The Japan Times - Au Soudan, ces civils devenus secouristes et fossoyeurs par la force des choses

EUR -
AED 4.232113
AFN 74.904337
ALL 93.279336
AMD 422.93454
AOA 1056.73216
ARS 1724.244391
AUD 1.637356
AWG 2.077164
AZN 1.957746
BAM 1.956835
BBD 2.320187
BDT 142.605425
BHD 0.434424
BIF 3442.590928
BMD 1.152379
BND 1.478182
BOB 13.991036
BRL 5.899604
BSD 1.151989
BTN 109.939717
BWP 15.665285
BYN 3.395296
BYR 22586.638176
BZD 2.316925
CAD 1.619871
CDF 2606.682187
CHF 0.932159
CLF 0.026766
CLP 1056.869799
CNY 7.781563
CNH 7.775272
COP 3706.997419
CRC 522.367217
CUC 1.152379
CUP 30.538057
CVE 110.323351
CZK 24.181992
DJF 205.135827
DKK 7.475187
DOP 67.185535
DZD 153.221543
EGP 57.825372
ERN 17.285692
ETB 185.938344
FJD 2.549582
FKP 0.857799
GBP 0.856893
GEL 3.007759
GGP 0.857799
GHS 13.495787
GIP 0.857799
GMD 85.275767
GNF 10117.351113
GTQ 8.786647
GYD 241.174419
HKD 9.038464
HNL 30.878466
HRK 7.535364
HTG 150.618356
HUF 361.584455
IDR 20688.669142
ILS 3.47076
IMP 0.857799
INR 109.599875
IQD 1509.098169
IRR 1584809.905586
ISK 141.800133
JEP 0.857799
JMD 182.146338
JOD 0.817011
JPY 181.564281
KES 148.956597
KGS 100.775916
KHR 4663.42604
KMF 493.218296
KRW 1643.938977
KWD 0.356592
KYD 0.959987
KZT 542.685256
LAK 26055.781022
LBP 103145.242854
LKR 386.784572
LRD 207.935467
LSL 18.991245
LTL 3.402677
LVL 0.697062
LYD 7.338882
MAD 10.733777
MDL 20.165228
MGA 4905.594591
MKD 61.562561
MMK 2419.612672
MNT 4130.473055
MOP 9.306821
MRU 46.055359
MUR 54.207824
MVR 17.804627
MWK 1997.530502
MXN 19.887028
MYR 4.721419
MZN 73.633658
NAD 18.991327
NGN 1570.946811
NIO 42.392422
NOK 10.995947
NPR 175.906038
NZD 1.958244
OMR 0.443092
PAB 1.152009
PEN 3.897661
PGK 5.08669
PHP 70.223124
PKR 319.880686
PLN 4.29845
PYG 6868.662669
QAR 4.199439
RON 5.250929
RSD 117.349118
RUB 93.202285
RWF 1696.260361
SAR 4.316732
SBD 9.301035
SCR 15.435614
SDG 691.427427
SEK 10.990623
SGD 1.477345
SLE 28.175676
SOS 658.348203
SRD 43.664799
STD 23851.92898
STN 24.512539
SVC 10.080332
SZL 18.987878
THB 38.329259
TJS 10.632785
TMT 4.033328
TND 3.38419
TRY 54.792766
TTD 7.821137
TWD 37.331683
TZS 3059.565236
UAH 51.511545
UGX 4314.206929
USD 1.152379
UYU 46.41475
UZS 13755.275228
VES 861.80862
VND 30265.518966
VUV 137.298882
WST 3.148549
XAF 656.304122
XAG 0.019369
XAU 0.000282
XCD 3.114363
XCG 2.076198
XDR 0.817161
XOF 656.304122
XPF 119.331742
YER 274.730931
ZAR 18.890208
ZMK 10372.806336
ZMW 21.798124
ZWL 371.065728
  • AEX

    10.2500

    1112.49

    +0.93%

  • BEL20

    39.6700

    5707.14

    +0.7%

  • PX1

    52.5500

    8666.63

    +0.61%

  • ISEQ

    82.3000

    13799.05

    +0.6%

  • OSEBX

    -4.0500

    2019.01

    -0.2%

  • PSI20

    -2.7500

    9169.02

    -0.03%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.0300

    4214.68

    +0.79%

  • N150

    12.8800

    4304.64

    +0.3%

Au Soudan, ces civils devenus secouristes et fossoyeurs par la force des choses
Au Soudan, ces civils devenus secouristes et fossoyeurs par la force des choses / Photo: Khaled DESOUKI - AFP

Au Soudan, ces civils devenus secouristes et fossoyeurs par la force des choses

Transporter les morts et les blessés, préparer des linceuls pour les morts et faire à manger pour les vivants: au plus fort de la guerre à Khartoum, de nombreux civils se sont mis au service des victimes.

Taille du texte:

Au Soudan, dont le peuple a été "abandonné" par le reste du monde selon le plus haut responsable de l'ONU dans le pays, un immense réseau de bénévoles a été créé à travers le pays pour aider les Soudanais pris dans les combats entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

L'AFP a rencontré certains d'entre eux dans la capitale, qui a retrouvé un calme relatif après sa reprise par l'armée en mars 2025, lors d'un reportage sous escorte militaire, conformément aux règles du gouvernement.

La plupart des interviews ont néanmoins pu être menées à l'écart.

Des milliers de volontaires sont aussi mobilisés dans le reste du pays, qui reste en grande partie inaccessible aux journalistes en raison des combats qui y font encore rage.

- L'étudiant infirmier -

Nasser Nasr al-Din a 24 ans. Etudiant en économie, il est devenu par la force des choses pharmacien, puis infirmier, depuis deux ans. Son camp de base: l'hôpital Al-Nao à Omdourman, la ville qui jouxte Khartoum.

"Ici, tout le monde fait tout", raconte-t-il, devant la pharmacie qui fournit gratuitement des médicaments.

Des moments insoutenables, il en a vécus. Et ils semblent tourner en boucle dans sa tête comme cette mère de famille qu'il a tenté en vain de ranimer pendant deux heures, cette fillette qui se plaignait d'un mal de ventre alors qu'elle présentait une énorme plaie au ventre ou ce bombardement de l'hôpital dans lequel il a perdu un ami.

Il se souvient aussi du bombardement du marché bondé de Sabreen, en février 2025, quand une attaque des FSR a fait au moins 60 morts et plus de 150 blessés, selon l'ONU.

"Des bulldozers transportaient des tas de blessés. On ne pouvait pas s'occuper de tout le monde (...) Il y avait une mare de sang si grande qu'on ne pouvait même plus circuler".

Il n'a jamais pu retourner à sa vie normale, même pour rattraper ses examens universitaires. "Et si je partais et qu'il y avait quelqu'un à sauver ?", confie-t-il.

- Le livreur héroïque -

Oussama Ismail, 25 ans, en a bravé des tirs et des obus pour apporter des médicaments ou de la nourriture.

"On s'habitue aux balles. Oui, il y avait des bombardements, une roquette pouvait tomber derrière toi, des tirs devant mais il fallait livrer, c'était la seule chose qui comptait".

Depuis décembre 2023, il est un des responsables de la cuisine communautaire de Hoda Makki, l'une des dernières encore en activité.

Lui aussi se souvient de l'attaque au marché de Sabreen. "Il a fallu préparer des repas d'urgence, pour les blessés et leurs familles, et apporter des couvertures et tout ce dont ils avaient besoin."

- La cuisinière -

Depuis trois ans, Hoda Makki, 60 ans, se lève à 02h00 du matin et cuisine dans une énorme marmite des fèves, des lentilles ou du riz et parfois de la viande.

Au plus fort de la guerre, les cuisines communautaires ont constitué un vrai rempart à la famine.

"Les gens avaient faim, ils n'avaient pas d'eau, ils n'avaient rien, qu'est-ce qu'on aurait pu faire d'autre ?", lance-t-elle dans sa tunique traditionnelle à fleurs.

Aujourd'hui, les combats se sont calmés à Khartoum et les dons se sont taris. Elle ne cuisine donc plus que deux jours par semaine, pour ceux qui sont au chômage, alors que l'économie du pays est dévastée.

- L'ingénieur fossoyeur -

Ali Gebbai a 38 ans. Il est ingénieur en mécanique mais ces trois dernières années, il pense qu'avec son équipe ils ont pris en charge quelque 7.000 corps.

Au fil des combats, ils écumaient les rues pour récupérer les corps abandonnés. A chaque fois, ils publiaient une photo sur les réseaux sociaux pour les proches. Puis ils faisaient la toilette mortuaire et allaient les enterrer.

Le jour où le marché de Sabreen a été bombardé, ils se sont occupés de 54 corps, "certains en morceaux".

Lui aussi est basé à l'hôpital Al-Nao. Il est visiblement marqué par le corps calciné de ce nouveau-né qu'il montre sur son téléphone.

Il a commencé à s'engager au moment des manifestations pro-démocratie contre le président Omar el-Béchir, renversé en 2019.

"Nous sommes des révolutionnaires contre toutes ces inepties. On pourrait partir demain, mais notre pays a besoin de nous", lâche-t-il.

T.Shimizu--JT