The Japan Times - L'ultime bataille de villageois sierra-léonais contre la déforestation massive de leurs régions

EUR -
AED 4.301156
AFN 72.601323
ALL 95.426204
AMD 431.661594
ANG 2.096607
AOA 1074.966542
ARS 1625.345213
AUD 1.613565
AWG 2.109242
AZN 1.972853
BAM 1.955254
BBD 2.358482
BDT 143.739859
BGN 1.955456
BHD 0.441756
BIF 3484.274768
BMD 1.170988
BND 1.490171
BOB 8.091982
BRL 5.769923
BSD 1.170993
BTN 112.009764
BWP 15.775066
BYN 3.262961
BYR 22951.364632
BZD 2.355123
CAD 1.604617
CDF 2605.448961
CHF 0.916062
CLF 0.026462
CLP 1041.617562
CNY 7.953465
CNH 7.947782
COP 4466.967891
CRC 533.060243
CUC 1.170988
CUP 31.031182
CVE 110.236098
CZK 24.332486
DJF 208.527109
DKK 7.472215
DOP 68.920753
DZD 155.060396
EGP 61.970481
ERN 17.56482
ETB 182.841505
FJD 2.559604
FKP 0.865605
GBP 0.866355
GEL 3.126342
GGP 0.865605
GHS 13.27369
GIP 0.865605
GMD 86.063612
GNF 10274.13086
GTQ 8.933505
GYD 244.987861
HKD 9.169954
HNL 31.140304
HRK 7.533783
HTG 152.932516
HUF 358.060608
IDR 20504.760872
ILS 3.408389
IMP 0.865605
INR 112.020283
IQD 1533.971625
IRR 1536336.244201
ISK 143.610339
JEP 0.865605
JMD 185.192748
JOD 0.830242
JPY 184.836922
KES 151.233361
KGS 102.40256
KHR 4697.808451
KMF 491.814758
KPW 1053.908866
KRW 1745.205967
KWD 0.360968
KYD 0.975857
KZT 549.601825
LAK 25662.710082
LBP 104862.650463
LKR 380.040361
LRD 214.296561
LSL 19.280516
LTL 3.457623
LVL 0.708319
LYD 7.415707
MAD 10.734082
MDL 20.082992
MGA 4862.808128
MKD 61.635947
MMK 2458.236249
MNT 4191.755618
MOP 9.445944
MRU 46.808728
MUR 54.813722
MVR 18.032835
MWK 2030.784913
MXN 20.141777
MYR 4.602567
MZN 74.837549
NAD 19.280516
NGN 1604.991758
NIO 43.087967
NOK 10.746153
NPR 179.222307
NZD 1.973828
OMR 0.450241
PAB 1.171013
PEN 4.014679
PGK 5.1754
PHP 71.957799
PKR 326.205876
PLN 4.249163
PYG 7161.000228
QAR 4.269181
RON 5.209375
RSD 117.376348
RUB 86.037989
RWF 1717.271765
SAR 4.399954
SBD 9.401873
SCR 16.396972
SDG 703.171687
SEK 10.913901
SGD 1.490217
SHP 0.874261
SLE 28.835575
SLL 24555.035151
SOS 669.233114
SRD 43.553759
STD 24237.087207
STN 24.493578
SVC 10.246139
SYP 129.486637
SZL 19.273276
THB 37.925375
TJS 10.966319
TMT 4.098458
TND 3.411347
TOP 2.819458
TRY 53.182322
TTD 7.944917
TWD 36.913636
TZS 3041.817172
UAH 51.493281
UGX 4390.848811
USD 1.170988
UYU 46.517804
UZS 14222.271218
VES 590.509993
VND 30853.191598
VUV 138.151844
WST 3.164874
XAF 655.790666
XAG 0.013229
XAU 0.00025
XCD 3.164654
XCG 2.110393
XDR 0.813801
XOF 655.754275
XPF 119.331742
YER 279.455807
ZAR 19.232893
ZMK 10540.304397
ZMW 22.102488
ZWL 377.057655
  • AEX

    10.6900

    1010.12

    +1.07%

  • BEL20

    38.8400

    5508.78

    +0.71%

  • PX1

    27.9300

    8007.97

    +0.35%

  • ISEQ

    54.9000

    12531.64

    +0.44%

  • OSEBX

    1.5900

    1985.91

    +0.08%

  • PSI20

    21.7200

    9072.35

    +0.24%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.8500

    4101.58

    -0.53%

  • N150

    27.5500

    4202.3

    +0.66%

L'ultime bataille de villageois sierra-léonais contre la déforestation massive de leurs régions
L'ultime bataille de villageois sierra-léonais contre la déforestation massive de leurs régions / Photo: PATRICK MEINHARDT - AFP

L'ultime bataille de villageois sierra-léonais contre la déforestation massive de leurs régions

En plein cœur d'un parc national et d'une forêt tropicale censée être protégée près de Freetown, Aminata Sankoh, veuve et mère de sept enfants, s'apprête sans état d'âme à mettre le feu à des dizaines de troncs pour produire du charbon de bois, une des activités illégales menaçant de manière dramatique ce pays déjà très vulnérable au réchauffement climatique.

Taille du texte:

Face à elle, Caesar Senesie, à la tête d'une unité de villageois déployée pour surveiller leurs forêts, initiative inédite, s'époumone: "Tu dis que ça ne t'affecte pas, que les arbres seront replantés, mais cette déforestation, c'est tes arrière-petits-enfants qui vont en payer le prix !"

A perte de vue, l'ampleur de cette déforestation dans la précieuse forêt tropicale humide et dans ce qui reste de forêt primaire est édifiante, comme dans toute la zone du Parc national de la péninsule de la région ouest bordant la capitale Freetown.

Le parc est aussi déforesté par des plantations de marijuana - le pays est gangréné par les problèmes de drogue - et l'accaparement de terres à cause de la pression démographique.

Sur les 18.000 hectares de forêt du parc, presque un tiers (5.600 hectares) ont été perdus ou gravement dégradés depuis 2012.

Le parc subit une "déforestation intensive: 715 hectares - l'équivalent de 1.330 terrains de foot - ont disparu ou ont été gravement dégradés" en 2024, s'alarme le Programme alimentaire mondial (PAM). Il abrite pourtant 80 à 90% de la biodiversité de Sierra Leone, selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco).

La Sierra Leone est en outre le 11e pays au monde le plus vulnérable au changement climatique, selon l'Indice mondial d'adaptation Notre-Dame.

Il faut s'enfoncer dans le parc et la montagne pour trouver les sites illégaux de fabrication de charbon de bois, un combustible bon marché, seule façon pour nombre de Sierra-Léonais de faire la cuisine face aux coupures d'électricité et à la cherté de l'énergie.

Une équipe de l'AFP a pu exceptionnellement s'y rendre.

- Survie -

Des groupes d'hommes, sous 35°C de chaleur humide, s'épuisent à ce travail de forçat. Les troncs d'arbres sont empilés, recouverts de pierres, consumés pendant des jours et nuits.

Près d'Aminata Sankoh, une meule de plusieurs mètres d'envergure commence à fumer. Pour elle comme pour les autres personnes du site, toutes très pauvres, c'est une activité de survie.

Les traits épuisés, Mme Sankoh, 45 ans, évoque le décès de son mari il y a quatre ans. Pour nourrir ses enfants et payer des frais de scolarité, elle a dû exercer un métier informel: casser des pierres dans le bâtiment.

"C'était devenu trop dur... j'ai décidé de venir dans la forêt pour faire du charbon de bois", il y a deux ans, raconte-t-elle. "Je n'ai pas d'autre choix..."

Face aux défaillances en matière de protection contre ces activités et contre les incendies pour déforester et s'accaparer la terre, des unités d'une quarantaine de villageois volontaires ont été mobilisées.

"Même la nuit, si un feu se déclenche, j'appelle mes gars et on s'y rend", lance Caesar Senesie. "On a reçu des outils et des bottes, on les utilise pour contenir l'incendie".

Cette initiative est menée par l'ONG Environmental Foundation for Africa (EFA), missionnée depuis un an et jusqu'en 2028 par le gouvernement et le Programme des Nations unies pour le développement pour restaurer 2.000 hectares dans le parc.

"Les gens continuent ces activités illégales parce qu'ils pensent pouvoir le faire impunément", déplore Tommy Garnett, activiste réputé et fondateur de l'EFA. Il pointe "la pauvreté, l'ignorance et la cupidité", ajoutant: "Toute cette situation conduit à la destruction de notre héritage environnemental à une vitesse alarmante..."

- "Déforestation massive" -

Face à l'inefficacité et la corruption présumée d'une partie des gardes forestiers qui, sous-équipés et sous-payés, ferment parfois les yeux, l'EFA fait le pari d'impliquer les communautés qui sont les premières à souffrir de cette déforestation.

"Depuis le 7 février, nous rémunérons ces villageois pour patrouiller quotidiennement. Nous en avons appris tellement plus ces derniers mois sur ce qui se passe dans la forêt qu'en 10 ans que ces gardes forestiers patrouillent...", relève Tommy Garnett.

L'ONG a aussi replanté 103.000 arbres depuis un an, l'objectif étant 500.000 de plus d'ici 2028.

Les volontaires font des rapports, recueillent des preuves et des photographies qui permettent l'organisation de raids par les autorités.

"Nous les villageois, nous sommes la solution pour protéger la forêt", assure Caesar Senesie, en contemplant les canopées vert émeraude en haut des montagnes.

A une dizaine de kilomètres de là, une seconde unité de villageois, ulcérés par la forêt partant en fumée dans leur localité de Mile 13, participe au projet avec à sa tête Sulaiman Barrie.

Derrière lui, le feu couve encore: par deux fois fin avril, des individus ont déclenché des incendies. "Nous sommes ici dans une zone protégée et où de nombreux animaux vivent", se lamente-t-il.

A 22 ans, Savana Beah a rejoint le groupe de volontaires en février. "Quand j'étais enfant, on venait ici ramasser des mangues. Maintenant la zone est presque totalement déforestée...", déplore-t-elle.

"On patrouille tous les soirs", dit-elle. "Je dois participer à protéger ma communauté et ma forêt".

Tamba Dauda, haut responsable au ministère des Terres, dit à l'AFP être "conscient de la déforestation massive" de cette région. Il pointe des pratiques opaques d'attribution des terres par de précédentes autorités et met en avant les efforts du gouvernement, le vote de lois plus sévères et la mise en place d'une unité de police spécialisée dans ces crimes fonciers.

Pour sa part, Joseph Rahall, expert environnemental et fondateur de l'ONG Green Scenery, est catégorique: "On a dépassé le stade de l'urgence...".

"Au rythme auquel la déforestation est pratiquée et si on ne gère pas mieux cette région de la péninsule ouest, dans 10 à 15 ans, il n'y aura plus de forêt", assène-t-il.

H.Nakamura--JT