The Japan Times - Le boom de l'açai, une chance et une menace pour l'Amazonie brésilienne

EUR -
AED 4.313234
AFN 75.750435
ALL 95.578696
AMD 433.594907
ANG 2.102159
AOA 1078.160336
ARS 1638.971773
AUD 1.625109
AWG 2.11404
AZN 1.999672
BAM 1.958437
BBD 2.373175
BDT 144.574668
BGN 1.95913
BHD 0.444976
BIF 3506.83234
BMD 1.174466
BND 1.49167
BOB 8.141894
BRL 5.790702
BSD 1.178287
BTN 111.063856
BWP 15.776243
BYN 3.329855
BYR 23019.541599
BZD 2.369771
CAD 1.603364
CDF 2720.064631
CHF 0.915033
CLF 0.026588
CLP 1046.41439
CNY 7.992303
CNH 7.987329
COP 4391.212453
CRC 540.500166
CUC 1.174466
CUP 31.12336
CVE 110.414612
CZK 24.310747
DJF 209.820735
DKK 7.472819
DOP 70.07077
DZD 155.423039
EGP 61.917074
ERN 17.616996
ETB 183.972419
FJD 2.568381
FKP 0.863023
GBP 0.864883
GEL 3.147732
GGP 0.863023
GHS 13.255849
GIP 0.863023
GMD 85.736074
GNF 10340.659465
GTQ 8.997345
GYD 246.52194
HKD 9.192848
HNL 31.323911
HRK 7.539253
HTG 154.323854
HUF 355.902081
IDR 20401.597252
ILS 3.418737
IMP 0.863023
INR 110.912846
IQD 1543.578414
IRR 1541956.947453
ISK 143.801193
JEP 0.863023
JMD 185.589895
JOD 0.832657
JPY 184.144002
KES 151.682245
KGS 102.672444
KHR 4726.162529
KMF 492.10156
KPW 1056.962147
KRW 1724.486599
KWD 0.361498
KYD 0.981922
KZT 545.674746
LAK 25857.596849
LBP 105154.351013
LKR 379.417652
LRD 216.227592
LSL 19.224422
LTL 3.467894
LVL 0.710423
LYD 7.452972
MAD 10.799449
MDL 20.272124
MGA 4892.316697
MKD 61.676845
MMK 2465.917641
MNT 4203.300853
MOP 9.503997
MRU 47.141268
MUR 54.988565
MVR 18.15135
MWK 2043.037861
MXN 20.275107
MYR 4.603321
MZN 75.050158
NAD 19.224586
NGN 1599.599736
NIO 43.357827
NOK 10.917372
NPR 177.688178
NZD 1.973409
OMR 0.451583
PAB 1.178287
PEN 4.081295
PGK 5.127664
PHP 71.115081
PKR 328.303558
PLN 4.229206
PYG 7211.649015
QAR 4.294993
RON 5.262191
RSD 117.382025
RUB 87.677284
RWF 1727.425963
SAR 4.439687
SBD 9.433617
SCR 16.55833
SDG 705.267211
SEK 10.875383
SGD 1.489822
SHP 0.876858
SLE 28.892668
SLL 24627.968842
SOS 673.406736
SRD 43.961469
STD 24309.083409
STN 24.531883
SVC 10.309882
SYP 129.83015
SZL 19.218878
THB 37.847764
TJS 11.011555
TMT 4.122377
TND 3.417889
TOP 2.827833
TRY 53.276327
TTD 7.970733
TWD 36.867679
TZS 3063.471122
UAH 51.592714
UGX 4406.933896
USD 1.174466
UYU 47.115446
UZS 14278.225498
VES 582.780873
VND 30901.385664
VUV 138.617742
WST 3.175865
XAF 656.805031
XAG 0.014574
XAU 0.000249
XCD 3.174054
XCG 2.123559
XDR 0.816855
XOF 656.841431
XPF 119.331742
YER 280.225528
ZAR 19.270765
ZMK 10571.61339
ZMW 22.446032
ZWL 378.177704
  • AEX

    -5.7100

    1013.68

    -0.56%

  • BEL20

    -23.5200

    5446.11

    -0.43%

  • PX1

    -73.0000

    8129.18

    -0.89%

  • ISEQ

    -166.9800

    12777.16

    -1.29%

  • OSEBX

    1.7800

    1980.83

    +0.09%

  • PSI20

    -83.1300

    9051.56

    -0.91%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.2800

    3998.61

    -2.16%

  • N150

    -13.4400

    4185.41

    -0.32%

Le boom de l'açai, une chance et une menace pour l'Amazonie brésilienne
Le boom de l'açai, une chance et une menace pour l'Amazonie brésilienne / Photo: EVARISTO SA - AFP/Archives

Le boom de l'açai, une chance et une menace pour l'Amazonie brésilienne

Par une chaleur étouffante, José Diogo grimpe sur un palmier pour cueillir une grappe de baies noires qui ressemblent à de grosses myrtilles: c'est le début de la récolte de l'açai, fruit emblématique de l'Amazonie brésilienne.

Taille du texte:

Le boom de ce fruit à la mode, prisé par des stars d'Hollywood pour ses vertus énergétiques et anti-oxydantes, permet de faire vivre des dizaines de petits producteurs.

Mais le succès est tel que la tendance à la monoculture dans certaines zones menace la biodiversité de la plus grande forêt tropicale de la planète.

José Diogo, 41 ans, vit dans une communauté afro-brésilienne quilombola, nom donné aux descendants d'esclaves fugitifs, à 120 km de Belem, capitale de l'Etat du Para (nord), où aura lieu en 2025 la conférence de l'ONU sur le climat COP-30.

Situé dans la commune d'Abaetetuba, son village, Igarape Sao Joao, se trouve au bord de la rivière Itacuruça, où le sol inondé une partie de l'année est un terreau propice pour le palmier pinot, sur lequel pousse l'açai.

"Quand la cueillette débute (elle a lieu d'août à janvier), notre situation s'améliore beaucoup", dit-il à l'AFP, tout en égrenant les grandes grappes qui pendent près de la cime pour faire tomber les baies dans un grand panier.

Dans une bonne journée, il remplit 25 paniers de 14 kg. Chacun de ses paniers peut lui rapporter jusqu'à 25 réais (environ 4,75 euros), selon le cours de l'açai.

Des intermédiaires achètent les baies à sa communauté et les amènent par voie fluviale à Belem, où elles sont revendues au plus vite pour éviter qu'elles ne se gâtent.

Dans le marché traditionnel Ver-o-peso, fondé en 1901, des dizaines d'hommes en sueur déchargent l'açai de leurs bateaux en pleine nuit et trouvent rapidement preneurs chez des fabricants de pulpe, de jus ou autres produits extraits de la baie.

Maycon de Souza, 30 ans, empile trois paniers sur sa tête et deux autres sur son épaule droite: 70 kg au total.

"En une nuit, je peux gagner 300 réais (environ 57 euros)", dit-il.

- Biodiversité en danger -

L'Etat du Para concentre plus de 90% de la production brésilienne d'açai.

Ces dernières décennies, la consommation de ce "superaliment" a explosé, bien au-delà des frontières du Brésil, dans des jus ou des sorbets hautement énergétiques.

La production d'açai a longtemps été présentée comme un modèle de "bio-économie", source de revenus pour les populations locales d'Amazonie sans rogner sur la forêt.

Mais des études ont montré que cette expansion est nocive pour la biodiversité, quand le palmier pinot prend la place d'autres espèces natives.

"À l'état naturel, il y en a 50 à 60, voire 100 par hectare. Si on dépasse les 200, on perd 60% de la biodiversité dans ces zones inondables", explique à l'AFP le biologiste Madson Freitas, chercheur au musée Emilio Goeldi de Belem.

La monoculture est également préjudiciable pour la récolte de l'açai: la disparition de certaines plantes affecte la pollinisation par des insectes comme les abeilles, les fourmis ou les guêpes, ce qui fait chuter la production.

- "Investissement social" -

Madson Freitas, lui-même originaire d'une communauté quilombola du Para, considère qu'une production durable de l'açai est possible, à condition d'établir des règles plus strictes pour éviter la monoculture.

Il préconise par ailleurs un "investissement social", par le biais de subventions, par exemple, pour encourager les petits producteurs à "préserver la forêt".

Salomao Santos, leader communautaire du village d'Igarape Sao Joao, reconnaît que la monoculture de l'açai "peut devenir problématique".

"Nous survivons grâce à l'Amazonie et l'Amazonie ne survit pas avec une seule espèce", insiste-t-il, rappelant les cycles éphémères du caoutchouc ou de la canne à sucre au début du siècle dernier en Amazonie.

Salomao Santos dirige l'association Malungu, qui représente les communautés quilombolas du Para. "Nous rendons un grand service au monde en préservant la forêt. Maintenant, nous voulons que l'Etat et tous ceux qui ont tiré profit de la sueur et du sang des esclaves paient leur dette".

Selon le dernier recensement, 1,3 million de personnes vivent dans les 3.500 communautés quilombolas du Brésil.

S.Ogawa--JT