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De longues queues de véhicules ont pu être observées devant les stations essence en Birmanie mercredi, certaines d'entre elles étant fermées alors que les réserves s'assèchent en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Les attaques conjointes entre les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le weekend dernier et la guerre régionale qui a suivi ont perturbé les approvisionnements en pétrole en provenance de cette région et fait bondir les prix dans le monde entier.
La Birmanie importe 90% de son carburant, selon des chiffres publiés en 2024 et souffre d'une chaîne d'approvisionnement en énergie fragile, en raison de la guerre civile qui ravage le pays depuis 2021.
La junte au pouvoir en Birmanie a annoncé mardi que seuls la moitié des véhicules privés seraient autorisés à circuler à tour de rôle sur les routes à partir de samedi, afin de préserver les réserves de pétrole, sans préciser le montant de ces réserves.
Dans la plus grande ville de Birmanie, Rangoun, un journaliste de l'AFP a pu observer cinq stations essence avec à chaque fois une queue d'environ 50 véhicules.
La Thaïlande voisine a rapporté avoir deux mois de réserves en pétrole et suspendre les exportations pour préserver ses stocks.
Ailleurs dans la région, les stations-service de la capitale du Laos, qui, selon les données officielles, importe presque tout son pétrole et son essence de Thaïlande, étaient bondées de files de véhicules à l’arrêt tout au long de la journée de lundi.
Bangkok a rapidement annoncé une exemption pour le Laos, ce qui a réduit la panique et, mercredi matin, les files de voitures et de motos avaient disparu des stations-service de Vientiane.
Mais dans la ville frontalière birmane de Tachileik, un journaliste de l’AFP a pu constater des panneaux indiquant que les approvisionnements transfrontaliers en provenance de Thaïlande avaient été interrompus, certaines stations-service ayant fermé mercredi après une hausse des prix pouvant aller jusqu’à être multipliés par trois la veille.
Pourtant, aux portes d'une station-service fermée, des dizaines de motards faisaient encore la queue avec impatience.
La Birmanie, qui est dirigée par les militaires depuis le coup d'Etat de 2021, est déchirée par une guerre civile qui oppose les factions de l'opposition aux forces armées. De larges parties du territoire échappent au contrôle de ces dernières.
Les rebelles qui dirigent des administrations parallèles sur leurs territoires n'ayant pas annoncé de mesures pour économiser le carburant, les restrictions ne devraient concerner que les zones contrôlées par l'armée.
H.Takahashi--JT