The Japan Times - Entre appareils en panne et personnel épuisé, la santé cubaine au bord de la rupture

EUR -
AED 4.195901
AFN 73.12095
ALL 93.795314
AMD 417.775471
ANG 2.045567
AOA 1047.688536
ARS 1699.508542
AUD 1.648263
AWG 2.056532
AZN 1.938537
BAM 1.955694
BBD 2.297685
BDT 140.60236
BGN 1.931861
BHD 0.430173
BIF 3403.644845
BMD 1.142518
BND 1.475833
BOB 7.910604
BRL 5.900075
BSD 1.140943
BTN 108.95408
BWP 15.492362
BYN 3.278265
BYR 22393.351198
BZD 2.294385
CAD 1.618268
CDF 2584.375411
CHF 0.922646
CLF 0.027147
CLP 1068.436842
CNY 7.772835
CNH 7.771561
COP 3821.653885
CRC 518.967258
CUC 1.142518
CUP 30.276725
CVE 110.258526
CZK 24.266508
DJF 203.14985
DKK 7.475409
DOP 67.185761
DZD 152.172156
EGP 56.692766
ERN 17.137769
ETB 184.127266
FJD 2.557188
FKP 0.854481
GBP 0.852941
GEL 3.016184
GGP 0.854481
GHS 13.022292
GIP 0.854481
GMD 83.981638
GNF 10005.456327
GTQ 8.704489
GYD 238.637033
HKD 8.955929
HNL 30.535673
HRK 7.533422
HTG 149.303194
HUF 360.343308
IDR 20660.151516
ILS 3.476396
IMP 0.854481
INR 109.220486
IQD 1494.296461
IRR 1570676.508042
ISK 143.203578
JEP 0.854481
JMD 180.714135
JOD 0.810012
JPY 185.61403
KES 147.681509
KGS 99.913321
KHR 4594.790546
KMF 492.425393
KPW 1028.266526
KRW 1720.929102
KWD 0.3541
KYD 0.950653
KZT 535.243259
LAK 25699.940937
LBP 102159.990114
LKR 382.310899
LRD 207.058749
LSL 18.703029
LTL 3.373558
LVL 0.691098
LYD 7.319634
MAD 10.67992
MDL 20.067173
MGA 4841.567415
MKD 61.641651
MMK 2398.759996
MNT 4096.811428
MOP 9.21148
MRU 45.514324
MUR 53.904041
MVR 17.651946
MWK 1978.123259
MXN 20.070159
MYR 4.664328
MZN 73.009805
NAD 18.702866
NGN 1571.065232
NIO 41.977535
NOK 11.147262
NPR 174.325002
NZD 1.997213
OMR 0.439303
PAB 1.140838
PEN 3.886506
PGK 5.015706
PHP 70.371068
PKR 317.115456
PLN 4.309635
PYG 6933.653585
QAR 4.147756
RON 5.233991
RSD 117.337768
RUB 87.747672
RWF 1677.450123
SAR 4.290695
SBD 9.229341
SCR 15.120774
SDG 686.076599
SEK 11.069553
SGD 1.477624
SHP 0.853005
SLE 27.791737
SLL 23958.033674
SOS 651.978839
SRD 42.964956
STD 23647.814173
STN 24.498562
SVC 9.982501
SYP 126.284902
SZL 18.712065
THB 38.272073
TJS 10.563826
TMT 3.998813
TND 3.372902
TOP 2.750909
TRY 53.55336
TTD 7.748613
TWD 36.692764
TZS 3003.106007
UAH 50.757565
UGX 4214.770979
USD 1.142518
UYU 45.937504
UZS 13704.255343
VES 782.72206
VND 30051.648804
VUV 136.874706
WST 3.16304
XAF 655.898397
XAG 0.019774
XAU 0.000281
XCD 3.087712
XCG 2.055682
XDR 0.815727
XOF 655.924229
XPF 119.331742
YER 270.862399
ZAR 18.734208
ZMK 10284.032815
ZMW 20.733964
ZWL 367.890304
  • AEX

    -2.8100

    1076.15

    -0.26%

  • BEL20

    -93.8800

    5630.3

    -1.64%

  • PX1

    -183.9200

    8252.66

    -2.18%

  • ISEQ

    -182.8800

    13777.43

    -1.31%

  • OSEBX

    10.9000

    1956.76

    +0.56%

  • PSI20

    -163.7100

    9085.24

    -1.77%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -69.5800

    4600.38

    -1.49%

  • N150

    -43.0200

    4175.05

    -1.02%

Entre appareils en panne et personnel épuisé, la santé cubaine au bord de la rupture
Entre appareils en panne et personnel épuisé, la santé cubaine au bord de la rupture / Photo: YAMIL LAGE - AFP

Entre appareils en panne et personnel épuisé, la santé cubaine au bord de la rupture

Dans un institut spécialisé de La Havane qui reçoit des patientes atteintes d'un cancer du sein, Rosa Valentina Pérez attend depuis des semaines un scanner pour tenter de déterminer la cause d'une perte de mobilité dont elle souffre depuis des mois.

Taille du texte:

L'examen doit se réaliser dans un institut spécialisé en neurologie, où un seul appareil prend en charge les patients de la capitale et d'autres provinces. Les autres scanners sont hors-service.

"Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est d'avoir ces douleurs, de savoir que ta vie se réduit et qu'on te dise +nous allons voir quand ce sera possible+" de faire l'examen, confie la patiente, immobilisée sur un lit de l'Institut d'oncologie et de radiobiologie (INOR).

Quand cette Cubaine de 64 ans est née, la révolution menée par Fidel Castro (1926-2016) mettait en place un système de santé gratuit et accessible à tous, une des principales conquêtes sociales de l'île.

Même pendant la dure crise des années 1990, après l'effondrement du bloc soviétique, les services de santé ont résisté. Mais la pandémie de Covid-19, le sous-investissement, le durcissement des sanctions américaines et le blocus pétrolier de Washington depuis janvier ont mis le système de santé au bord de la rupture.

La pénurie de carburant a obligé le gouvernement à concentrer les ressources sur des services prioritaires : cancérologie, cardiologie, néphrologie et soins materno-infantiles.

Mais dans le même temps, ces services comptent parmi les plus touchés par les pénuries de médicaments, souvent coûteux, la détérioration des équipements, les coupures de courant et le départ du personnel vers des activités mieux rémunérées.

"La partie technologique du programme de lutte contre le cancer est aujourd'hui affectée à plus de 50%", déplore Zholem Jorge Isaac, directeur national de l'ingénierie médicale.

Il décrit un système contraint de fonctionner avec des appareils vieillissants, des pièces difficiles à obtenir en raison des sanctions américaines et des technologies qui ne fonctionnent pas pleinement. Sans compter les coupures de courant incessantes qui endommagent les batteries des appareils.

- "Frustrant" -

A l'INOR, principal centre de lutte contre le cancer de Cuba, plus de 1.200 patients attendent une radiothérapie et 80% des technologies nécessaires au diagnostic et au traitement sont obsolètes ou en panne.

"Nous administrons des médicaments dont, parfois, nous n'avons aucun moyen de vérifier qu'ils produisent bien l'effet que nous supposons (...) parce que nous n'avons pas le réactif ou l'appareil pour les surveiller", se désole le directeur de l'institut, le Dr Luis Eduardo Martin.

La crise frappe même les enfants, priorité du programme de lutte contre le cancer.

Mariuska Forteza, cheffe du service d'oncopédiatrie, explique que les hémogrammes de routine, indispensables pour les patients sous chimiothérapie, ne sont pas réalisés aussi souvent que nécessaire.

"C'est très frustrant de savoir que tu peux sauver un enfant, lui assurer une meilleure survie, et de ne pas pouvoir le faire parce que tu as les mains liées", regrette-t-elle.

Le taux de survie des enfants atteints de cancer à Cuba est passé de 85% à 65%, selon les autorités.

Dans un service comme celui d'oncologie, chaque panne exige une réponse immédiate, plaçant les ingénieurs en alerte permanente.

"Parfois, je dois venir à l'hôpital à minuit ou à deux heures du matin pour réparer un appareil pour que le patient puisse commencer son traitement", explique Alexis Amado Dominguez, chef du service d'ingénierie médicale.

Grâce aux réparations et aux innovations, le centre parvient à maintenir fonctionnel le seul accélérateur linéaire du pays, essentiel pour la radiothérapie de nombreux cancers.

A l'Institut de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire, faute de "technologies de pointe", les spécialistes se fient à l'examen clinique, au stéthoscope et à l'électrocardiogramme, explique le Dr José Esteban Abreu.

Selon le spécialiste, le nombre d'interventions cardiovasculaires est passé d'environ 400 par an en 2018 à une centaine aujourd'hui. Par ailleurs, 130 patients attendent la pose de stimulateurs cardiaques.

Dans l'atelier de l'hôpital, le technicien Luis Alexis Duncan s'efforce de maintenir en état de marche un parc technologique obsolète.

"Toujours en train d'inventer, de travailler, d'innover, parce que nous ne pouvons pas nous permettre qu'un service s'arrête", explique-t-il, en montrant des piles d'appareils d'anesthésie, de circulation extracorporelle et des moniteurs en attente de réparation ou de démontage pour réutiliser des composants.

- "On écourte la vie" -

Mais l'inventivité ne suffit pas toujours.

Au Centre provincial d'ingénierie médicale de La Havane, où l'on répare 80% des équipements médicaux de la capitale, des incubateurs, des ventilateurs pour bébé et d'autres dispositifs attendent des pièces de rechange, tandis que les coupures d'électricité ralentissent le travail.

"Pour la ventilation en néonatologie, la disponibilité est en dessous de ce dont La Havane a besoin", explique le technicien Dariel Alexis Diaz. Et il n'y a qu'un seul kit d'étalonnage pour le modèle de ventilateurs pour bébé utilisé dans le pays.

Alors que deux provinces distantes d'un millier de kilomètres en ont besoin simultanément, les spécialistes attendent un moyen de transport pour l'envoyer sur place puis le faire revenir à La Havane.

La pénurie de personnel aggrave la situation. Des médecins, infirmiers et techniciens ont quitté le secteur face à des salaires insuffisants pour couvrir le transport et la vie quotidienne.

Dans le service d'hémodialyse de l'hôpital Hermanos Ameijeiras, 72 patients dépendent de 13 appareils, dont seulement 11 fonctionnent.

Selon la cheffe du service de néphrologie, Iamara Castro, certaines séances sont passées de quatre à deux heures pour répartir les appareils et "ne pas surexploiter le seul personnel que nous avons".

"Quand on écourte la durée d'une séance d'hémodialyse, on écourte la vie", déplore la médecin.

Un patient, Nelson Companioni, 81 ans, assure avoir craint à plusieurs reprises de ne pas pouvoir terminer une séance en raison de pannes sur les appareils.

"Cet appareil a eu de sérieux problèmes avec une petite pompe qu'il a derrière, et vous voyez les infirmières à genoux, en train de lui donner des coups pour le faire repartir", dit-il.

Pour Iamara Castro, si le secteur de la santé "reste debout" c'est grâce à "l'engagement humain".

K.Okada--JT