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Les bombardements s'intensifient au Moyen-Orient pour la septième nuit consécutive, les frappes américaines ayant fait trois morts dans le sud de l'Iran qui a répliqué en visant plusieurs cibles militaires au Koweït et en Jordanie.
L'armée américaine a annoncé vendredi mener une nouvelle série de frappes contre l'Iran, qui "visent à continuer d'affaiblir les capacités militaires iraniennes", a-t-elle précisé sur X.
Les autorités de la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, ont annoncé que ces frappes y avaient fait au moins trois morts et huit blessés.
Des explosions ont également été entendues dans d'autres zones du sud et du centre de l'Iran, selon les agences iraniennes.
En représailles, l'armée iranienne a affirmé avoir frappé plusieurs bases militaires en Jordanie et au Koweït.
La veille, l'armée américaine avait déjà déclaré avoir attaqué "des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes".
Des frappes qui avaient fait huit morts, selon l'agence officielle iranienne Irna.
Les autorités iraniennes ont de leur côté rapporté des dégâts sur le réseau électrique dans le sud et appelé les habitants à réduire leur consommation d'électricité, ainsi que des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare.
Washington n'a pas confirmé ces informations.
- Pétroliers en feu dans le détroit d'Ormuz -
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont également annoncé que deux pétroliers avaient "explosé et pris feu" tandis qu'ils traversaient une zone minée au sud du détroit d'Ormuz, sans préciser la nationalité des navires ni s'il y avait des victimes. Une information réfutée par l'armée américaine.
Donald Trump avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques d'Iran si ses dirigeants ne revenaient pas à la table des négociations.
Téhéran va entrer dans "une phase d'offensive totale" si les frappes américaines se poursuivent au-delà de "deux-trois jours", a menacé vendredi Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, cité par la télévision d'Etat.
Les Gardiens de la Révolution ont prévenu que les frappes "se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz".
"Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus", analyse David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès qui s'inquiète du "risque d'une confrontation régionale plus large".
Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d'eau a été touchée par une attaque iranienne, selon l'émirat, qui a également appelé les usagers "à rationaliser leur consommation d'électricité durant cette phase exceptionnelle", dans un pays où les températures atteignent les 48°C.
- "Ma maison a tremblé" -
Au Qatar, médiateur du conflit, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé la base américaine d'Al-Udeid, disant y avoir détruit des systèmes radars et des avions militaires pour "punir l'agresseur".
"J'étais dans mon lit, prêt à dormir, et j'ai entendu l'alerte", a raconté à l'AFP Abu Baker, employé gouvernemental soudanais de 27 ans habitant au Qatar. "J'espérais que ce serait au-dessus de la mer, mais ça a explosé et ma maison a tremblé", a-t-il expliqué, craignant "que cette guerre s'éternise".
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.
Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.
Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant également médiateur des discussions, ont appelé les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.
Islamabad a aussi appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran depuis le week-end dernier et où le trafic s'est raréfié. Les Etats-Unis ont eux rétabli leur blocus des ports iraniens.
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K.Okada--JT