The Japan Times - En Sierra Leone, le difficile pari de garder les filles enceintes à l'école

EUR -
AED 4.232111
AFN 75.483338
ALL 93.285126
AMD 422.259
AOA 1057.884483
ARS 1728.27314
AUD 1.637355
AWG 2.074282
AZN 1.948129
BAM 1.956537
BBD 2.325376
BDT 142.913814
BHD 0.435364
BIF 3450.549574
BMD 1.152379
BND 1.480393
BOB 13.964198
BRL 5.891306
BSD 1.154535
BTN 109.874896
BWP 15.61488
BYN 3.418287
BYR 22586.626891
BZD 2.321974
CAD 1.615497
CDF 2604.376508
CHF 0.934643
CLF 0.02673
CLP 1055.440971
CNY 7.777463
CNH 7.774433
COP 3641.932253
CRC 525.197761
CUC 1.152379
CUP 30.538041
CVE 110.303663
CZK 24.256194
DJF 205.597417
DKK 7.475499
DOP 67.275332
DZD 153.346558
EGP 57.370946
ERN 17.285684
ETB 186.347968
FJD 2.551309
FKP 0.856496
GBP 0.85733
GEL 3.013436
GGP 0.856496
GHS 13.570757
GIP 0.856496
GMD 85.276242
GNF 10139.201975
GTQ 8.809317
GYD 241.539903
HKD 9.040442
HNL 30.944652
HRK 7.534482
HTG 150.95029
HUF 366.519917
IDR 20604.535143
ILS 3.465739
IMP 0.856496
INR 109.762882
IQD 1512.462949
IRR 1584348.162378
ISK 142.411184
JEP 0.856496
JMD 183.008911
JOD 0.81702
JPY 182.503455
KES 149.119782
KGS 100.775889
KHR 4683.930475
KMF 492.065825
KRW 1633.531568
KWD 0.356065
KYD 0.962162
KZT 541.02372
LAK 26086.822873
LBP 103388.630514
LKR 387.81603
LRD 208.397567
LSL 18.831591
LTL 3.402675
LVL 0.697063
LYD 7.359771
MAD 10.772009
MDL 20.088564
MGA 4963.869122
MKD 61.548176
MMK 2419.480296
MNT 4144.000792
MOP 9.328972
MRU 46.285429
MUR 54.242586
MVR 17.815708
MWK 2001.953827
MXN 19.792091
MYR 4.714415
MZN 73.639049
NAD 18.831591
NGN 1572.438973
NIO 42.484154
NOK 10.977222
NPR 175.800197
NZD 1.962346
OMR 0.443084
PAB 1.15453
PEN 3.902569
PGK 5.100921
PHP 70.185659
PKR 320.527693
PLN 4.302263
PYG 6867.585958
QAR 4.220243
RON 5.256461
RSD 117.34213
RUB 94.667126
RWF 1696.038636
SAR 4.32528
SBD 9.297794
SCR 16.700579
SDG 692.002662
SEK 10.945041
SGD 1.476837
SLE 28.349629
SOS 659.848463
SRD 43.636562
STD 23851.917062
STN 24.509229
SVC 10.101804
SZL 18.816085
THB 38.093084
TJS 10.650564
TMT 4.039088
TND 3.386158
TRY 54.974007
TTD 7.816943
TWD 37.203862
TZS 3050.926677
UAH 51.697166
UGX 4300.600712
USD 1.152379
UYU 46.497307
UZS 13759.121235
VES 869.137148
VND 30185.989698
VUV 137.145062
WST 3.144168
XAF 656.204091
XAG 0.017901
XAU 0.000268
XCD 3.114361
XCG 2.080784
XDR 0.816107
XOF 656.204091
XPF 119.331742
YER 272.941263
ZAR 18.773693
ZMK 10372.788581
ZMW 21.965271
ZWL 371.065543
  • AEX

    2.3400

    1114.86

    +0.21%

  • BEL20

    48.9600

    5809.13

    +0.85%

  • PX1

    27.8400

    8727.57

    +0.32%

  • ISEQ

    313.0900

    14352.83

    +2.23%

  • OSEBX

    7.0700

    2027.17

    +0.35%

  • PSI20

    -33.2100

    9191.09

    -0.36%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    4.7600

    4330.08

    +0.11%

En Sierra Leone, le difficile pari de garder les filles enceintes à l'école
En Sierra Leone, le difficile pari de garder les filles enceintes à l'école / Photo: ISSOUF SANOGO - AFP

En Sierra Leone, le difficile pari de garder les filles enceintes à l'école

Hawa et son cousin se battaient pour avoir la meilleure note dans leur école de Sierra Leone. Jusqu'à ce qu'Hawa tombe enceinte il y a huit mois.

Taille du texte:

Dans ce petit pays ouest-africain où les grossesses des adolescentes sont très répandues, la législation en vigueur leur permet sur le papier de continuer les cours.

Car depuis 2020, les jeunes filles qui portent un enfant sont autorisées dans les salles de classe, une mesure présentée comme un succès du président Julius Maada Bio qui brigue un second mandat lors des élections samedi.

Mais comme d'autres politiques progressistes qu'il a insufflées, garder les jeunes filles enceintes à l'école est plus facile à dire qu'à faire.

Hawa, 18 ans, a été raillée sans pitié par d'autres élèves et sa mère a cessé de lui donner de l'argent pour payer ses fournitures et uniformes.

Après six mois de grossesse, elle a fini par abandonner l'école, laissant son cousin poursuivre seul sa scolarité.

Le président Bio a fait de l'éducation et des droits des femmes l'une de ses priorités.

Il a récemment raconté dans un entretien à l'AFP à l'AFP avoir lui-même changé d'avis sur la scolarisation des filles enceintes.

"J'étais totalement opposé à cela il y a quelques années, mais j'ai réalisé que j'avais tort. Elles sont dans leurs années de formation, et si nous les punissons pour le reste de leur vie, vous avez été injuste envers elles, et vous avez été injuste envers la société", a-t-il expliqué.

- Cycle de pauvreté -

Faute de données, il est difficile de savoir combien de jeunes Sierra-Léonaises enceintes poursuivent leur scolarité.

En 2021, soit un an après la modification de la loi, le recensement scolaire national a identifié 950 filles visiblement enceintes dans les écoles du pays.

Une enquête gouvernementale de 2019 révélait que 21% des femmes et des filles âgées de 15 à 19 ans étaient enceintes ou avaient déjà accouché. Des dizaines de milliers d'entre elles auraient donc abandonné leurs études.

Le maintien des filles enceintes à l'école est "essentiel pour briser les cycles de pauvreté et d'inégalité en Sierra Leone", a déclaré Nadia Rasheed, représentante nationale de l'agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive pour les femmes.

Kadi, 18 ans, avait espéré que l'éducation lui permette d'accéder à une vie meilleure.

Élevée par sa grand-mère et une sœur aînée dans le bidonville de Cockle Bay à Freetown, elle a été poussée dans ses études.

Un jour, sa grand mère est morte dans un accident de voiture. Deux ans plus tard, sa sœur ainé est tombée malade, et décède elle aussi.

Son petit ami, un pêcheur, a commencé à l'aider à payer ses frais de scolarité. Ils avaient prévu qu'elle étudierait la médecine, puis ils se marieraient.

Mais lorsqu'elle est tombée enceinte à 17 ans, elle a souffert de brimades à l'école, avant d'échouer à certains de ses examens. Elle n'est pas revenue l'année suivante, et craint désormais d'avoir pris un retard qu'elle ne pourra plus rattraper si elle se remet à étudier.

"Les communautés ne vont pas changer comme ça – les écoles ne vont pas changer comme ça – je pense que personne n'aurait dû s'attendre à un succès du jour au lendemain", souligne Regina Mamidy Yillah, chercheuse à l'Institut pour le développement de Sierra Leone (IfDSL).

"Ceci dit, l'annulation de l'interdiction" pour les filles enceintes d'aller à l'école "est vraiment un pas gigantesque vers l'égalité", souligne-t-elle.

- Réalités -

L'application de plusieurs mesures progressistes du président Bio reste mise au défi des réalités du pays.

Elles sont saluées par les ONG occidentales et les agences onusiennes, omniprésentes en Sierra Leone depuis la guerre civile de 1991-2002, mais se heurtent aux valeurs traditionnelles de la société, ou ne répondent pas aux attentes.

Le gouvernement distribue par exemple des serviettes hygiéniques gratuites aux étudiantes et a investi plus de 20% du budget dans l'éducation.

Mais les frais sont encore nombreux, et parfois prohibitifs. Des étudiants doivent payer des fournitures scolaires, les transports, les uniformes, les chaussures...

En outre, de nombreux enseignants facturent de manière informelle aux élèves le savon, le papier toilette et les produits de nettoyage, et exigent des paiements quotidiens ou hebdomadaires en les menaçant de coups s'ils ne les donnent pas, selon des familles rencontrées par l'AFP.

Le projet de dépénalisation de l'avortement, salué internationalement lors de son annonce en juillet, n'a lui guère avancé.

En janvier, M. Bio a signé une nouvelle loi sur l'égalité des sexes pour augmenter le nombre de femmes dans les secteurs public et privé.

Pour les élections, le président s'est engagé à ce qu'un minimum de 30% des députés soient des femmes. Mais la nouvelle loi exige que seul un tiers des candidats soient des femmes, à la grande déception des défenseurs de leur cause.

K.Hashimoto--JT