The Japan Times - Aux Etats-Unis, des descendants d'esclaves défendent leur île et leur héritage

EUR -
AED 4.231967
AFN 75.483595
ALL 93.084804
AMD 422.04403
AOA 1057.848456
ARS 1727.972826
AUD 1.638476
AWG 2.074212
AZN 1.960615
BAM 1.952344
BBD 2.320382
BDT 142.607535
BHD 0.434558
BIF 3445.496469
BMD 1.15234
BND 1.477278
BOB 13.934392
BRL 5.903903
BSD 1.152055
BTN 109.639899
BWP 15.581348
BYN 3.410947
BYR 22585.863139
BZD 2.316988
CAD 1.614976
CDF 2604.28847
CHF 0.936438
CLF 0.026729
CLP 1055.405144
CNY 7.7772
CNH 7.775921
COP 3641.809104
CRC 524.040432
CUC 1.15234
CUP 30.537009
CVE 110.797088
CZK 24.246042
DJF 204.79359
DKK 7.476071
DOP 67.179284
DZD 153.12335
EGP 57.264041
ERN 17.285099
ETB 185.946995
FJD 2.551799
FKP 0.85598
GBP 0.856476
GEL 3.013365
GGP 0.85598
GHS 13.522718
GIP 0.85598
GMD 85.273513
GNF 10117.544985
GTQ 8.790438
GYD 241.021217
HKD 9.039583
HNL 30.878201
HRK 7.534341
HTG 150.632674
HUF 365.29112
IDR 20648.779673
ILS 3.465894
IMP 0.85598
INR 109.832114
IQD 1510.141512
IRR 1584294.588378
ISK 142.406399
JEP 0.85598
JMD 182.616705
JOD 0.817025
JPY 182.571559
KES 149.066921
KGS 100.772506
KHR 4671.006893
KMF 492.049525
KRW 1640.978088
KWD 0.356833
KYD 0.960096
KZT 539.86659
LAK 26045.837925
LBP 103192.042878
LKR 386.984902
LRD 209.293797
LSL 18.829049
LTL 3.402561
LVL 0.697039
LYD 7.340541
MAD 10.750759
MDL 20.045426
MGA 4953.209598
MKD 61.530604
MMK 2419.273024
MNT 4143.630364
MOP 9.308979
MRU 46.227284
MUR 54.091068
MVR 17.814877
MWK 2000.462131
MXN 19.827749
MYR 4.717706
MZN 73.617371
NAD 18.828873
NGN 1570.51294
NIO 42.394946
NOK 10.986524
NPR 175.42192
NZD 1.963847
OMR 0.443071
PAB 1.15205
PEN 3.894206
PGK 5.089989
PHP 70.051904
PKR 319.84077
PLN 4.303407
PYG 6852.83835
QAR 4.211344
RON 5.255707
RSD 117.398041
RUB 95.645946
RWF 1692.396524
SAR 4.327188
SBD 9.29748
SCR 16.61684
SDG 691.979475
SEK 10.964174
SGD 1.479029
SLE 28.346301
SOS 658.43149
SRD 43.635078
STD 23851.110525
STN 24.456597
SVC 10.080155
SZL 18.828757
THB 38.165456
TJS 10.627693
TMT 4.038952
TND 3.379033
TRY 54.97307
TTD 7.800157
TWD 37.128162
TZS 3059.460279
UAH 51.586374
UGX 4291.384132
USD 1.15234
UYU 46.39786
UZS 13729.69365
VES 869.107758
VND 30231.638747
VUV 137.52518
WST 3.144985
XAF 654.794943
XAG 0.018699
XAU 0.000271
XCD 3.114256
XCG 2.076333
XDR 0.813421
XOF 654.797779
XPF 119.331742
YER 272.931152
ZAR 18.84682
ZMK 10372.434694
ZMW 21.918007
ZWL 371.052996
  • AEX

    1.1100

    1112.47

    +0.1%

  • BEL20

    -15.5900

    5760.2

    -0.27%

  • PX1

    30.3400

    8699.71

    +0.35%

  • ISEQ

    25.2300

    14041.35

    +0.18%

  • OSEBX

    6.6400

    2020

    +0.33%

  • PSI20

    47.7200

    9224.19

    +0.52%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    19.7900

    4322.09

    +0.46%

  • N150

    13.8000

    4325.44

    +0.32%

Aux Etats-Unis, des descendants d'esclaves défendent leur île et leur héritage
Aux Etats-Unis, des descendants d'esclaves défendent leur île et leur héritage / Photo: Jim WATSON - AFP

Aux Etats-Unis, des descendants d'esclaves défendent leur île et leur héritage

D'une main, Ed Atkins tient un panier rempli de petites crevettes qui frétillent. Depuis plus de soixante ans, ce pêcheur afro-américain tire des eaux autour de Saint Helena Island de quoi nourrir les siens. Mais à cause du changement climatique, ce mode de vie risque de devenir impossible.

Taille du texte:

"Avant, vous pouviez attraper des poissons partout. Maintenant, il faut aller dans des endroits spécifiques", raconte ce septuagénaire devant son magasin d'appâts à la devanture bleu délavé, en Caroline du Sud.

Habitué à ramener environ 100 dollars de poisson après une bonne journée en mer, il s'estime désormais heureux s'il rentre avec 35 dollars de marchandise.

Le déchirement est d'autant plus profond que la pêche est essentielle dans sa culture. Ed Atkins appartient à la communauté Gullah Geechee, des descendants de peuples africains réduits en esclavage dans les plantations côtières du sud-est des Etats-Unis.

Isolés sur des confettis de terre essaimés le long de l'océan, leurs ancêtres se sont appuyés sur les ressources de la terre et de la mer. Ils ont créé leur propre culture, nourrie par leurs origines, et même une langue créole.

- "Ville fantôme" -

Des siècles plus tard, des centaines de milliers de personnes perpétuent ces traditions. Mais leurs terres subissent à la fois les effets du changement climatique, l'arrivée de populations plus aisées et l'assaut des promoteurs immobiliers.

Ces phénomènes "ont des effets différents, mais sont destructeurs pour la culture", juge Dionne Hoskins-Brown, présidente de la Gullah Geechee Cultural Heritage Commission.

Couvant des yeux les marais salés, son "endroit préféré", cette biologiste explique comment l'environnement se dégrade: la chaleur est plus intense, les inondations plus fréquentes et les tempêtes plus destructrices.

Et, bien sûr, le niveau de la mer monte, ce qui perturbe l'habitat des espèces marines. En conséquence, "les pêcheurs n'attrapent plus les mêmes poissons", dit-elle à l'AFP.

Cette saison, le nombre de crabes bleus attrapés a par exemple baissé drastiquement.

Ed Atkins craint que ses voisins ne déménagent à force de revenir de mer les mains vides, et que sa chère Saint Helena Island ne devienne un jour une "ville fantôme".

Un pêcheur qu'il connaît envisage le départ. Lui refuse d'y penser, mais son regard trahit son inquiétude. "Je me sentirai comme un poisson hors de l'eau si je ne peux pas pêcher suffisamment pour nourrir ma famille", confie-t-il.

- Maisons effondrées -

Et puis se déraciner, pour aller où? "Il suffit d'allumer la télévision pour voir des glissements de terrain et des feux de forêt partout", note Marquetta Goodwine, une militante Gullah Geechee connue sous le nom de "Queen Quet".

Devant une rampe de mise à l'eau, cette femme aux cheveux coiffés de coquillages pointe du doigt un poteau effondré à cause de l'érosion: "En parlant d'effets du changement climatique!"

Sur Harbor Island, île privée située à quelques minutes de là, des maisons construites sur une plage mangée par l'océan se sont effondrées.

Tout ce que les habitants de Saint Helena Island veulent éviter. Car l'endroit est une "gated community", protégée par des barrières, comme on en voit tant sur la côte.

"Ces maisons sont tombées dans l'océan parce qu'elles ont été construites sur un terrain qui n'est pas viable", s'insurge-t-elle. "Les Gullah Geechee ne construisent pas directement sur la plage."

Ils regardent donc avec anxiété des hôtels et des résidences spacieuses se construire toujours plus près des vagues, tandis qu'une population plus riche y pose ses valises, faisant monter les prix.

Et ils constatent que sur certaines îles, happées tout entières par le tourisme, "il n'y a plus qu'une poignée d'habitants Gullah Geechee", regrette Marquetta Goodwine.

- Golf et barrières -

En la matière, Saint Helena Island fait figure de résistante. Une mesure du conseil local proscrit la construction de certaines installations, dont les grands complexes hôteliers ou les golfs.

Fin juin, les autorités locales ont d'ailleurs retoqué le projet d'un promoteur qui voulait y installer un green.

L'idée avait provoqué l'ire des habitants. Dans les rues, entre deux arbres lestés de mousse espagnole, on croise des panneaux rappelant qu'ici, on ne veut ni golf, ni lotissements fermés.

Pour beaucoup, les combats contre ces constructions et le changement climatique sont indissociables. L'un comme l'autre menacent leur territoire, au statut quasi sacré.

Les générations passées "n'avaient pas d'argent à nous laisser, donc ils nous ont transmis leurs précieuses terres", explique Marie Gibbs, une habitante. "Sans terre, nous n'avons rien."

Alors, cette septuagénaire à l'énergie débordante, à la fois agricultrice et responsable d'un musée, ne compte pas se laisser faire.

Il y a quatre ans, elle a déjà perdu 4 hectares de terres cultivables à cause d'inondations qui ont fait monter le niveau de la mer, endommageant les sols. Hors de question d'en perdre un centimètre de plus, que ce soit à cause du climat ou des promoteurs immobiliers.

"La lutte continue", dit-elle d'un ton ferme. "Nous allons défendre ce que nous avons." exemple de plan de bataille?

S.Yamamoto--JT