The Japan Times - A Gaza, brûler le plastique pour en faire du carburant pas cher

EUR -
AED 4.212081
AFN 72.244796
ALL 96.326254
AMD 432.939206
ANG 2.052753
AOA 1051.557417
ARS 1599.517618
AUD 1.640773
AWG 2.064125
AZN 1.954004
BAM 1.956365
BBD 2.310275
BDT 140.770644
BGN 1.960126
BHD 0.433925
BIF 3410.393136
BMD 1.146736
BND 1.468043
BOB 7.927289
BRL 6.112796
BSD 1.147086
BTN 105.893959
BWP 15.632718
BYN 3.394524
BYR 22476.027392
BZD 2.307196
CAD 1.583586
CDF 2588.183773
CHF 0.912745
CLF 0.026638
CLP 1051.798264
CNY 7.908585
CNH 7.921286
COP 4250.297051
CRC 539.68758
CUC 1.146736
CUP 30.388506
CVE 110.947169
CZK 24.575006
DJF 203.798389
DKK 7.505507
DOP 70.811404
DZD 152.098534
EGP 59.873831
ERN 17.201041
ETB 180.095353
FJD 2.555735
FKP 0.858942
GBP 0.866311
GEL 3.131037
GGP 0.858942
GHS 12.482268
GIP 0.858942
GMD 84.289519
GNF 10068.34329
GTQ 8.796427
GYD 240.009297
HKD 8.980033
HNL 30.469223
HRK 7.568004
HTG 150.425399
HUF 394.179508
IDR 19448.701448
ILS 3.605729
IMP 0.858942
INR 106.193324
IQD 1501.650912
IRR 1515669.760861
ISK 144.837141
JEP 0.858942
JMD 180.001186
JOD 0.813081
JPY 183.185402
KES 148.250483
KGS 100.281732
KHR 4609.879489
KMF 494.243657
KPW 1031.923687
KRW 1723.372775
KWD 0.352542
KYD 0.955984
KZT 561.629503
LAK 24580.28852
LBP 102690.217388
LKR 356.987932
LRD 210.139826
LSL 19.36881
LTL 3.386014
LVL 0.69365
LYD 7.316613
MAD 10.822326
MDL 20.012953
MGA 4764.688857
MKD 61.623505
MMK 2407.22186
MNT 4094.133909
MOP 9.248091
MRU 45.989896
MUR 53.33513
MVR 17.717506
MWK 1991.880986
MXN 20.584147
MYR 4.516425
MZN 73.288336
NAD 19.368805
NGN 1588.807126
NIO 42.108581
NOK 11.176343
NPR 169.430135
NZD 1.985003
OMR 0.44189
PAB 1.147146
PEN 3.95667
PGK 4.950747
PHP 68.334433
PKR 320.226483
PLN 4.298483
PYG 7401.233734
QAR 4.17842
RON 5.117429
RSD 116.646423
RUB 91.632507
RWF 1673.087957
SAR 4.303407
SBD 9.233195
SCR 17.42629
SDG 689.18878
SEK 10.871865
SGD 1.469661
SHP 0.860349
SLE 28.152796
SLL 24046.494883
SOS 655.363876
SRD 43.05769
STD 23735.121842
STN 24.826836
SVC 10.037898
SYP 128.017476
SZL 19.368796
THB 37.131738
TJS 10.995775
TMT 4.013576
TND 3.384062
TOP 2.761065
TRY 50.670488
TTD 7.780348
TWD 36.918714
TZS 2992.804645
UAH 50.591272
UGX 4313.245342
USD 1.146736
UYU 46.083908
UZS 13892.708131
VES 507.665371
VND 30152.278788
VUV 136.416071
WST 3.197489
XAF 656.155031
XAG 0.014239
XAU 0.000228
XCD 3.099112
XCG 2.067524
XDR 0.812234
XOF 655.363797
XPF 119.331742
YER 273.554311
ZAR 19.360235
ZMK 10322.005017
ZMW 22.329447
ZWL 369.248554
  • AEX

    1.0000

    1001.66

    +0.1%

  • BEL20

    -39.6500

    5109.48

    -0.77%

  • PX1

    -72.6600

    7911.53

    -0.91%

  • ISEQ

    -73.5600

    12393.71

    -0.59%

  • OSEBX

    8.3300

    1945.95

    +0.43%

  • PSI20

    -8.2400

    9143.72

    -0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    -19.3400

    3848.26

    -0.5%

A Gaza, brûler le plastique pour en faire du carburant pas cher
A Gaza, brûler le plastique pour en faire du carburant pas cher / Photo: MOHAMMED ABED - AFP

A Gaza, brûler le plastique pour en faire du carburant pas cher

A Gaza, le prix de l'essence est l'un des plus élevés du Moyen-Orient et la population l'une des plus pauvres. Pour remédier à cette crise, Mahmoud al-Kafarneh et ses frères ont eu une idée: faire brûler des bouteilles de plastique pour en extraire du carburant.

Taille du texte:

Une solution économique et pratique, comme il y en a beaucoup dans l'enclave sous strict blocus israélien depuis 15 ans, mais qui représente aussi une potentielle "catastrophe" environnementale et sanitaire, s'alarment les spécialistes.

Sur un terrain poussiéreux de Jabalia, dans le nord frontalier d'Israël, Mahmoud allume des bûches sous une cuve métallique remplie d'une tonne de plastique afin de distiller le pétrole qui le compose.

La cuve --recouverte de boue pour conserver la chaleur-- est reliée à un tuyau faisant passer ces émanations dans un réservoir d'eau qui condense la vapeur et la refroidit pour obtenir un carburant "Made in Gaza", non sans causer des fumées noirâtres et toxiques.

"Nous avons commencé nos expérimentations en 2018. Nous cherchions sur internet. Nous avons fait beaucoup d'essais et d'erreurs et, après huit mois de tests, nous avons réussi à extraire notre premier carburant", explique Mahmoud, 25 ans.

Chaque cuvée produit près de 1.000 litres de carburant, dit-il à l'AFP. Mais entre chaque opération, son équipe doit attendre huit heures pour que le réservoir se refroidisse puis soit nettoyé. Le plastique y fond à plus de 200 degrés, selon Mahmoud.

"Notre méthode est vraiment rudimentaire avec uniquement des équipements locaux. L'extraction dure de 12 à 14 heures", affirme-t-il.

Certains employés portent gants et masques et d'autres non. "Il n'y a pas de risques et cette zone, industrielle, n'est pas habitée", soutient Mahmoud.

Mais Ahmed Hillis, directeur de l'Institut national pour l'environnement et le développement à Gaza, s'alarme lui d'un phénomène "catastrophique" car dépourvu de tout contrôle.

"La méthode utilisée est rudimentaire et nuit beaucoup aux travailleurs", explique-t-il à l'AFP, notamment en raison de l'inhalation de gaz toxiques.

Et le réservoir, rouillé, est "une bombe à retardement car il peut finir par exploser" sous la chaleur, ajoute-t-il.

Mais à Gaza, micro-territoire peuplé de 2,3 millions de Palestiniens, l'enjeu sanitaire se fait doubler par la réalité économique.

- "Moitié prix" -

Contrôlée par les islamistes du Hamas depuis 2007, la bande de Gaza a une économie exsangue. Le taux de chômage avoisine 50% et le salaire horaire moyen avoisine les deux euros.

Quand le litre de fioul acheminé depuis Israël est passé autour de 2,45 euros dans le sillage de la guerre en Ukraine, la situation est devenue difficilement tenable.

Résultat: le carburant artisanal de Mahmoud a fait tourner bien des têtes. Sur le port de Gaza, Abd al-Muti al-Habil, 23 ans, l'utilise pour remplir le réservoir de son bateau.

"Elle coûte la moitié du prix de son équivalent israélien. Elle n'a aucun défaut, elle est de même qualité, n'affecte pas le moteur et a même un rendement élevé", dit-il à l'AFP.

Chaque nuit ou presque, les pêcheurs partent pour des heures en Méditerranée à bord de rafiots tractés par des moteurs.

"Nous avons besoin d'environ 900 litres de fioul par jour et je ne peux pas compter sur le carburant venu d'Israël car il coûte trop cher. Malheureusement, les quantités (de carburant artisanal) livrées ne suffisent pas. Je ne reçois que 500 litres tous les deux jours", explique-t-il.

- Glaneurs de plastique -

Bercée par la Méditerranée mais sans capacités suffisantes de désalinisation, Gaza est le royaume des bouteilles d'eau en plastique.

Dans un garage de l'est de la ville de Gaza, des hommes trient des piles de plastique de plusieurs mètres de haut, glanées dans les rues avant d'être transformées par Mahmoud Al-Kafarneh.

"Nous achetons le plastique, le trions et le broyons dans une machine pour le rendre doux comme des grains de riz. Puis nous l'emballons dans des sacs et le revendons", détaille l'un d'eux, Imad Hamed.

Mais cette machine aussi à besoin d'énergie. Or à Gaza, l'unique centrale ne suffit pas pour répondre à la demande et les pannes d'électricité s'étirent sur 11 heures par jour.

"On s'arrête quand le courant coupe. On doit travailler la nuit parfois, s'il y a de l'électricité", soupire-t-il.

Et pour alimenter en fioul la centrale de Gaza, le petit atelier de Mahmoud et ses frères ne suffit définitivement pas.

T.Shimizu--JT