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Les Etats-Unis et la Russie ont décidé, lors de pourparlers sur la guerre en Ukraine menés à Abou Dhabi, de reprendre un dialogue militaire de haut niveau, un pas en avant majeur dans leurs relations alors qu'a expiré le dernier traité de désarmement nucléaire liant les deux puissances.
Russes et Américains se trouvaient depuis mercredi aux Emirats arabes unis pour négocier avec les Ukrainiens une issue à quatre ans de conflit. Après deux jours de discussions, le seul résultat concret annoncé publiquement est un échange de prisonniers entre Kiev et Moscou.
Dans ce contexte, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a plaidé pour des "résultats plus rapides" dans ces négociations "pas simples", où le principal point de blocage est selon lui la question des territoires. Il a assuré que "la conversation se poursuit".
Le Pentagone a lui annoncé que le dialogue militaire avec Moscou va reprendre, après des "avancées productives et constructives" à Abou Dhabi, auxquels ont assisté l'émissaire américain Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner.
"Maintenir le dialogue entre les armées est un facteur important de stabilité et de paix dans le monde, qui ne peuvent être atteintes que par la force, et offre un moyen d'accroître la transparence et de favoriser la désescalade", a justifié le Commandement européen des forces armées américaines dans un communiqué.
Le général Alexus Grynkewich, commandant américain pour l'Europe, entend "maintenir un dialogue militaire" avec le chef d'état-major russe, le général Valéri Guérassimov, "afin d'éviter toute erreur de calcul et de prévenir toute escalade involontaire de part et d'autre".
- Inclure la Chine -
Les canaux de communication interarmées entre Washington et Moscou avaient été suspendus à l'automne 2021, juste avant le déclenchement du conflit en Ukraine en février 2022.
Cette annonce intervient juste après l'expiration jeudi du traité de désarmement nucléaire New Start, qui limitait l'arsenal stratégique déployé et le nombre de lanceurs de la Russie et des Etats-Unis.
Le président américain Donald Trump n'avait pas donné suite à la proposition de son homologue russe Vladimir Poutine de prolonger d'un an les limites imposées par ce traité signé pour la première fois en 2010.
Washington plaide pour inclure la Chine, autre grande puissance nucléaire, dans tout futur accord de contrôle des armements, ce que Pékin a exclu jeudi, arguant que ses "capacités nucléaires sont à une échelle totalement différente de celles des États-Unis et de la Russie".
Donald Trump "a clairement indiqué par le passé que pour parvenir à un véritable contrôle des armements au XXIe siècle, il était impossible d'agir sans inclure la Chine, en raison de son arsenal considérable et en pleine expansion", a martelé de son côté mercredi le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
Le président Vladimir Poutine a promis d'agir de façon "réfléchie et responsable" pour éviter toute nouvelle course aux armements comme du temps de la Guerre froide, et rester ouvert à la négociation.
- "Travail significatif" -
Concernant la guerre en Ukraine, Moscou et Kiev ont confirmé avoir échangé 157 militaires et civils de chaque camp, la première opération de ce type en quatre mois et seul résultat concret annoncé des pourparlers aux Emirats arabes unis menés mercredi et jeudi.
Plus tôt dans la journée, l'émissaire américain Steve Witkoff, présent à Abou Dhabi, avait salué "des pourparlers de paix approfondis et productifs" en reconnaissant qu'il restait encore "un travail significatif à faire".
Pour faire pression sur l'Ukraine, la Russie a multiplié ces derniers mois les frappes sur son réseau énergétique, provoquant des coupures d'électricité, d'eau et de chauffage d'ampleur, alors que le pays traverse un rude hiver avec des températures allant jusqu'à -20°C.
Donald Trump avait obtenu de Vladimir Poutine une brève pause d'une semaine dans ces frappes, mais les attaques ont repris mardi.
Le président Volodymyr Zelensky a indiqué dans une interview diffusée mercredi que le conflit a provoqué la mort de 55.000 militaires ukrainiens et un "grand nombre de disparus" qui, selon certaines estimations, se chiffrent à plusieurs dizaines de milliers de personnes.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Russie a lancé 183 drones d'attaque et deux missiles balistiques sur son voisin, selon l'armée de l'air ukrainienne, qui a précisé avoir intercepté 156 drones.
A Kharkiv, la deuxième ville du pays, des infrastructures énergétiques ont été touchées, perturbant la circulation des transports en commun, selon les autorités locales.
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M.Yamazaki--JT