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Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient imposer à partir de lundi un blocus aux ports iraniens après l'échec des pourparlers directs entre les deux pays, imputé par Washington à un refus de Téhéran de renoncer à ses ambitions nucléaires.
Dès l'annonce de l'impasse, le Pakistan, hôte de ces négociations, a appelé au respect de la trêve de deux semaines convenue entre les Etats-Unis et l'Iran mercredi. Mais aucune des deux parties ne s'est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu devant expirer le 22 avril.
C'est notamment en accusant l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que dément Téhéran, que les Etats-Unis ont justifié l'offensive lancée avec Israël le 28 février, qui a déclenché une guerre ayant fait plus de 6.000 morts, surtout en Iran et au Liban, et qui perturbe l'économie mondiale.
L'armée américaine a annoncé dimanche qu'elle imposerait à partir de lundi à 14H00 GMT un blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens", faute d'accord pour mettre fin au conflit.
Mais elle a précisé qu'elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l'Iran à travers le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et l'approvisionnement en pétrole, selon un communiqué du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom.
- "Sentiment d'incertitude" -
S'il a assuré que les discussions de plus de 20 heures, s'étaient "bien" déroulées et que "la plupart des points avaient fait l'objet d'un accord", le président américain a réaffirmé dimanche être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, indiquant que Téhéran avait refusé de céder sur la question nucléaire.
"Nous sommes envahis par le désespoir et le sentiment d'impuissance. Nous en avons assez de cette incertitude", réagit, depuis Téhéran, Nahid, une femme au foyer de 60 ans, éreintée par six semaines de bombardements israélo-américains.
Sans détailler les modalités d'une telle opération, alors que le passage est verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, il a affirmé sur Fox News que le Royaume-Uni "et quelques autres pays" enverraient des dragueurs de mines.
L'Iran "ne cèdera à aucune menace", a répondu le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui conduisait la délégation iranienne à Islamabad.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de piéger leurs ennemis dans un "tourbillon mortel", affirmant avoir "entièrement sous contrôle" la navigation dans le détroit, où Téhéran a instauré des droits de passage.
le chef de la marine militaire iranienne, l'amiral Shahram Irani, a lui qualifié de "ridicules" les menaces de blocus de Donald Trump.
Selon l'agence de presse iranienne Fars, deux pétroliers battant pavillon pakistanais s'y dirigeant ont fait demi-tour dimanche, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués.
"Il y a peu de raisons de penser qu'un blocus contraindrait l'Iran à capituler. En fait, la résilience dont le pays a fait preuve jusqu'à présent suggère l'inverse", estime Danny Citrinowicz, chercheuur à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv.
Selon lui, un tel dispositif exigerait en outre un "déploiement massif et prolongé de ressources américaines".
- Front libanais -
Bien que les délégations aient quitté le Pakistan, elles n'ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations.
"Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire", a lancé le vice-président américain, JD Vance, avant son départ. "Nous verrons si les Iraniens l'acceptent".
L'Iran a de son côté accusé les Etats-Unis d'avoir tenté de lui "dicter leurs conditions", le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baqaei, évoquant "une atmosphère de suspicion et de méfiance".
Pour lui, "il était évident" qu'un accord ne pouvait être obtenu "en une seule session".
Sur le deuxième front principal de la guerre, le Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington, après le feu vert donné par Israël sous pression américaine.
Après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban n'était pas inclus dans l'accord.
Au cours de sa première visite dans le sud du Liban depuis le début des hostilités, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré que son armée, après avoir avancé en territoire libanais pour instaurer une zone dite de "sécurité", avait "contrecarré la menace d'une invasion".
Son homologue libanais, Nawaf Salam, a assuré que Beyrouth oeuvrait à obtenir par la négociation un retrait total d'Israël.
burx-sst/bfi
M.Ito--JT