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Après un weekend de polémique, le gouvernement britannique a annoncé mardi interdire Kanye West d'entrée au Royaume-Uni pour des concerts en juillet en raison de ses saillies antisémites, bien que le rappeur américain ait assuré vouloir rencontrer la communauté juive britannique.
Dans la foulée, les organisateurs du Wireless Festival, dont le rappeur américain devait être la tête d'affiche, ont annoncé l’annulation de l'événement prévu du 10 au 12 juillet à Londres.
Ye, comme il se fait appeler désormais, devait donner trois concerts.
Kanye West, 48 ans, a déposé lundi une demande d'autorisation de voyage électronique (ETA) pour entrer sur le territoire britannique, a confirmé une source gouvernementale. Cette demande lui a été refusée au motif que "sa présence ne serait pas dans l'intérêt général".
Kanye West "n'aurait jamais dû être invité à se produire" au festival, a écrit sur X le Premier ministre Keir Starmer.
"Ce gouvernement se tient résolument aux côtés de la communauté juive, et nous ne cesserons pas de lutter pour combattre et vaincre le fléau de l'antisémitisme", a ajouté le dirigeant travailliste.
Cette interdiction intervient près de quinze jours après l'incendie de quatre ambulances de la communauté juive à côté d'une synagogue à Londres, un événement qui a accru l'inquiétude de la communauté juive britannique, déjà traumatisée par l'attaque contre une synagogue de Manchester le 2 octobre 2025. Deux fidèles avaient alors été tués et trois autres grièvement blessés.
Le rappeur américain a perdu ces dernières années de nombreux fans et plusieurs contrats commerciaux après des propos antisémites et racistes. Il avait notamment affirmé en 2023 qu'il "adorait les nazis", et a sorti en mai 2025 un titre baptisé "Heil Hitler".
- "La bonne décision" -
"Le gouvernement a clairement pris la bonne décision dans cette affaire. Pour une fois, lorsqu'il a affirmé que l'antisémitisme n'avait pas sa place au Royaume-Uni, il a joint le geste à la parole", a salué le groupe Campaign Against Antisemitism dans un communiqué.
La venue de Kanye West avait suscité l'indignation tout au long du week-end, notamment de représentants d'organisations juives et du maire de Londres Sadiq Khan. Des sponsors du festival, dont Pepsi et Diageo, ont annoncé leur retrait de l'événement.
De son côté, le directeur général du promoteur musical Festival Republic, Melvin Benn, avait lui appelé au "pardon".
Ye avait espéré éviter l'annulation de l'évènement en publiant un encart mardi matin dans le Wall Street Journal.
"Mon objectif est de venir à Londres et de présenter un spectacle de changement, en apportant unité, paix et amour à travers ma musique", a écrit l'ex-époux de Kim Kardashian dans ce message intitulé "A ceux que j'ai blessés".
"Je sais que les mots ne suffisent pas. Je vais devoir montrer le changement par mes actes. Si vous y êtes ouverts, je suis là", a-t-il encore écrit, se disant prêt à rencontrer des membres de la communauté juive du Royaume-Uni pour "les écouter".
"Je ne demande ni compassion ni passe-droit, même si j’aspire à mériter votre pardon", écrit-il, invoquant ses troubles bipolaires pour justifier ses saillies racistes.
Des membres de l'opposition conservatrice avaient appelé ce week-end à empêcher Kanye West d'entrer au Royaume-Uni.
En revanche, le chef du parti anti-immigration Nigel Farage a lui estimé que le rappeur devrait être autorisé dans le pays, tout en trouvant ses propos "ignobles".
"Si on commence à interdire l'entrée dans le pays à des gens simplement parce qu'on n'aime pas ce qu'ils disent, je m'inquiète de savoir où cela va nous mener", a-t-il déclaré.
Malgré les controverses, Ye suscite toujours un fort engouement: il doit par exemple se produire le 6 juin au Gelredome d'Arnhem, aux Pays-Bas, ou encore le 11 juin au stade Vélodrome de Marseille, dans le sud de la France, où sa venue suscite également des critiques.
T.Maeda--JT