The Japan Times - Volkswagen: fronde syndicale face à un projet de restructuration inédit

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Volkswagen: fronde syndicale face à un projet de restructuration inédit
Volkswagen: fronde syndicale face à un projet de restructuration inédit / Photo: Pedro PARDO - AFP/Archives

Volkswagen: fronde syndicale face à un projet de restructuration inédit

La direction du groupe automobile en crise Volkswagen débat jeudi avec les représentants du personnel et des actionnaires d'un plan de restructuration sans précédent, auquel les salariés promettent de s'opposer.

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Des manifestations syndicales sont prévues dans de nombreuses usines, alors que se réunit à Wolfsburg, QG du groupe aux dix marques, le conseil de surveillance, instance supervisant le directoire et composée pour moitié de représentants des actionnaires et des salariés.

Si aucune décision majeure n'est attendue le jour même, c'est bien un vaste plan d'économie qui dominera les débats.

Car Volkswagen fait face à une accumulation de défis: droits de douane américains, concurrence chinoise et retard technologique dans la mobilité électrique, le numérique, la robotique et l'IA.

Le groupe a déjà engagé un plan prévoyant la suppression de 50.000 emplois en Allemagne d'ici à 2030, dont 35.000 au sein de la marque VW en accord avec les syndicats.

Ce programme est désormais jugé insuffisant par la direction.

- 50.000 plus 50.000 -

Le président du directoire, Oliver Blume, envisagerait 50.000 suppressions de postes supplémentaires dans le monde, la fermeture de trois usines Volkswagen en Allemagne et d'un site Audi, selon des informations publiées fin juin par le Manager Magazin.

Un porte-parole du groupe n'a ni démenti ni confirmé ces informations, mais souligné que Volkswagen devait "améliorer sa compétitivité", prônant une "discipline encore plus rigoureuse en matière de coûts et d'investissements".

Pour les représentants du personnel, c'est le choc.

"Si ces projets devaient se concrétiser, nous les empêcherions par tous les moyens", ont averti dans une déclaration commune Christiane Benner, présidente du syndicat IG Metall, et Daniela Cavallo, présidente du comité d'entreprise de Volkswagen.

Toutes deux sont au conseil de surveillance. Elles prendront aussi la parole devant les salariés à Wolfsburg, tandis que des rassemblements sont prévus sur de nombreux sites allemands.

Au coeur de la crise qui touche "Das Auto", la Chine, longtemps premier marché du constructeur mais où ses ventes s'effondrent.

Les marques chinoises détenaient près de 70% de leur marché domestique l'an dernier, contre moins de 40% en 2020, selon l'Association chinoise des constructeurs automobiles.

Elles gagnent également du terrain à l'international grâce à des modèles électriques compétitifs en terme de qualité et de prix, taillant des croupières à Volkswagen comme aux autres constructeurs allemands et européens.

Le groupe allemand, qui écoulait, ses meilleures années, quelque onze millions de véhicules, majoritairement produits en Europe, en a livré à peine 9 millions en 2025. La suite ne s'annonce pas meilleure, si bien que la fermeture de sites industriels allemands est sur la table.

- Modèle dépassé -

"Notre modèle économique des décennies passées ne fonctionne plus", reconnaissait en mars M. Blume, invoquant "les conditions propres aux différents marchés régionaux, les changements de politique commerciale, les lourdes exigences réglementaires (...) ainsi que notre structure de coûts élevée".

Ce constat alimente la réflexion sur une réduction de l'empreinte industrielle du groupe en Allemagne, longtemps considérée comme intouchable.

A Osnabrück, où l'arrêt de la production automobile est déjà programmé, des discussions sont en cours pour des partenariats avec le secteur en plein boom de la défense.

Volkswagen étudie également la possibilité de fabriquer en Allemagne des véhicules électriques actuellement conçus en Chine.

Face à la dégradation des résultats du groupe, les familles Porsche et Piëch, actionnaires de contrôle du groupe, accentuent aussi la pression sur Oliver Blume.

Depuis son arrivée en 2022, la marge est tombée à son plus bas niveau depuis le scandale des moteurs diesel truqués découvert en 2015. La capitalisation boursière de Volkswagen a été divisée par plus de deux.

Contrairement à son prédécesseur Herbert Diess, poussé vers la sortie après avoir tenté des réformes à marche forcée, Oliver Blume privilégie la recherche du compromis.

Selon plusieurs sources interrogées par l'AFP, les discussions sur le plan de redressement devraient se poursuivre bien au-delà de la réunion de jeudi, prélude à un bras de fer potentiellement long entre direction et représentants des salariés.

Y.Kato--JT