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Dégringolade des prix du pétrole, progression des indices boursiers et détente des taux d'emprunt: les marchés mondiaux ont poussé un nouveau soupir de soulagement vendredi à l'annonce de la réouverture complète du détroit d'Ormuz.
Le stratégique détroit, essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures, est désormais "entièrement ouvert" aux navires commerciaux tant que durera la trêve au Moyen-Orient, a annoncé vendredi un ministre iranien.
Il s'agit là d'un changement majeur pour l'économie mondiale: la navigation y était restée quasi impossible depuis les premières frappes américano-israéliennes en Iran, le 28 février.
L'Iran et les Etats-Unis sont "très proches d'obtenir un accord", a assuré quelques heures plus tard Donald Trump, joint au téléphone par l'AFP.
Ces déclarations ont provoqué une forte chute des cours de l'or noir.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a glissé de 9,07% à 90,38 dollars. Un tel niveau n'avait plus été observé depuis début mars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a, lui, plongé de 11,45% à 83,85 dollars.
"Le marché pétrolier considère cela comme un pas dans la bonne direction, ces nouvelles étant perçues comme un apaisement de la crise", commente auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
"Maintenant que le pire semble être derrière nous sur le plan géopolitique, les investisseurs poussent un soupir de soulagement", abonde Jose Torres, d'Interactive Brokers.
- "Revirement remarquable" -
Portées par cet optimisme, les Bourses mondiales ont connu une nouvelle séance de hausse marquée.
En Europe, Paris a gagné 1,97%, Francfort 2,27% et Milan 1,75%. Londres a pris 0,73%.
A New York, l'indice élargi S&P 500, référence sur la place américaine, a atteint un nouveau plus haut, à 7.126,06 points (+1,20%).
Le Nasdaq (+1,52%) a lui aussi touché un sommet pour la troisième séance d'affilée tandis que le Dow Jones a pris 1,79%.
"Le revirement des esprits (...) est remarquable", observe auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones, évoquant "l'un des rebonds les plus rapides" de l'histoire de Wall Street.
Depuis le début du cessez-le-feu le 8 avril dernier entre Téhéran et Washington, les marchés, qui avaient connu de fortes secousses durant tout le mois de mars, faisaient déjà le pari d'un apaisement de la situation du conflit au Moyen-Orient.
Les pertes des dernières semaines avaient d'ailleurs déjà largement été rattrapées depuis le début de la trêve, particulièrement aux Etats-Unis.
"La situation reste donc confuse et peut-être est-il un peu prématuré de crier victoire. Mais pour l'instant, les marchés ne voient que le positif", relève Vincent Juvyns, chef des stratégies d'investissements pour la banque ING.
- Les taux d'intérêt des Etats chutent -
Mécaniquement, les taux d'intérêt des Etats, qui avaient flambé au mois de mars en raison des craintes d'inflation provoquées justement par cette flambée du pétrole, reculaient nettement.
Référence en Europe, le rendement du "Bund" allemand à dix ans est repassé sous la barre symbolique des 3,00%, à 2,97%, contre 3,03% la veille. Son équivalent français chutait de 0,09 point de pourcentage, à 3,59%.
Le rendement américain à dix ans reculait de son côté à 4,24%, contre 4,31% la veille.
Grand perdant de l'espoir qui grandissait ces derniers jours, le dollar a connu une journée de montagnes russes: après une forte baisse provoquée par l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz, il reprenait 0,14% à l'euro, à 1,1764 dollar.
Y.Hara--JT