The Japan Times - Turquie: les nerfs à vif des Iraniennes de Van

EUR -
AED 4.23959
AFN 73.310068
ALL 95.900584
AMD 433.624966
ANG 2.066497
AOA 1058.597338
ARS 1603.777961
AUD 1.671235
AWG 2.077945
AZN 1.964239
BAM 1.956815
BBD 2.319924
BDT 141.333324
BGN 1.97325
BHD 0.435917
BIF 3422.501489
BMD 1.154414
BND 1.483538
BOB 7.959129
BRL 5.954816
BSD 1.151808
BTN 107.290663
BWP 15.802267
BYN 3.41303
BYR 22626.512719
BZD 2.316522
CAD 1.606898
CDF 2650.534376
CHF 0.921326
CLF 0.02681
CLP 1058.597489
CNY 7.948836
CNH 7.94571
COP 4227.994784
CRC 535.9711
CUC 1.154414
CUP 30.591969
CVE 110.322236
CZK 24.510172
DJF 205.108188
DKK 7.472885
DOP 69.625217
DZD 153.609032
EGP 62.602023
ERN 17.316209
ETB 179.858637
FJD 2.60182
FKP 0.872043
GBP 0.872165
GEL 3.099593
GGP 0.872043
GHS 12.66457
GIP 0.872043
GMD 85.426442
GNF 10104.023192
GTQ 8.811571
GYD 241.075071
HKD 9.047661
HNL 30.597079
HRK 7.53723
HTG 151.173846
HUF 385.365873
IDR 19610.029161
ILS 3.619722
IMP 0.872043
INR 106.992811
IQD 1508.982866
IRR 1522816.254665
ISK 144.4164
JEP 0.872043
JMD 181.593425
JOD 0.818525
JPY 184.256585
KES 149.84279
KGS 100.952112
KHR 4606.270046
KMF 492.934587
KPW 1038.955167
KRW 1742.530218
KWD 0.357106
KYD 0.959898
KZT 545.81317
LAK 25362.927345
LBP 103322.399474
LKR 363.414837
LRD 211.359654
LSL 19.573179
LTL 3.408684
LVL 0.698293
LYD 7.365885
MAD 10.821514
MDL 20.267041
MGA 4815.456563
MKD 61.671996
MMK 2423.952342
MNT 4131.380505
MOP 9.298924
MRU 45.757748
MUR 54.188078
MVR 17.847555
MWK 1997.218864
MXN 20.60259
MYR 4.653419
MZN 73.824597
NAD 19.572754
NGN 1591.648082
NIO 42.38107
NOK 11.249997
NPR 171.662829
NZD 2.023214
OMR 0.443924
PAB 1.151798
PEN 3.984967
PGK 4.982499
PHP 69.743338
PKR 321.38873
PLN 4.278085
PYG 7450.930113
QAR 4.199779
RON 5.097546
RSD 117.487414
RUB 92.536392
RWF 1682.258189
SAR 4.333957
SBD 9.28007
SCR 16.653351
SDG 693.802426
SEK 10.889748
SGD 1.484039
SHP 0.866109
SLE 28.455867
SLL 24207.495072
SOS 658.238646
SRD 43.118536
STD 23894.037272
STN 24.512292
SVC 10.078229
SYP 128.496955
SZL 19.565235
THB 37.63678
TJS 11.040228
TMT 4.051993
TND 3.395662
TOP 2.779551
TRY 51.477723
TTD 7.814156
TWD 36.889068
TZS 3001.476447
UAH 50.445734
UGX 4321.241876
USD 1.154414
UYU 46.644199
UZS 13994.260274
VES 546.488577
VND 30409.571329
VUV 137.780298
WST 3.202183
XAF 656.291802
XAG 0.015806
XAU 0.000247
XCD 3.119862
XCG 2.075877
XDR 0.816216
XOF 656.303178
XPF 119.331742
YER 275.500692
ZAR 19.575283
ZMK 10391.115992
ZMW 22.258741
ZWL 371.720809
  • AEX

    -0.8800

    975.86

    -0.09%

  • BEL20

    -4.1800

    5216.44

    -0.08%

  • PX1

    -19.1600

    7962.39

    -0.24%

  • ISEQ

    -115.2800

    12148.11

    -0.94%

  • OSEBX

    -14.8900

    2053.05

    -0.72%

  • PSI20

    69.7500

    9369.63

    +0.75%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -5.3900

    3848.16

    -0.14%

  • N150

    3.1500

    3943.17

    +0.08%

Turquie: les nerfs à vif des Iraniennes de Van
Turquie: les nerfs à vif des Iraniennes de Van / Photo: Ozan KOSE - AFP

Turquie: les nerfs à vif des Iraniennes de Van

Elle enroule ses mèches autour de ses ongles vernis et enchaîne les cigarettes face à un thé dans un café de Van, grande ville turque à 100 kilomètres de la frontière iranienne.

Taille du texte:

Pendant plus de deux semaines, alors qu'internet était largement coupé en Iran, Mahsa est restée sans nouvelle de ses proches à Téhéran qui craignent aujourd'hui encore de lui parler.

"Ils vont bien, c'est ce qu'ils m'ont dit. Mais ils ont peur de parler au téléphone. Ils n'osent même pas sortir dans la rue. Pour éviter tout problème, on ne parle de rien. Parce qu'aux informations, on prévient: +Ne parlez pas, sinon il arrivera quelque chose à votre famille+."

"Les émotions à vif", elle se confie à l'AFP dans ce café devenu le repaire des jeunes Iraniens, sous condition d'anonymat.

Mahsa, 30 ans, originaire de Téhéran, est arrivée à Van il y a trois ans, lasse des menaces, des pressions et des convocations de la police après le mouvement "Femmes, Vie, Liberté".

La mort de l'étudiante Mahsa Amini, en septembre 2022 à Téhéran, trois jours après son arrestation pour "port de vêtements inappropriés", avait soulevé la colère de la jeunesse iranienne, réprimée par des centaines de morts et des milliers d'arrestations.

Une violence sans comparaison cependant avec celle déployée par la République islamique début janvier pour mater les manifestations déclenchées, initialement, par l'effondrement de la monnaie. Et qui ont été réprimées dans le sang avec des dizaines de milliers d'Iraniens arrêtés, tués ou blessés.

Près d'un mois plus tard, le sentiment de peur traverse encore la frontière.

Les frères et soeurs, neveux et nièces de Mahsa - un prénom d'emprunt choisi en hommage "aux milliers de Mahsa" Amini, précise-t-elle - vivent à Téhéran et elle tremble de leur nuire en dévoilant son identité.

"Les gens sont sortis pour protester contre le coût de la vie. Mais surtout, ils n'en pouvaient plus. On veut la liberté, un bel avenir. Qu'on cesse de nous opprimer", dit-elle.

- "La taverne, la mosquée: chacun à sa place" -

"Le problème ce n'est pas de circuler avec ou sans voile. La religion, c'est personnel. Que chacun vive comme il veut, s'habille comme il veut", enchaîne-t-elle.

"Pourquoi les gens regrettent-ils l'époque du chah? Parce qu'alors, la taverne était d'un côté, la mosquée de l'autre. Chacun à sa place. C'est ce qu'on voudrait retrouver".

En revanche, la possibilité d'une intervention américaine l'inquiète. "Combien de personnes, d'innocents vont encore mourir? C'est la guerre des dirigeants, mais c'est le peuple qui meurt".

"Nous ne voulons pas la guerre. Nous voulons la paix", tranche-t-elle.

Nilufer n'est elle arrivée que l'été dernier et appelle la confrontation de ses voeux.

A 35 ans, cette ancienne fonctionnaire a laissé son fils de 10 ans à sa mère, à Tabriz (nord), pour venir travailler en Turquie, munie d'un visa d'étudiante.

En Iran, "la situation est lamentable, l'économie désastreuse. Tu reçois ton salaire aujourd'hui et demain tout aura doublé, il ne te restera rien. Mais comme mon fils est là-bas, j'y retourne tous les mois malgré la pression", explique-t-elle.

"Dès que je passe la frontière, je dois porter un voile, ils fouillent mon sac. Il ne faut surtout pas apporter de l'alcool, mais pourquoi le ferais-je!? (...) Tu dois toujours te comporter prudemment", témoigne-t-elle. "Je ne dis rien contre l'Etat, je fais attention à ce que je partage. Mais personne ne veut de ce régime. Il a dégoûté tout le monde de la religion".

Elle écarte d'un geste les inquiétudes de la Turquie, qui craint un afflux de réfugiés en cas d'opération militaire: "Les Iraniens ne quitteront pas leur pays", assure-t-elle.

Nilufer place son espoir en Reza Pahlavi, fils du chah déchu, qui a appelé depuis les Etats-Unis les Iraniens à descendre dans les rues. "Il nous a beaucoup soutenus", juge-t-elle.

Désormais, elle n'attend plus qu'une attaque américaine: "Qu'ils frappent tout de suite. Quoi que fasse l'Amérique, elle ne fera jamais autant de morts que ceux qui ont tiré sur leur propre peuple."

"Ce régime doit partir. Nous appelons à l'aide. Nous n'avons pas d'autre option".

M.Matsumoto--JT