The Japan Times - Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources

EUR -
AED 4.271898
AFN 72.686926
ALL 96.41106
AMD 438.965478
ANG 2.081879
AOA 1066.477167
ARS 1624.84862
AUD 1.648521
AWG 2.093412
AZN 1.975323
BAM 1.965257
BBD 2.338886
BDT 142.484456
BGN 1.987938
BHD 0.440343
BIF 3448.315063
BMD 1.163007
BND 1.485705
BOB 8.02479
BRL 6.112435
BSD 1.161288
BTN 108.535709
BWP 15.868021
BYN 3.457691
BYR 22794.932625
BZD 2.335408
CAD 1.592447
CDF 2643.514377
CHF 0.912012
CLF 0.026742
CLP 1054.23043
CNY 8.002071
CNH 8.000236
COP 4315.662249
CRC 541.594688
CUC 1.163007
CUP 30.819679
CVE 110.798676
CZK 24.416746
DJF 206.785339
DKK 7.471632
DOP 68.911327
DZD 153.897714
EGP 60.75582
ERN 17.445101
ETB 181.307537
FJD 2.569901
FKP 0.871698
GBP 0.864053
GEL 3.157563
GGP 0.871698
GHS 12.703862
GIP 0.871698
GMD 85.479249
GNF 10178.984582
GTQ 8.894805
GYD 242.955448
HKD 9.11082
HNL 30.736916
HRK 7.533491
HTG 152.098679
HUF 386.875395
IDR 19635.04324
ILS 3.610613
IMP 0.871698
INR 108.017038
IQD 1521.321092
IRR 1530080.77726
ISK 143.584908
JEP 0.871698
JMD 182.911804
JOD 0.824605
JPY 184.057503
KES 150.784095
KGS 101.704716
KHR 4653.172524
KMF 496.604216
KPW 1046.710712
KRW 1722.366999
KWD 0.356311
KYD 0.967774
KZT 559.742002
LAK 24959.934934
LBP 103998.309215
LKR 364.649133
LRD 212.515434
LSL 19.690959
LTL 3.434056
LVL 0.703491
LYD 7.433742
MAD 10.8541
MDL 20.311093
MGA 4833.071305
MKD 61.648611
MMK 2441.677383
MNT 4148.387235
MOP 9.369732
MRU 46.355083
MUR 54.161537
MVR 17.980256
MWK 2013.227719
MXN 20.578362
MYR 4.581663
MZN 74.29751
NAD 19.690959
NGN 1598.61056
NIO 42.735658
NOK 11.314369
NPR 173.642681
NZD 1.97742
OMR 0.447162
PAB 1.161233
PEN 4.039841
PGK 5.014021
PHP 69.125688
PKR 324.166696
PLN 4.251168
PYG 7588.5512
QAR 4.246499
RON 5.095251
RSD 117.462099
RUB 95.414029
RWF 1697.814229
SAR 4.365916
SBD 9.364135
SCR 17.796475
SDG 698.96646
SEK 10.791691
SGD 1.480676
SHP 0.872556
SLE 28.580955
SLL 24387.682982
SOS 663.673841
SRD 43.422605
STD 24071.891967
STN 24.61794
SVC 10.160459
SYP 128.586735
SZL 19.683299
THB 37.397661
TJS 11.095514
TMT 4.082154
TND 3.422269
TOP 2.800241
TRY 51.536204
TTD 7.883736
TWD 36.988287
TZS 3018.002423
UAH 50.987774
UGX 4384.003009
USD 1.163007
UYU 47.317913
UZS 14158.255868
VES 528.80828
VND 30634.761239
VUV 138.660755
WST 3.172441
XAF 659.109011
XAG 0.01652
XAU 0.00026
XCD 3.143084
XCG 2.092781
XDR 0.821175
XOF 659.114706
XPF 119.331742
YER 277.502332
ZAR 19.392553
ZMK 10468.458238
ZMW 22.499663
ZWL 374.487704
  • AEX

    5.1000

    966.72

    +0.53%

  • BEL20

    23.1100

    4940.02

    +0.47%

  • PX1

    60.5600

    7726.2

    +0.79%

  • ISEQ

    207.9300

    12089.56

    +1.75%

  • OSEBX

    -17.7000

    1948.83

    -0.9%

  • PSI20

    21.8900

    8778.51

    +0.25%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -33.0800

    3601.94

    -0.91%

  • N150

    4.5100

    3759.94

    +0.12%

Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources
Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources / Photo: PATRICK MEINHARDT - AFP

Les pêcheurs sénégalais accablés face "au pillage" de leurs ressources

Quand le poisson a commencé à disparaître des côtes sénégalaises, Ibrahima Mar a d'abord perdu son moyen de subsistance, puis son propre fils, et avec eux, tout un mode de vie qui faisait vivre sa famille depuis des générations.

Taille du texte:

La pêche industrielle et illégale a contribué, entre autres facteurs, au déclin des ressources halieutiques dans la région, privant ce pays ouest-africain d'un revenu et d'une source nutritive essentiels.

"Le poisson se fait de plus en plus piller", explique à l'AFP ce pêcheur de 55 ans.

Depuis son village de pêcheurs à Rufisque, en banlieue de Dakar, Ibrahima raconte que tout le poisson "est pris sur notre passage. Donc, il n'y a plus d'espoir..."

Les chalutiers de fond et les navires industriels, qui battent généralement pavillon sénégalais mais dont il est difficile de déterminer la véritable nationalité des armateurs, expédient leurs prises à l'étranger.

"Si vous creusez un peu, la propriété effective" des bateaux dans les eaux sénégalaises revient à des Espagnols, des Italiens, des Français, des Chinois ou des Turcs, entre autres, explique à l'AFP Bassirou Diarra, responsable pour le Sénégal de la Fondation pour la Justice Environnementale (EJF).

"Non seulement le poisson manque pour le marché du Sénégal, pour la sécurité alimentaire, mais l'argent qui doit revenir pour l'économie nationale, là aussi ne revient pas", souligne ce militant.

Les pratiques illégales incluent selon lui la pêche en zone interdite, l'usage de filets non réglementaires ou encore le non-respect des aires marines protégées.

- Effondrement -

Un rapport de l'EJF de 2025 souligne que 57% des groupes de poissons exploités au Sénégal sont en situation d'effondrement.

Face à la disparition des ressources, de plus en plus de pêcheurs tentent clandestinement la périlleuse route migratoire atlantique vers l'Europe.

Parmi eux, deux des fils d'Ibrahima Mar.

Le premier a réussi la traversée. Quelques années plus tard, son cadet, alors âgé d'environ 17 ans, a appelé son père: il se trouvait dans une pirogue de 140 personnes en route vers l'Espagne.

La famille a attendu des nouvelles pendant des jours, puis des semaines. Il n'est jamais réapparu.

Sur les 700 kilomètres de côte sénégalaise, les pirogues de bois bariolées omniprésentes témoignent d'une activité essentielle: plus de 82.000 personnes travaillent dans la pêche, soit environ 2% de la population active, selon le dernier recensement.

"Ce qu'une pirogue pêchait avant en deux mois, actuellement cette pirogue peut pêcher pendant plus de 6 à 7 mois pour avoir ce même tonnage", se lamente Mamadou Diouf Sène, président de la Commission des recettes du quai de pêche de Rufisque.

Du charretier au vendeur de glace, en passant par la mareyeuse et la transformatrice, une multitude de professions dépendent du secteur.

Sur le quai, Fatou Seck, poissonnière de 39 ans, propose dorades, carpes blanches et mulets.

"Les temps sont vraiment durs", confie à l'AFP cette mère de 6 enfants. Pour "beaucoup d'entre nous (...) ce travail est notre seule source de revenu pour nourrir nos enfants."

L'augmentation du nombre de pêcheurs artisanaux, attirés par une profession qui requiert peu de formation, a également contribué au déclin de la ressource halieutique. Les estimations du nombre de pirogues varient entre 12.000 et 19.000.

A cela s'ajoute le changement climatique qui pousse les petits poissons pélagiques d'Afrique de l'Ouest – des espèces de petite taille, vivant souvent en bancs, qui sont traditionnellement pêchées par les Sénégalais – à se déplacer vers le nord.

- "Far West" -

Les stocks de poissons sont en déclin depuis une quarantaine d'années, mais les pêcheurs artisanaux ont vraiment pris conscience du problème lorsque les petits pélagiques, comme la sardinelle et le chinchard, ont commencé à disparaître il y a une quinzaine d'années.

L'idée que le Sénégal doive un jour importer du poisson, produit identitaire et ressource naturelle majeure, "est catastrophique", s'affole Ibrahima Mar.

Cheikh Salla Ndiaye de la Direction de la Protection et de la Surveillance des Pêches estime que la surveillance en mer est "très difficile", ajoutant que l'agence se fait aider par la marine et l'armée de l'air.

Ibrahima a récemment embarqué à bord d'un navire de Greenpeace avec quatre autres pêcheurs afin d'apprendre à mieux repérer et dénoncer la pêche illégale.

"Auparavant, on comparait la haute mer au Far West, car il était impossible de savoir ce qui s'y passait vraiment", raconte à l'AFP Sophie Cooke, analyste spécialisée dans les navires de pêche chez Greenpeace, depuis le pont du bateau.

Mais de nouvelles technologies, notamment les dispositifs de localisation et les radars satellitaires, voire les smartphones que les pêcheurs peuvent utiliser pour prendre des photos et localiser précisément les bateaux, sont en train de changer la donne, ajoute-t-elle.

Ce sont des outils qu'Ibrahima Mar compte introduire dans sa communauté.

Ses deux fils pêcheurs ayant désormais quitté la maison, l'un en Espagne et l'autre emporté par la mer, le déclin du poisson est pour lui une tragédie intime autant qu'économique.

Quant à son troisième fils, il a décidé de l'inscrire dans un centre de formation: "Il est en train d'apprendre la soudure métallique."

K.Abe--JT