The Japan Times - Meurtres en Amazonie: un troisième suspect se rend

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Meurtres en Amazonie: un troisième suspect se rend
Meurtres en Amazonie: un troisième suspect se rend / Photo: Sergio LIMA - AFP

Meurtres en Amazonie: un troisième suspect se rend

Un troisième suspect des meurtres du journaliste britannique Dom Phillips et de l'expert indigène Bruno Pereira en Amazonie brésilienne s'est rendu samedi matin, a annoncé la Police fédérale brésilienne.

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La veille, la police fédérale avait annoncé que les restes humains découverts sur indication d'un suspect étaient bien ceux du journaliste britannique Dom Phillips, tué avec l'expert brésilien Bruno Pereira lors d'une expédition dans le cadre d'un livre sur la préservation de l'environnement.

"Cette confirmation a été possible grâce à un examen odontologique" (dentaire, notamment, ndlr) des prélèvements qui ont été analysés dans un laboratoire à Brasilia, a indiqué la police dans un communiqué.

"Les travaux d’identification complète se poursuivent, pour mieux comprendre la cause des décès, la dynamique du crime et la dissimulation des cadavres", a-t-elle ajouté.

Après deux suspects arrêtés le 7 juin et mardi, un troisième homme, sous le coup d'un mandat d'arrêt, s'est rendu.

Il s'agit de Jeferson da Silva Lima, dit "Pelado da Dinha". D'après toutes les preuves et témoignages recueillis, ce pêcheur "était sur la scène du crime et a participé activement au double homicide", a déclaré le commissaire de police Alex Perez Timóteo.

Les restes de Dom Phillips ont été retrouvés mercredi à l'endroit indiqué par le pêcheur Amarildo da Costa de Oliveira, dit "Pelado", qui avait reconnu la veille avoir enterré les corps.

Rien n'a été encore été annoncé à propos des autres restes humains, notamment s'ils sont ceux de Bruno Pereira.

Selon les médias locaux, la police est à la recherche d'un quatrième suspect, une information qui n'a pas été officiellement confirmée.

Les policiers ont indiqué que les éléments dont ils disposaient à ce stade de l'enquête laissaient penser "que les tueurs ont agi seuls, sans commanditaire, sans une organisation criminelle à l'origine des meurtres".

L'Union des peuples indigènes de la Vallée de Javari (Univaja), dont des membres ont activement participé aux recherches, a réfuté la version policière.

"Il n'y a pas seulement deux tueurs, mais un groupe organisé qui a planifié le crime dans ses moindres détails", a affirmé l'Univaja dans un communiqué.

Dom Phillips, 57 ans, collaborateur de longue date du journal The Guardian, et Bruno Pereira, 41 ans, expert reconnu des peuples indigènes, ont été vus pour la dernière fois le 5 juin, alors qu'ils prenait un bateau vers Atalaia do Norte (nord-ouest), dans la vallée de Javari, réputée dangereuse en raison de multiples trafics illégaux de drogue, de pêche ou d'orpaillage.

- Organisation criminelle -

L'Univaja assure avoir envoyé aux autorités un rapport dans lequel elle expliquait que "Pelado" était impliqué dans des activités de pêche illégale.

Cet homme de 41 ans avait par ailleurs été accusé d'avoir commis "des attaques à l'arme à feu en 2018 et 2019 contre une base de la Funai", l'agence gouvernementale brésilienne pour les affaires indigènes, dans cette même ville d'Atalaia do Norte.

L'Univaja évoque "une puissante organisation criminelle qui a tenté à tout prix d'effacer ses traces au cours de l'enquête" sur le double meurtre, rappelant que Bruno Pereira, qui a longtemps travaillé à la Funai, avait déjà fait l'objet de "menaces de mort".

Selon plusieurs experts, la pêche illégale d'espèces menacées dans la vallée de Javari est, le plus souvent, sous le contrôle de narcotrafiquants qui utilisent la vente de poissons pour blanchir de l'argent de la drogue.

"Nous exigeons la poursuite et l'approfondissement des investigations", a insisté l'Univaja.

La vallée du Javari, deuxième plus grande réserve indigène du Brésil, où vivent 26 peuples autochtones, est une région difficile d'accès, au cœur de la forêt amazonienne, à la triple frontière entre Brésil, Pérou et Colombie, où l'Etat a très peu d'emprise.

De nombreux membres des forces de sécurité ont quitté les lieux après la découverte des restes des victimes.

Et les indigènes qui ont participé aux recherches disent désormais craindre pour leur vie. "Nous allons continuer à vivre ici, et l'État ne va pas leur assurer la moindre sécurité", a déploré auprès de l'AFP Paulo Marubo, coordinateur de l'Univaja, qui a dit avoir lui aussi reçu des menaces.

Le double meurtre de Dom Phillips et Bruno Pereira a provoqué une vague d'indignation dans le monde, avec de vives critiques envers le président d'extrême droite Jair Bolsonaro accusé de favoriser la déforestation et d'encourager l'exploitation des ressources en Amazonie depuis son arrivée au pouvoir en 2019.

Les Etats-Unis ont exhorté vendredi à ce que les responsabilités soient établies dans le meurtre des deux hommes, "assassinés pour leur soutien à la préservation de la forêt tropicale et des populations autochtones".

K.Inoue--JT