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Les autorités iraniennes font la sourde oreille mardi à l'ultimatum du président américain Donald Trump qui menace de détruire des infrastructures essentielles en Iran faute d'accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz, vital pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
"Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit", a lancé Donald Trump lundi, après avoir repoussé son ultimatum à mardi 20H00, heure de Washington (00H00 GMT mercredi).
Il s'est dit prêt à frapper les centrales énergétiques et les ponts iraniens si la République islamique ne débloque pas Ormuz - une voie maritime dans le Golfe par laquelle transitait précédemment quelque 20% du brut mondial.
L'armée iranienne a condamné une "rhétorique arrogante", affirmant via un porte-parole que ce genre de déclarations n'avait "pas d'effet" sur ses opérations.
L'ambassadeur iranien à l'ONU Amir Saeid Iravani a critiqué les menaces américaines contre les infrastructures civiles, dans une lettre au secrétaire-général de Nations Unies Antonio Guterres.
"Le silence ou l'inaction face à de telles violations flagrantes sapera gravement l'intégrité du droit international" et risque d'avoir "des conséquences qui s'étendront au delà de la région", souligne-t-il, cité par les médias officiels iraniens.
Dans la nuit de lundi à mardi, la capitale de la République islamique et sa périphérie ont été à nouveau secouées par des explosions, selon des agences de presse locales.
L'armée israélienne a revendiqué une "vague" de frappes visant à "endommager" des infrastructures "à Téhéran et dans d'autres régions d'Iran". Elle a rapporté au même moment que ses défenses aériennes étaient en action pour intercepter des missiles venus d'Iran.
La guerre, déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran, a fait plusieurs milliers de morts au Moyen-Orient, principalement dans la République islamique et au Liban, d'où opère son allié, le Hezbollah.
Donald Trump a affirmé qu'il ne "s'inquiétait pas" du risque de commettre des crimes de guerre en détruisant des infrastructures à usage avant tout civil.
Pour le milliardaire républicain, le "crime de guerre" serait de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire.
- Vote à l'ONU -
Plus tôt dans la journée de lundi, Iraniens et Américains ont repoussé presque simultanément une offre de trêve initiée par des pays médiateurs.
Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, pakistanais notamment, portaient l'idée d'un cessez-le-feu de 45 jours. Celui-ci devait permettre des négociations avant de déboucher sur un accord pour arrêter la guerre.
L'agence de presse gouvernementale Irna a affirmé, sans préciser de source, que l'Iran avait rejeté l'offre, exigeant "la fin des conflits dans la région, un protocole pour le passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz", ainsi que "la reconstruction et la levée des sanctions" contre l'Iran.
Le New York Times a précisé, citant deux responsables iraniens ayant requis l'anonymat, que la République islamique demandait notamment la garantie de ne plus être attaquée et la fin des frappes israéliennes sur son allié du Hezbollah dans le sud du Liban.
Toujours sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se prononcer mardi sur un projet de résolution sur la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Son promoteur, Bahreïn, a largement édulcoré le texte par rapport à la version initiale, qui donnait un clair mandat de l'ONU à tout Etat voulant utiliser la force pour libérer la voie maritime paralysée par l'Iran.
Ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.
- Victimes civiles -
Israël avait frappé lundi un complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et continué à décapiter l'appareil militaire du pays.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé que leur chef du renseignement, Majid Khademi, avait été tué et promis de venger sa mort. Le guide suprême Mojtaba Khamenei, toujours invisible, lui a rendu hommage dans un message écrit.
Les pays du Golfe continuent d'être frappés quotidiennement, via des drones et des missiles, par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis.
L'Arabie saoudite a annoncé mardi avoir intercepté sept missiles balistiques lancés vers l'est du pays, disant évaluer les dégâts, tandis que les Emirats arabes unis ont indiqué répondre à des attaques de missiles et drones.
Au Kurdistan irakien, les autorités ont annoncé mardi matin la mort de deux civils - "un homme et sa femme" - tués par un "drone chargé d'explosifs venu d'Iran" qui s'est écrasé sur leur domicile.
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T.Kobayashi--JT