The Japan Times - Brésil: retour aux sources pour une communauté guarani

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Brésil: retour aux sources pour une communauté guarani
Brésil: retour aux sources pour une communauté guarani / Photo: Andre BORGES - AFP

Brésil: retour aux sources pour une communauté guarani

Machette dans une main, portable dans l'autre, le dirigeant indigène guarani Vanderlei Weraxunu arpente le terrain où sa communauté va installer son nouveau village : au milieu de la forêt tropicale au nord de Rio de Janeiro, ils auront enfin un accès à l'eau et à des terres arables.

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Originaires d'autres régions du Brésil, une cinquantaine d'autochtones de l'ethnie guarani Mbya avaient fondé il y a dix ans le village Ceu Azul, sur la municipalité côtière de Marica.

Mais le terrain où étaient bâties leurs maison et l'école, donné par un homme d'affaires, n'était pas fertile et le seul accès à l'eau était l'approvisionnement par des camions-citernes.

"Il y a 150 ans, il y avait une rivière ici. Mais au siècle dernier, l'ancien propriétaire a transformé le terrain en une plantation de café et cela l'a tué.

Ils ont déboisé et la rivière s'est asséchée", explique Vanderlei Weraxunu, porte-parole de sa communauté, originaire de l'Etat de Santa Catarina (sud).

Depuis plusieurs années, se négocie avec les pouvoirs publics une solution qui va enfin devenir réalité : ils vont déménager à 35 km de là sur un terrain de 500.000 m2 offert par la municipalité où coule un ruisseau.

"On pourra planter" du manioc, des patates douces, "récolter des herbes médicinales", se réjouit-il.

Les Guarani Mbya entendent également cultiver des semences indigènes, comme le maïs guarani, auquel ils attribuent un caractère sacré, et faire pousser une bambouseraie pour fabriquer des objets artisanaux, une importante source de revenus pour le village.

"Pour l'instant tout est difficile, on doit faire venir le bambou d'autres villages" pour fabriquer des paniers, explique Maria Helena Jaxuka, la cheffe spirituelle de la communauté, coiffe de plumes sur la tête.

- "Préserver la nature" -

Le nouveau terrain, entouré d'une forêt luxuriante au sommet d'une colline, nécessite des travaux de terrassement. Les procédures bureaucratiques pour que la communauté obtienne le titre de propriété devraient aboutir d'ici quelques mois.

"La mairie leur fournira tout le bâti : les huttes pour vivre, l'école, un centre de santé, un centre culturel pour qu'ils puissent recevoir des visiteurs et vendre leur artisanat", a expliqué à l'AFP Maria Oliveira, coordinatrice du Secrétariat aux droits humains de la mairie de Marica.

Vanderlei Weraxunu est enthousiaste à l'idée de ce déménagement dont le double objectif est de "préserver la nature" et la "culture, le mode de vie du peuple guarani".

"Le peuple guarani et tous les peuples autochtones sont des gardiens de la nature. Nous en dépendons, c'est elle qui nous donne la vie. C'est pourquoi nous en prenons soin avec amour", dit-il.

Les Guaranis sont estimés à 280.000 en Amérique du Sud, répartis entre le Brésil, l'Argentine, la Bolivie et le Paraguay, selon un comptage de 2016 qui rassemble les données officielles et celles d'ONG.

Quelque 85.000 membres des sous-groupes Kaiowa, Nhandeva et Mbya vivent actuellement au Brésil, dont plus de 64.000 sont concentrés dans l'Etat du Mato Grosso (centre-ouest) et environ 20.000 dans les régions du sud et du sud-est du Brésil.

T.Ueda--JT