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Un triplé, deux records et une soirée magique à Kansas City: l'insatiable Lionel Messi, bientôt 39 ans, a guidé l'Argentine vers un triomphe inaugural au Mondial-2026 contre l'Algérie (3-0), dépassée par le génie du champion en titre.
Avant même d'avoir touché son premier ballon, il avait déjà un peu plus assis son statut de légende, en devenant le premier joueur à disputer une sixième Coupe du monde, en attendant l'entrée en lice de son rival générationnel, Cristiano Ronaldo, mercredi avec le Portugal.
A titre de comparaison, c'est une édition de plus que les cinq disputées par les Fennecs algériens, dans toute leur histoire.
Mais la "pulga" (la puce) a un appétit de géant et il en voulait beaucoup plus: il lui fallait briller balle au pied et envoyer un message d'entrée, après le doublé de Kylian Mbappé avec la France contre le Sénégal (3-1), qui l'avait dépassé - très momentanément - au classement des meilleurs buteurs de l'épreuve (14).
Alors il a frappé trois fois (17e, 60e, 76e) et s'est offert une ovation à sa sortie après avoir porté son total à 120 buts en 200 sélections, dont 16 en Coupe du monde, égalant le record de l'Allemand Miroslav Klose.
"C'est un honneur de me retrouver au côté de Klose et d'autres grands, (le Brésilien) Ronaldo, Kylian Mbappé qui en a marqué deux aujourd'hui... Mais je pense que cela ne signifie rien, au final, ce n'est qu'une statistique et rien de plus", a tenté de sobrement désamorcer Messi après sa soirée pourtant historique.
- Lucarne et bras écartés -
Le Lucky Luke de l'Argentine a dégainé très vite, à Kansas City. Après moins de cinq minutes, il avait déjà fait trembler les filets, mais un hors-jeu l'a privé du but tant espéré (5e).
Alors le capitaine de l'Albiceleste a remis le bleu de chauffe et fait exulter ses bouillants supporters une douzaine de minutes plus tard, d'une frappe de toute beauté partie se loger en lucarne (17e, 1-0).
Son coéquipier à l'Inter Miami, Rodrigo de Paul, l'a joliment trouvé dans la profondeur, il s'est mis en position de tir devant la surface de réparation et a décroché un missile qui était trop puissant pour les deux mains de Luca Zidane, un des fils de Zinédine, l'ex-N.10 français du Real Madrid contre lequel Messi joua une fois en 2005 lors d'un clasico remporté avec son club de (presque) toujours, le FC Barcelone.
Il fallait bien un éclair du génie, aidé sur le coup par les largesses de la défense adverse, pour offrir de la lumière à une rencontre longtemps assez fermée et pauvre en occasions franches.
Messi s'en fichait bien et il avait un sourire de gamin au moment de célébrer, les bras écartés comme des ailes d'avion.
- Emerveillement permanent -
Son deuxième but de la soirée, il l'a inscrit tel un renard de surface, à l'affût d'une frappe flottante d'Alexis Mac Allister que Zidane n'a pu que repousser (60e, 2-0).
Le gardien de Grenade, en deuxième division espagnole, ne s'est pas montré à son avantage sur ce coup-là. Mais il s'est rattrapé, un peu, en effectuant un bel arrêt à une main sur une frappe de Messi, encore lui (60e).
L'ancienne étoile du Barça et du PSG a finalement décroché son triplé sur une frappe depuis l'entrée de la surface, un classique de son registre impérial (76e, 3-0). Et son sélectionneur de lui offrir une sortie en majesté, sous les hourras et les cris de son public juste après (80e).
"Leo, c'est difficile à expliquer. Il nous émerveille toujours, même si on le côtoie au quotidien", a commenté Lionel Scaloni. "C'est le meilleur depuis 20 ans, et il continue à tout bien faire à chaque match."
L'Algérie, de son côté, n'a pas mis l'intensité nécessaire ni respecté quelques fondamentaux, notamment en défense, et elle l'a payé cher. C'est aussi, peut-être, la conséquence de son inexpérience pour une sélection qui n'avait plus évolué en Coupe du monde depuis 2014.
A l'époque, Messi avait déjà quatre Ballons d'or à son nom.
Y.Ishikawa--JT