The Japan Times - Allemagne: le chancelier Merz dit tenir le cap, même fragilisé par les succès électoraux des extrêmes

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Allemagne: le chancelier Merz dit tenir le cap, même fragilisé par les succès électoraux des extrêmes

Allemagne: le chancelier Merz dit tenir le cap, même fragilisé par les succès électoraux des extrêmes

Sous pression après des défaites électorales dimanche face à l'extrême droite et l'extrême gauche, l'impopulaire chancelier Friedrich Merz s'est engagé à poursuivre les réformes promises, fermant la porte à un départ prématuré, après des jours de spéculations à ce sujet.

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L'extrême droite AfD a remporté le scrutin régional en Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est) d'une courte tête devant les sociaux-démocrates, tandis que dans la capitale Berlin, la CDU du chancelier est devancée par la gauche radicale Die Linke, selon des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour l'audiovisuel public allemand.

Reconnaissant en particulier un "désastre" pour son parti (5,5%) au Mecklembourg, M. Merz a pris la parole dès dimanche soir, chose exceptionnelle s'agissant de scrutins régionaux, pour souligner sa volonté de poursuivre sa mission malgré une impopularité record, et des jours de débats sur un éventuel départ prématuré.

- Prendre ses responsabilités -

"Je prends cette responsabilité parce que je veux faire avancer notre pays", a-t-il dit, admettant que la "confiance dans les institutions de notre pays diminue" et estimant qu'elle était "activement sapée par des partis radicaux de gauche comme de droite".

M. Merz, dont l'impopularité est historiquement haute, était considérablement fragilisé depuis le coup de tonnerre du 6 septembre, lorsque le parti antimigrants et prorusse Alternative pour l'Allemagne (AfD) a infligé une lourde défaite à la CDU, nourrissant les débats sur sa longévité au gouvernement dont il a pris la tête il y a seulement 16 mois.

Dimanche en Mecklembourg, l'AfD est avec 37-38% (contre 16,7% en 2021) devant les sociaux-démocrates (autour de 36%). Mais ces derniers devraient conserver le contrôle de l'exécutif régional en s'alliant avec d'autres partis de gauche.

A Berlin, la liste conduite par la candidate de Die Linke (gauche radicale), Elif Eralp, arrive en tête (25% environ) devançant la CDU du chancelier (20%), et pourra lui ravir la mairie si elle s'entend avec d'autres partis de gauche.

"Dans notre ville, la liberté et la justice ont triomphé de la haine", a-t-elle dit, en référence à l'extrême droite.

L'AfD signe cependant un très bon score dans la capitale, réputée ouverte et tolérante, avec entre 13,8 et 15,7% selon les estimations des chaînes allemandes, un bond en avant par rapport aux quelque 9% enregistrés en 2023.

Différentes figures du parti ont d'ailleurs tour à tour salué un "résultat sensationnel" au Mecklembourg et un "bon résultat" à Berlin.

- Pare-feu -

La codirigeante de la formation, Alice Weidel a appelé en conséquence à mettre "fin à la bêtise du pare-feu", c'est-à-dire le consensus au sein de la classe politique de ne pas s'allier avec l'AfD.

Résumant l'ambiance politique en Allemagne, Moritz Lembke-Oezer, un électeur berlinois 43 ans, a dit à l'AFP vouloir que "la CDU soit sanctionnée" lors du scrutin, "et qu'ensuite éventuellement Friedrich Merz ne soit plus là".

Mais il craignait aussi que son affaiblissement "puisse profiter à l'AfD".

Au pouvoir depuis 16 mois, M. Merz avait promis de relancer l'économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l'immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l'AfD, devenue deuxième force politique du pays lors des législatives de 2025.

Mais les réformes promises se font attendre, notamment sur fond de désaccord et de disputes avec son partenaire de coalition, le Parti social-démocrate, lui aussi mal en point.

Jusqu'ici, aucune formation n'a jamais voulu s'allier avec l'extrême droite, mais ses succès électoraux pourraient relancer le débat, notamment au sein du parti conservateur du chancelier.

Y.Watanabe--JT