The Japan Times - Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor

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Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor
Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor / Photo: FRED TANNEAU - AFP/Archives

Dans l'ouest de la France, le recyclage de vieux navires en plein essor

Depuis la déconstruction du TK Bremen, cargo maltais en 2011, le recyclage de vieux navires ne cesse de se développer au port de Brest, dans l'ouest de la France. C'est là que deux anciens cargos, le Karl et l'Antigone Z, vont être déconstruits, avant le pétrolier russe Varzuga.

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Doté d'installations classées pour la protection de l'environnement, le chantier brestois est le seul de la façade Atlantique habilité à déconstruire les navires à fort tonnage.

D'une superficie de 15.000 m2, il est inscrit depuis 2016 sur la Liste européenne des installations agréés de recyclage de navires, qui en recense une trentaine dans l'Union européenne et douze autres en Grande-Bretagne, en Turquie et aux États-Unis.

Et c'est une aubaine pour le port de cette commune de l'extrême ouest de la France, puisque depuis 2019, une réglementation européenne impose la déconstruction des bateaux battant pavillon européen dans un chantier agréé par l'Union européenne.

Dans le port de Brest, au 5e quai est, l'activité bat son plein. L'énorme pince rouge montée au sommet d'une longue pelle articulée saisit inlassablement la ferraille, la cisaille puis l'arrache. En quelques jours, il ne reste plus qu'un tas de débris des deux anciens navires frigorifiques de 600 tonnes.

Avant cela, ils ont été nettoyés de leurs liquides, hydrocarbures, huiles et gaz dangereux, puis désamiantés. Les cales, la laine de verre et les plaques de bois et de métal ont également été retirés.

La ferraille, ramassée dans la forme de radoub à l'aide de pelles aimantées, rejoint ensuite des fonderies européennes et françaises, notamment ArcelorMittal à Dunkerque (port du nord de la France).

La filière est née à Brest avec la déconstruction du TK Bremen qui s'était échoué sur une plage du Morbihan en 2011. "Depuis, elle se développe", assure à l'AFP Olivier Lebosquain, directeur du chantier Navaleo du groupe Les Recycleurs bretons qui emploie une quarantaine de personnes.

En 2020 et 2021, il a notamment déconstruit les trois derniers sous-marins diesel de la Marine nationale française. Après le Karl et l'Antigone Z, il démantèlera le pétrolier brise-glace russe Varzuga, de 165 mètres de long et 6.600 tonnes. Ce sera le plus gros navire de commerce jamais déconstruit en France.

"Nous venons de déconstruire deux bateaux et nous avons un plan de charge qui est encore important", se félicite Pierre Rolland, président de Navaleo. Le chantier prévoit la création de 10 à 15 emplois par an au cours des prochaines années.

En 2021, l'entreprise a exporté depuis Brest quelque 30.000 tonnes d'acier provenant d'opérations de démantèlement de navires militaires ou "ventouses", ces bateaux en piètre état abandonnés dans les ports par des armateurs peu scrupuleux.

-États "peu regardants"-

"On peut imaginer que ces bateaux seraient partis en Asie principalement, on peut donc se réjouir que la filière de déconstruction navale à Brest se développe", souligne M. Lebosquain.

Certains États membres de l'Union européenne contournent pourtant la réglementation de 2019 en changeant le pavillon de leurs navires en fin de vie afin de les faire déconstruire dans des chantiers qui proposent des prix attractifs, au détriment des règlementations sociales, sanitaires et environnementales.

Au cours du premier trimestre 2022, 129 navires de charge ont été déconstruits dans le monde, relève le dernier bulletin "A la casse" de l'association écologiste "Robin des Bois". Seuls quatre l'ont été dans des chantiers agréés par l'Union européenne.

"Les autres navires sont partis ou en partance au Bangladesh, en Inde, au Pakistan ou en Turquie", le plus souvent sur des plages aménagées, précise à l'AFP l'association.

Sur ces 129 navires, 43 ont changé de pavillon pour adopter celui d'États comme Saint-Kitts-et-Nevis, les Comores ou les Palaos afin d'échapper à la réglementation européenne, regrette "Robin des Bois".

Navaleo assure cependant être de plus en plus approché par des armateurs français et européens ne souhaitant pas ou plus "dépavillonner" leurs bateaux.

"Ces armateurs nous questionnent très régulièrement et on a des projets en cours qu'on espère voir aboutir en 2023 et 2024", s'enthousiasme Pierre Rolland.

K.Abe--JT