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Un vent de fébrilité a soufflé sur les marchés lundi après de nouvelles attaques dans le Golfe, provoquant une hausse des cours du pétrole, des taux obligataires plus fermes et un recul des indices boursiers.
Les actualités en provenance du Moyen-Orient "provoquent nervosité et volatilité", estime Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets, notant un "flux d'informations (qui) demeure opaque".
Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés par plusieurs attaques iraniennes lundi, les premières ciblant des installations civiles dans un pays du Golfe depuis plus d'un mois.
Elles viennent mettre à mal le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril entre les Etats-Unis et l'Iran.
Les deux belligérants continuent d'ailleurs de s'écharper sur la question de la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Selon Washington, deux navires battant pavillon américain ont pu franchir "avec succès" ce passage stratégique au premier jour d'une opération lancée par Donald Trump pour débloquer les navires piégés à Ormuz.
Une affirmation vite démentie par l'Iran.
Ces tensions ont été sensiblement ressenties sur le marché pétrolier: le baril de Brent, référence internationale, a bondi de 5,80% à 114,44 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a pris 4,36% à 106,42 dollars.
Le site pétrolier de Fujaïrah, l'une des seules voies d'exportation des hydrocarbures du Golfe encore viables, a été touché, selon les autorités émiraties, provoquant un incendie.
"La fermeture prolongée du détroit (d'Ormuz) a laissé le marché mondial confronté à un déficit de 10 millions de barils par jour", rappellent les analystes d'Eurasia Group.
Selon eux, le recours aux réserves mondiales de pétrole a notamment permis d'atténuer l'impact des ruptures d'approvisionnement, mais ces stocks fondent à vue d'oeil.
- Forte remontée des coûts d'emprunt -
Sur les marchés d'actions, les investisseurs ont "le dos au mur et doivent évaluer s'ils doivent accorder davantage de poids aux données des entreprises ou aux données macroéconomiques pour leurs décisions d'investissements", note M. Lipkow.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 1,71%, Francfort a reculé de 1,24% et Milan a cédé 1,59%. La place de Londres était fermée en raison d'un jour férié au Royaume-Uni.
A Wall Street, le Dow Jones a perdu 1,13%, l'indice Nasdaq a reculé de 0,19% et l'indice élargi S&P 500 a cédé 0,41%.
Le marché américain est parvenu ces dernières semaines à mettre de côté les inquiétudes géopolitiques.
Mais lundi, après une semaine marquée par plusieurs nouveaux records, le conflit au Moyen-Orient "a constitué une très bonne excuse pour engranger des gains", relève auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Sur le marché obligataire, les signaux de ce vent d'inquiétude ont, en tous cas, été impossibles à ignorer.
Vers 20H50 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se tendait ainsi à 4,44% contre 4,37% à la clôture vendredi.
Son équivalent allemand, référence en Europe, passait à 3,08% contre 3,03% vendredi. Le dix ans français évoluait autour de 3,75% contre 3,69%.
- L'IA continue d'être porteuse -
En parallèle, les résultats d'entreprises sont dans l'ensemble de "très bonne facture notamment sur l'IA", souligne Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.
Les Etats-Unis concentrent plus les regards tandis qu'en Europe les acteurs se font plus rares.
Ainsi, "tout ce qui touche de près ou de loin à l'IA est en forte hausse" sur le Vieux continent, assure l'analyste.
A Paris par exemple, Soitec s'est ainsi distingué, s'envolant de 20,91%, STMicroelectronics a gagné 2,15% et Capgemini 3,01%.
Les résultats supérieurs aux prévisions d'Apple, Google, Microsoft et Samsung en fin de semaine dernière ont réveillé l'intérêt pour le secteur, qui fait l'objet de doutes réguliers sur la rentabilité des investissements l'IA depuis plusieurs mois.
H.Nakamura--JT