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Une nouvelle attaque aérienne russe massive, avec des centaines de drones et missiles lancés en plein jour contre l'Ukraine, a fait au moins 14 morts vendredi, selon Kiev, qui a dénoncé une "escalade" en guise de trêve pascale.
"Près de 500 drones et missiles de croisière" ont été tirés dans la journée par l'armée russe, a déclaré sur X le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.
Et ce à un moment où son pays, habituellement pris pour cible pendant la nuit, tente de relancer les négociations pour mettre fin au conflit, au point mort depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d'amplifier encore ses attaques à la veille des fêtes de Pâques, "transformant ce qui aurait dû être le silence dans le ciel en une escalade".
Tandis qu'il s'entretenait au téléphone avec le pape Léon XIV dans la matinée, de multiples attaques dans toute l'Ukraine étaient en cours, a-t-il dit sur les réseaux sociaux.
"Voici la réponse de la Russie à notre proposition de trêve pascale", a-t-il relevé. Une suggestion de trêve des frappes sur les infrastructures énergétiques respectives, proposée par Kiev pour Pâques sans date précise, a été rejetée par Moscou.
- Frappes meurtrières -
Ces frappes ont fait un mort à Boutcha près de Kiev, trois dans la région de Soumy (nord), deux dans celles de Jytomyr et Dnipro (centre) ainsi que huit morts dans les régions de Kharkiv, Donetsk, Kherson et Zaporijja, proches du front, selon les autorités régionales.
A Kramatorsk, une autre ville de l'est située à proximité de la ligne de front, "à midi, les Russes ont largué cinq bombes", faisant au moins deux morts et trois blessés, a annoncé le chef de l'administration régionale militaire Vadym Filachkine.
A Kiev, dans la capitale ukrainienne rompue aux attaques aériennes en quatre ans de guerre, beaucoup n'ont pas bronché, même si des chaînes Telegram proches de l'armée faisaient état de dizaines de drones volant vers la capitale.
Dans le centre-ville, certains restaient assis à siroter un café, à peine ébranlés par l'alerte, devenue routinière. Des clients continuaient de faire leur courses sur un petit marché de légumes.
D'autres sont néanmoins descendus dans des abris ou le métro.
Dans le sous-sol d'un immeuble résidentiel aménagé en abri, des personnes, dont des enfants, patientaient sur des bancs. Mais, vers 11H00, la lumière s'est soudain éteinte. Peu après, des notifications annonçant des coupures d'électricité d'urgence ont commencé à apparaître sur les smartphones.
L'opérateur public Ukrenergo a expliqué qu'elles avaient été instaurées dans plusieurs régions en raison des frappes.
- Espoir de médiation -
Le président ukrainien a de son côté dit avoir invité les émissaires américains pour relancer les pourparlers de paix, suggérant que ceux-ci fassent la navette entre Kiev et Moscou.
Mais l'attention de Washington, qui se pose en médiateur entre Kiev et Moscou, est largement concentrée sur le conflit au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.
"La délégation fera tout son possible, dans les conditions actuelles, pendant la guerre avec l'Iran, pour venir à Kiev", a dit M. Zelensky à un groupe de journalistes incluant l'AFP.
"C'est une option alternative pour une réunion trilatérale au niveau des groupes techniques. Le groupe américain peut venir chez nous puis, après, se rendre à Moscou", a-t-il ajouté.
Des rencontres ces derniers mois entre des représentants des Etats-Unis, de l'Ukraine et de la Russie n'ont donné aucun résultat tangible pour arrêter les combats.
Volodymyr Zelensky a par ailleurs déclaré avoir offert l'aide de son pays aux monarchies du Golfe pour débloquer le détroit d'Ormuz, dont le blocage a provoqué une crise énergétique mondiale.
Moscou a déclenché une invasion massive contre l'Ukraine en février 2022 et ce conflit armé, le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.
S.Yamamoto--JT