

  • PX1

    9.5700

    7984.35

    +0.12%

  • ISEQ

    138.4500

    12390.52

    +1.13%

  • OSEBX

    12.4300

    1984.86

    +0.63%

  • PSI20

    -48.6300

    9126.8

    -0.53%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    7.5600

    3787.95

    +0.2%

  • N150

    14.0000

    3903.25

    +0.36%

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères
En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères / Photo: Sulejman Alihodzic - AFP/Archives

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d'Europe suspendu au sort de coléoptères

A l'heure où l'Europe cherche désespérément à accroître son autonomie stratégique, les plans de développement du plus grand gisement de terres rares du continent se heurtent aux craintes suscitées par l'impact sur des coléoptères, mousses, champignons et autres espèces menacées.

Taille du texte:

A deux heures de route au sud-ouest d'Oslo, Ulefoss, ancienne bourgade minière de quelque 2.000 habitants, repose sur un trésor, le Fensfeltet: 8,8 millions de tonnes de terres rares, des métaux indispensables à la transition énergétique et numérique, et définis comme critiques par l'Union européenne.

"Vous avez des terres rares dans la poche quand vous avez un smartphone sur vous. Vous roulez avec des terres rares quand vous êtes au volant d'un véhicule électrique, et vous avez besoin de terres rares pour fabriquer du matériel de défense comme les avions F-35", explique Tor Espen Simonsen, responsable local de Rare Earths Norway, l'entreprise qui dispose des droits d'extraction.

"Aujourd'hui, l'industrie européenne importe presque la totalité, 98%, des terres rares dont elle a besoin depuis un seul pays: la Chine. Nous sommes donc dans une situation où l'Europe doit se procurer davantage de ces matières premières par elle-même", ajoute-t-il.

Dans son règlement sur les matières premières critiques (CRMA), destiné à sécuriser ses approvisionnements, l'UE s'est fixé l'objectif de subvenir à au moins 10% de ses besoins à l'horizon 2030.

Or, aucun gisement de terres rares n'est aujourd'hui en exploitation sur le continent.

- "Se hâter lentement" -

Rare Earths Norway a déjà dû repousser son calendrier et envisage désormais d'entamer l'extraction dans la première moitié de la décennie 2030 en raison de préoccupations environnementales.

Si son projet dit de "mine invisible" limite son empreinte écologique en prévoyant une extraction et un concassage sous terre - par opposition à une mine à ciel ouvert - ainsi que la réinjection sous le sol d'une grande partie des résidus miniers, l'emplacement privilégié pour son parc minier pose problème.

L'entreprise souhaiterait faire remonter ses minerais derrière une colline, dans une zone à l'abri des regards et essentiellement recouverte de forêts naturelles anciennes, riches en biodiversité.

Des expertises y ont recensé 78 espèces animales et végétales placées sur la liste rouge, c'est-à-dire menacées - à des degrés divers - de disparition: différents coléoptères saproxyliques (liés au bois mort), des ormes de montagne, des frênes communs, une quarantaine de types de champignons, des mousses...

A tel point que le préfet, lors du cycle de consultations, s'est dit formellement opposé à cet emplacement. D'autant que la décharge de stériles (roches sans valeur commerciale) dans la zone aurait aussi des conséquences extrêmement négatives pour les systèmes aquatiques.

"Nous devons exploiter le plus rapidement possible pour pouvoir nous passer des chaînes de valeur polluantes en provenance de Chine", souligne Martin Molvaer, conseiller de Bellona, une ONG environnementale technophile norvégienne.

"Mais cela ne doit pas aller si vite que nous détruisions une grande partie de la nature au passage: il faut donc se hâter lentement", dit-il.

- "Peste et choléra" -

Face à ces objections, la municipalité a été contrainte de revoir sa copie et d'examiner plus attentivement des emplacements alternatifs pour les futures installations en surface de la mine.

Une autre zone, écologiquement moins sensible, existe bien, mais elle n'a les faveurs ni des promoteurs miniers ni de la population locale.

"Nous reconnaissons que nous devrons sacrifier une partie importante de notre nature", confie la maire Linda Thorstensen, "c'est un peu comme devoir choisir entre la peste et le choléra".

Mais dans une bourgade qui perd ses emplois et ses jeunes depuis des décennies, l'édile reste très favorable au projet, y voyant "une nouvelle aventure".

"Beaucoup de personnes vivent en marge du marché du travail, nombreuses sont celles qui perçoivent une aide sociale ou une pension d'invalidité. Nous avons donc besoin d'emplois et de perspectives", dit-elle.

Dans les rues clairsemées d'Ulefoss, la population est aussi prudemment positive.

"Nous voulons une dynamique qui nous permette de nous enrichir, que la commune en retire quelque chose. Nous avons besoin d'argent et de davantage d'habitants", témoigne Inger Norendal, enseignante à la retraite de 70 ans. "Mais l'exploitation minière a aussi évidemment le revers de sa médaille."

K.Abe--JT