The Japan Times - L'heure des réquisitions a sonné pour l'anesthésiste de Besançon

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L'heure des réquisitions a sonné pour l'anesthésiste de Besançon
L'heure des réquisitions a sonné pour l'anesthésiste de Besançon / Photo: SEBASTIEN BOZON - AFP/Archives

L'heure des réquisitions a sonné pour l'anesthésiste de Besançon

L'accusation est convaincue d'être face à un assassin en blouse blanche et entend bien en faire la démonstration: l'heure est aux réquisitions au procès de l'anesthésiste Frédéric Péchier, jugé à Besançon pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels.

Taille du texte:

Après trois mois de débats, parfois techniques, souvent émouvants, et trois jours de plaidoiries pendant lesquels une vingtaine d'avocats ont déposé à la barre la douleur des victimes et le traumatisme des soignants, la parole est donnée au ministère public.

Christine de Curraize et Thérèse Brunisso, le duo qui porte l'accusation, ont deux jours pour convaincre les six jurés populaires et trois juges professionnels de la culpabilité de l'accusé de 53 ans, qui ne cesse de clamer son innocence.

Pendant les débats, les deux femmes et la défense sont tombées d'accord sur un seul point: un empoisonneur a bien sévi à la clinique Saint-Vincent de Besançon entre 2008 et 2017.

Après avoir soutenu pendant l'enquête que la plupart des cas étaient dus à des "erreurs médicales" de ses collègues ou à des aléas thérapeutiques, Frédéric Péchier a admis que parmi les 30 cas qui lui sont imputés, 12 étaient des empoisonnements, dont cinq mortels. Mais il l'a répété: ce criminel en blouse blanche, ce n'est pas lui.

Au fil des audiences, les deux avocates générales ont bien tenté de le pousser dans ses retranchements, sans succès.

"Personne ne m'a vu faire! On est dans un procès d'assises, il faut des preuves!", s'est maladroitement défendu Frédéric Péchier lors de son premier interrogatoire.

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Les deux femmes, qualifiées de "déesses de l'accusation" par un avocat des parties civiles, maîtrisent leur dossier jusqu'au bout des ongles.

Les victimes? Des patients de 4 à 89 ans. Le lieu du crime? Deux cliniques privées de Besançon. L'arme? Des médicaments.

Selon l'accusation, Frédéric Péchier a pollué des poches de perfusion avec du potassium, des anesthésiques locaux, de l'adrénaline ou encore de l'héparine, pour provoquer l'arrêt cardiaque de patients pris en charge par d'autres médecins anesthésistes et ainsi leur nuire par ricochet.

Lors de ses échanges avec l'accusation, Frédéric Péchier s'est efforcé de rester calme et impassible, même si l'agacement perçait par moments. Il a même un temps décidé de "garder le silence" pour protester contre la tenue des débats.

Une stratégie qui lui a valu les remontrances de Christine de Curraize, qui a fustigé une "attitude de petit garçon capricieux".

"Vous vous situez toujours au-dessus des autres et au-dessus des lois, M. Péchier", a lancé l'avocate générale, qui travaille sur cette affaire depuis le début de l'enquête en janvier 2017.

Au fil des audiences, le Dr Péchier, lui-même fils d'un anesthésiste et d'une infirmière anesthésiste, a maintenu le cap, soutenu par sa famille. Sa sœur, avocate, fait partie de son équipe de défense.

Pour son avocat, Randall Schwerdorffer, qui plaidera l'acquittement à partir de lundi, le mobile d'une vengeance envers des collègues pour des motifs futiles ne tient pas.

"Pour avoir des explications claires sur le passage à l'acte, il faut que le criminel s'explique", a fait valoir Mme de Curraize.

A ses côtés, sa collègue Thérèse Brunisso l'a reconnu: "On n'attend plus d'aveux".

Le verdict est attendu d'ici au 19 décembre.

S.Ogawa--JT