The Japan Times - Vietnam: le cyberpirate devenu agent du gouvernement

EUR -
AED 4.353382
AFN 77.05154
ALL 96.6659
AMD 452.980789
ANG 2.12196
AOA 1087.011649
ARS 1715.27374
AUD 1.700138
AWG 2.136683
AZN 2.016962
BAM 1.955717
BBD 2.406598
BDT 146.013807
BGN 1.990725
BHD 0.449081
BIF 3539.949869
BMD 1.1854
BND 1.513236
BOB 8.25665
BRL 6.231058
BSD 1.194849
BTN 109.725346
BWP 15.634337
BYN 3.403256
BYR 23233.834642
BZD 2.403098
CAD 1.611918
CDF 2684.930667
CHF 0.911329
CLF 0.026011
CLP 1027.065402
CNY 8.240602
CNH 8.248669
COP 4350.11551
CRC 591.674907
CUC 1.1854
CUP 31.413093
CVE 110.260324
CZK 24.336607
DJF 212.770976
DKK 7.470147
DOP 75.22681
DZD 154.464449
EGP 55.903629
ERN 17.780996
ETB 185.616528
FJD 2.613392
FKP 0.865856
GBP 0.861451
GEL 3.194656
GGP 0.865856
GHS 13.089445
GIP 0.865856
GMD 86.534664
GNF 10484.555345
GTQ 9.164611
GYD 249.979398
HKD 9.259098
HNL 31.537662
HRK 7.536653
HTG 156.373368
HUF 380.868342
IDR 19883.302315
ILS 3.66336
IMP 0.865856
INR 108.694634
IQD 1565.333613
IRR 49934.963672
ISK 144.986215
JEP 0.865856
JMD 187.242059
JOD 0.840447
JPY 183.458423
KES 154.263458
KGS 103.663312
KHR 4804.796226
KMF 491.940791
KPW 1066.859756
KRW 1719.772596
KWD 0.363823
KYD 0.995758
KZT 600.944514
LAK 25713.909461
LBP 106999.862086
LKR 369.514329
LRD 215.370866
LSL 18.971995
LTL 3.500177
LVL 0.717036
LYD 7.497682
MAD 10.83854
MDL 20.097148
MGA 5339.773538
MKD 61.637386
MMK 2489.728817
MNT 4227.587506
MOP 9.608592
MRU 47.674978
MUR 53.852825
MVR 18.326127
MWK 2071.912129
MXN 20.704153
MYR 4.672852
MZN 75.580739
NAD 18.971995
NGN 1643.533583
NIO 43.968135
NOK 11.414558
NPR 175.560554
NZD 1.959292
OMR 0.458021
PAB 1.194849
PEN 3.994931
PGK 5.114783
PHP 69.837845
PKR 334.292423
PLN 4.212869
PYG 8003.660561
QAR 4.356415
RON 5.097103
RSD 117.395021
RUB 90.53616
RWF 1743.326065
SAR 4.447253
SBD 9.54438
SCR 17.20327
SDG 713.019239
SEK 10.549127
SGD 1.506168
SHP 0.889357
SLE 28.834855
SLL 24857.238699
SOS 682.871039
SRD 45.10505
STD 24535.381029
STN 24.498961
SVC 10.454557
SYP 13110.017057
SZL 18.966196
THB 37.222281
TJS 11.154027
TMT 4.148899
TND 3.433054
TOP 2.854158
TRY 51.401896
TTD 8.112656
TWD 37.456216
TZS 3076.769513
UAH 51.211828
UGX 4271.81883
USD 1.1854
UYU 46.368034
UZS 14607.380494
VES 410.078852
VND 30749.268909
VUV 140.815358
WST 3.213359
XAF 655.929182
XAG 0.014004
XAU 0.000244
XCD 3.203602
XCG 2.153409
XDR 0.815765
XOF 655.929182
XPF 119.331742
YER 282.51038
ZAR 19.104199
ZMK 10670.019447
ZMW 23.449006
ZWL 381.698228
  • AEX

    4.6900

    1001.65

    +0.47%

  • BEL20

    11.8200

    5385.38

    +0.22%

  • PX1

    54.8900

    8126.53

    +0.68%

  • ISEQ

    182.8100

    13147.76

    +1.41%

  • OSEBX

    3.8600

    1760.38

    +0.22%

  • PSI20

    17.2900

    8662.19

    +0.2%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -39.8700

    4028.03

    -0.98%

  • N150

    11.3700

    3930.64

    +0.29%

Vietnam: le cyberpirate devenu agent du gouvernement
Vietnam: le cyberpirate devenu agent du gouvernement / Photo: Nhac NGUYEN - AFP

Vietnam: le cyberpirate devenu agent du gouvernement

Au sommet de sa carrière criminelle, le cyberpirate vietnamien Ngo Minh Hieu a volé les données en ligne de dizaines de millions d'Américains. Il travaille désormais pour le gouvernement de son pays, l'un des plus liberticides au monde sur internet.

Taille du texte:

Derrière une apparence juvénile et un sourire ravageur, s'est longtemps caché l'un des plus grands cybercriminels à avoir sévi aux États-Unis.

Depuis le Vietnam, Ngo Minh Hieu a piraté de 2007 à 2013 les données personnelles (noms, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires) de 200 millions de citoyens américains pour les revendre aux quatre coins du monde.

Âgé alors d'une vingtaine d'années, le prodige de l'informatique empoche des dizaines de milliers de dollars par mois, s'achète des voitures de sport, offre à sa famille une villa, des vacances de luxe.

"Plus je gagnais de l'argent, plus j'en voulais", raconte-t-il à l'AFP. "Mais je vivais dans la peur, je me savais traqué par la police".

En 2013, le FBI et les services secrets américains, à ses trousses depuis des mois, lui tendent un piège.

Ils l'attirent à Guam, une petite île sous la bannière des États-Unis perdue dans l'Océan Pacifique, lui faisant croire qu'il y rencontrera un autre cyberpirate.

Cueilli à sa descente d'avion, il passe deux mois en détention avant d'être transféré sur le continent.

- 45 ans de prison -

Hieu est "le cybercriminel ayant causé le plus de dommages financiers à des citoyens américains", raconte dans KrebsOnSecurity, un blog spécialisé, l'agent des services secrets Matt O’Neill qui a participé à sa traque. Il est condamné à 45 ans de détention.

"Je suis tombé au plus bas (...) À plusieurs reprises, j'ai pensé me pendre", confie t-il.

En prison, il aide le gouvernement fédéral à traquer les cybercriminels, contribuant, selon lui, à une vingtaine d'arrestations.

En 2015, sa peine est réduite à 13 ans. Quatre ans plus tard, un second procès est organisé, il est libéré pour bonne conduite et rentre au Vietnam en 2020 où il est rapidement recruté par l'agence nationale de cybercriminalité.

Sa mission, assure-t-il: traquer les cybercriminels qui prospèrent -comme lui autrefois - sur la toile.

"Je suis uniquement là pour déjouer les cyberattaques".

Il refuse d'évoquer le triste bilan du Vietnam en matière de contrôle de l'internet.

- Cyberespionnage -

Le régime communiste a adopté en 2018 une loi qui confère aux autorités des pouvoirs très étendus en matière de surveillance du web. Depuis, plusieurs militants et blogueurs ont été emprisonnés.

Le gouvernement manipule aussi activement l'opinion publique en ligne.

Selon un rapport publié par l'université d'Oxford en 2019, "environ 10.000 personnes" sont employées à diffuser de la propagande, polluer les comptes de dissidents et supprimer les contenus indésirables.

Le Vietnam n'est pas non plus étranger au cyberespionnage. En 2020, fait rarissime, Facebook a dénoncé publiquement un groupe de pirates informatiques soupçonné d'avoir espionné des opposants, des organisations non gouvernementales et des gouvernements étrangers pour le compte des autorités.

"Je ne fais rien en rapport avec la politique", insiste Hieu, 32 ans.

Il préfère évoquer son rôle d'éducation à la cybercriminalité dans un pays longtemps pénalisé par la fuite des élites informatiques et le manque d'investissements pour protéger les données des clients.

Hieu a toujours été fasciné par les ordinateurs, s'amusant, enfant, "à démonter celui de (sa) sœur pour savoir ce qui se trouvait à l'intérieur".

Adolescent, il commence à pirater des comptes bancaires, empoche rapidement 600 dollars par jour, une fortune qui lui permet d'aller étudier la cybercriminalité en Nouvelle-Zélande.

Ses démons ne le quittent pas. Il vend les données personnelles de ses camarades de classe et d'autres informations sensibles. Interrogé par la police, il fuit le pays.

"Ma vie est un film. J'ai connu la gloire, je suis tombé au plus bas. Maintenant, j'essaye juste de remonter la pente".

Un studio de cinéma l'a contacté pour faire un film de son histoire.

K.Yamaguchi--JT