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Isaac Del Toro a pris date à trois semaines du Tour de France en remportant le Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Dauphiné) avec une deuxième victoire d'étape en deux jours dimanche sur le plateau de Solaison.
Déjà vainqueur la veille au Grand Colombier, le feu-follet mexicain a concrétisé sa domination au sommet de cette montée haut-savoyarde aussi vertigineuse que magnifique, privée, au grand dam du public, de Paul Seixas qui a préféré abandonner par précaution en cours d'étape après sa lourde chute de la veille.
A 22 ans seulement, Del Toro succède au palmarès de l'ex-Dauphiné à Tadej Pogacar, son leader chez UAE, dont il sera le lieutenant de luxe pour le Tour qui s'élancera le 4 juillet.
Deux semaines après le départ de Barcelone, les deux hommes vont d'ailleurs revenir sur le plateau de Solaison qui accueillera aussi la 15e étape du Tour de France et qu'ils ont déjà repéré ensemble il y a quelques semaines.
"Jusqu'à il y a deux jours, je ne savais pas qu'on passerait aussi par là aujourd'hui. C'était sympa de me remémorer la reco' (reconnaissance, ndlr) avec Tadej. Je le respecte énormément et je veux juste être aussi heureux que lui sur le vélo. J'essaie de savourer cette victoire, mon premier maillot jaune, c'est incroyable, vraiment dingue", a réagi "El Torito".
Né sur les bords du Pacifique à Ensenada, en Basse-Californie, avant de s'installer à Saint-Marin à l'âge de 15 ans, le Mexicain partage de nombreux points communs avec Pogacar.
- Buste droit, à l'offensive -
Il vient, comme le Slovène, d'un pays sans tradition cycliste, a tapé dans l'œil des recruteurs avec une victoire dans le Tour de l'Avenir en 2023 (Pogacar c'était en 2018), et pratique un cyclisme pétillant, toujours porté vers l'attaque.
Même l'impression visuelle est troublante lorsque Del Toro se tient, comme Pogacar, penché en avant sur son vélo, le buste bien droit, au moment de grimper avec une élégance certaine.
Dimanche, il est passé, comme son modèle, à l'offensive très tôt dans la montée finale – "si j'avais su qu'on était encore à 9 km de l'arrivée, je n'y serais pas allé", a-t-il plaisanté – pour effacer son retard de 49 secondes au général sur l'Australien Luke Tuckwell.
Il s'est imposé en solitaire avec une minute pile sur l'Espagnol Juan Ayuso, troisième du classement général final, alors que Tuckwell, la révélation de cette 78e édition, a sauvé sa deuxième place sur le podium avec panache.
C'est déjà la troisième victoire cette année pour Del Toro dans une course d'une semaine World Tour après Tirreno-Adriatico et le Tour des Emirats arabes unis.
- Seixas, le principe de précaution -
Deuxième du Giro en 2025, il faisait sa rentrée au Tour Aura après avoir été victime d'une déchirure à la cuisse qui l'avait contraint à l'abandon au Tour du Pays basque en avril.
Cette fois encore, le match très attendu entre les jeunes leaders amenés à succéder un jour au duo Pogacar-Vingegaard a tourné court puisque, après les abandons de Del Toro et Ayuso au Pays basque, c'est Paul Seixas qui a jeté l'éponge dimanche.
Lourdement tombé la veille, le prodige français de 19 ans a tenu à prendre le départ de la difficile dernière étape malgré d'imposants bandages aux deux bras, déterminé à "tout donner".
Mais il a mis pied à terre après le premier des quatre cols au programme après avoir senti des douleurs qui, selon son équipe, ne compromettent aucunement sa participation au Tour de France.
"On va prendre quelques journées de repos, et la machine va repartir", a assuré Julien Jurdie, le directeur sportif chez Decathlon CMA CGM de Seixas qui, comme tous les leaders, doit encore faire un dernier stage altitude avant le Tour.
Il y retrouvera les Vingegaard, Evenepoel, Ayuso et surtout le duo Pogacar-Del Toro dont l'association peut faire frémir d'avance le reste de la concurrence.
T.Sato--JT