The Japan Times - Quand les abricots arméniens deviennent un champ de bataille avec la Russie

EUR -
AED 4.183763
AFN 75.759948
ALL 93.814428
AMD 419.064735
ANG 2.039488
AOA 1044.65993
ARS 1689.465633
AUD 1.642845
AWG 2.050871
AZN 1.933496
BAM 1.957054
BBD 2.304776
BDT 141.06035
BGN 1.95661
BHD 0.431461
BIF 3415.537769
BMD 1.139215
BND 1.478182
BOB 7.887733
BRL 5.849294
BSD 1.144333
BTN 109.357084
BWP 15.508525
BYN 3.263805
BYR 22328.607635
BZD 2.301263
CAD 1.609762
CDF 2572.346955
CHF 0.927213
CLF 0.026948
CLP 1060.609198
CNY 7.724161
CNH 7.724741
COP 3688.446746
CRC 521.249879
CUC 1.139215
CUP 30.189189
CVE 110.334702
CZK 24.298341
DJF 203.770516
DKK 7.476193
DOP 67.305177
DZD 151.863007
EGP 57.187891
ERN 17.08822
ETB 183.934353
FJD 2.543525
FKP 0.851336
GBP 0.852662
GEL 2.990443
GGP 0.851336
GHS 13.159487
GIP 0.851336
GMD 83.162951
GNF 10036.031719
GTQ 8.734518
GYD 239.369115
HKD 8.929232
HNL 30.622496
HRK 7.534086
HTG 149.750658
HUF 359.411407
IDR 20616.197096
ILS 3.445006
IMP 0.851336
INR 109.494136
IQD 1499.073326
IRR 1566420.178343
ISK 143.221666
JEP 0.851336
JMD 181.891713
JOD 0.807687
JPY 184.92017
KES 147.243299
KGS 99.624516
KHR 4627.801649
KMF 493.279765
KPW 1025.293285
KRW 1698.079647
KWD 0.352803
KYD 0.953619
KZT 541.66932
LAK 25804.301332
LBP 101981.30256
LKR 384.397897
LRD 207.691205
LSL 18.705617
LTL 3.363805
LVL 0.6891
LYD 7.343704
MAD 10.646419
MDL 20.082687
MGA 4867.074673
MKD 61.631728
MMK 2392.279923
MNT 4085.195301
MOP 9.238899
MRU 45.5886
MUR 53.895988
MVR 17.612381
MWK 1978.242378
MXN 19.923668
MYR 4.645256
MZN 72.807181
NAD 18.705863
NGN 1578.416226
NIO 41.763457
NOK 11.123771
NPR 174.966924
NZD 1.966484
OMR 0.438022
PAB 1.144323
PEN 3.900667
PGK 4.987652
PHP 70.254796
PKR 318.025506
PLN 4.333617
PYG 6948.450533
QAR 4.172336
RON 5.231725
RSD 117.404021
RUB 87.320821
RWF 1686.035518
SAR 4.285115
SBD 9.180408
SCR 16.823903
SDG 684.079336
SEK 11.055565
SGD 1.473181
SHP 0.850539
SLE 27.739449
SLL 23888.770501
SOS 651.059444
SRD 42.90795
STD 23579.443712
STN 24.514949
SVC 10.012501
SYP 125.919788
SZL 18.70982
THB 38.17059
TJS 10.584687
TMT 3.998644
TND 3.385239
TOP 2.742956
TRY 53.586266
TTD 7.781018
TWD 36.64341
TZS 2998.980313
UAH 51.177931
UGX 4222.630493
USD 1.139215
UYU 46.039691
UZS 13831.859406
VES 823.759319
VND 29906.663654
VUV 136.385258
WST 3.144429
XAF 656.360119
XAG 0.019574
XAU 0.000283
XCD 3.078785
XCG 2.06233
XDR 0.816316
XOF 652.203253
XPF 119.331742
YER 270.104768
ZAR 18.735627
ZMK 10254.291427
ZMW 20.568181
ZWL 366.826661
  • AEX

    1.1900

    1085.4

    +0.11%

  • BEL20

    10.6300

    5604.45

    +0.19%

  • PX1

    25.8500

    8364.65

    +0.31%

  • ISEQ

    -122.1900

    13762.67

    -0.88%

  • OSEBX

    18.1600

    1950.59

    +0.94%

  • PSI20

    27.3200

    9133.82

    +0.3%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -37.4500

    4421.4

    -0.84%

  • N150

    20.9300

    4207.33

    +0.5%

Quand les abricots arméniens deviennent un champ de bataille avec la Russie
Quand les abricots arméniens deviennent un champ de bataille avec la Russie / Photo: KAREN MINASYAN - AFP

Quand les abricots arméniens deviennent un champ de bataille avec la Russie

Les yeux embués, Aramais Kazaryan avance entre les rangées d'abricotiers de son verger en Arménie en redoutant de ne plus pouvoir écouler sa récolte sur son principal marché, la Russie.

Taille du texte:

"L'abricot est un symbole de l'Arménie. Son goût et son parfum sont royaux, c'est une merveille parmi les merveilles", assure cet agriculteur de 75 ans à l'AFP.

Aramais Kazaryan cultive ses terres depuis plus de trois décennies, dans le village de Vosketap, dans la vallée de l'Ararat, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Turquie.

Mais il observe désormais avec inquiétude ses fruits emblématiques qui mûrissent à l'ombre de la montagne biblique, car ils figurent parmi les victimes collatérales de la dégradation des relations entre Moscou et Erevan.

Quelques jours avant les élections législatives du 7 juin, la Russie a imposé une série de restrictions sur les importations de produits arméniens, invoquant des préoccupations sanitaires non détaillées.

En Arménie, beaucoup y voient des mesures de rétorsion politique sanctionnant le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian pour son rapprochement avec l'Occident.

- "C'est impardonnable" -

Aramais Kazaryan a planté son premier arbre en 1991, après l'effondrement de l'Union soviétique et la redistribution des terres agricoles aux propriétaires privés.

Cinq ans plus tard, il expédiait ses premiers fruits, exclusivement vers le marché russe.

Connu des Romains sous le nom de "pomme d'Arménie", l'abricot figure parmi les principales productions agricoles du pays.

Comme les autres fruits, il est désormais interdit de l'importer en Russie, de même que les légumes et les fleurs, ainsi que plusieurs produits phares du pays, notamment l'eau minérale de Jermuk, le poisson, le vin et le brandy arménien.

"Pendant des décennies, ce commerce a fonctionné normalement. Et soudain, tout a changé?", s'interroge Aramais Kazaryan.

"C'est impardonnable. Cela ne vise ni Pachinian ni les dirigeants, mais notre peuple", ajoute-t-il.

La fermeture soudaine de ce marché oblige les producteurs à revoir leur stratégie, axée sur la quantité plutôt que sur la qualité.

- Refroidissement -

Longtemps considéré comme l'un des alliés les plus fidèles du Kremlin dans le Caucase, le pays a progressivement pris ses distances avec la Russie après les affrontements avec l'Azerbaïdjan autour du Karabakh.

Les autorités arméniennes reprochent notamment à Moscou de ne pas avoir suffisamment agi lorsque Bakou a repris le contrôle total de ce territoire en 2023.

Depuis, le gouvernement de Nikol Pachinian a gelé sa participation à l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), alliance militaire dominée par Moscou, renforcé ses relations avec Washington et engagé le pays sur la voie d'un rapprochement avec l'Union européenne.

Cependant, le pays reste membre de l'Union économique eurasiatique dirigée par Moscou et accueille une base militaire russe sur son territoire.

Malgré ce climat tendu, le parti du Premier ministre est sorti vainqueur des élections législatives du 7 juin.

Moscou a évoqué de supposées irrégularités dans le scrutin et le président Vladimir Poutine n'a toujours pas adressé de félicitations officielles au dirigeant arménien.

- Guerre commerciale -

Face aux conséquences de ce qui est désormais qualifié de guerre commerciale par de nombreux observateurs, les autorités arméniennes tentent d'amortir le choc.

Début juin, le gouvernement a approuvé plusieurs mesures de soutien aux agriculteurs, dont des subventions aux exportateurs exploitant des serres.

Erevan prend également en charge certains droits de douane pour les fruits, légumes et fleurs exportés vers les marchés européens.

La Commission européenne a de son côté annoncé plus de 50 millions d'euros d'aide immédiate, ainsi que des mesures accordant à près de 80% des exportations arméniennes un accès sans droits de douane au marché unique de l'UE.

"Le temps où l'on considérait les produits arméniens comme non compétitifs en Europe est révolu", a récemment déclaré au parlement le ministre de l'Economie, Gevorg Papoyan.

Des investisseurs italiens ont déjà planté de vastes vergers dans un village voisin de Vosketap et ont commencé à exporter leurs produits vers leur pays d'origine.

Cependant, les économistes jugent la transition incertaine.

Selon Ashot Aramyan, l'Arménie a exporté en 2025 près de 200 millions de dollars de fruits, légumes et fleurs frais. Plus de 93% de ces exportations étaient destinées à la Russie.

"Il sera impossible de rediriger l'intégralité de cette production vers les marchés européens ou d'autres destinations", estime l'économiste.

Selon lui, les producteurs risquent de se retrouver confrontés à une surproduction importante, susceptible d'entraîner faillites et tensions sociales dans les régions rurales.

Le gouverneur de la Banque centrale, Martin Galstyan, a averti que l'économie arménienne pourrait se contracter jusqu'à 2% si les exportateurs ne parviennent pas à trouver rapidement de nouveaux débouchés.

S.Ogawa--JT