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Airbus a livré 793 avions commerciaux en 2025, en hausse de 4% sur un an, mais reste nettement en deçà de son niveau de 2019, année de référence avant la crise du Covid-19, tandis que l’écart se resserre avec son principal concurrent, l’américain Boeing.
"L'aviation commerciale a fait preuve d'une résilience extraordinaire en 2025. Malgré un contexte géopolitique changeant et l’incertitude qui en découle sur les marchés, nous ne constatons aucun fléchissement de la forte demande de trafic aérien, ni de l’appétit des compagnies pour des avions neufs", a déclaré Christian Scherer, directeur général d'Airbus aviation commercial au cours d'une conférence téléphonique. En dépit des problèmes de chaîne d'approvisionnement qui persistent, "nos livraisons sont en hausse d'une année à l'autre", a-t-il déclaré.
Début décembre, l'avionneur européen s'est résigné à réviser à la baisse son objectif d'avions pour 2025, conséquence d'un problème de qualité sur des panneaux de fuselage de son appareil vedette, l'A320.
- Problème de moteurs -
Après avoir promis au marché de livrer 820 appareils de tous les types en 2025, il a revu ses prévisions à 790 appareils. En 2019, avant que la pandémie de Covid-19 ne désorganise la chaîne d'approvisionnement de l'aéronautique, le géant européen avait livré 863 appareils, un record.
Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté de près, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.
Le problème de moteurs "qui arrivent très tard" sur les chaînes d'assemblages notamment des monocouloirs, ces avions les mieux vendus, persiste, a fait valoir M. Scherer
"Nous constatons que cette tendance se poursuit en 2026, et en particulier avec Pratt & Whitney", a-t-il ajouté.
Le nombre de "planeurs", ces avions prêts dans l'attente de leurs moteurs pour être livrés, s'est résorbé passant de "plus de 60 au milieu de l'année" à un nombre insignifiant "très maîtrisable", selon le responsable.
Côté commandes, Airbus a engrangé 1.000 commandes brutes de la part de 57 clients (889 nettes) dont 656 A320, 193 A350, 49 A220, 100 A330neo et deux A330 MRTT.
Son carnet de commandes affiche un record de 8.754 appareils en fin d'année.
- Concurrence "saine" -
Quant à Boeing qui publiera ses résultats mardi, il ne dépassera pas Airbus en termes de livraisons, même s'il a réussi à réduire nettement l'écart, mais gagne au niveau de la prise de commandes, soutenu par la politique agressive de Donald Trump.
"Il est indéniable que Boeing a bénéficié d’un appui politique. Ce que cela signifie pour nous, c’est que nous devons être plus convaincants que notre concurrent et son soutien politique, par la qualité de nos produits", a souligné Christian Scherer.
Il s'est par ailleurs félicité du retour de Boeing "dans la cour des grands après tant d'années" de difficultés industrielles. "C'est une bonne chose: cette concurrence est saine, elle va nous rendre encore plus agressifs", a-t-il ajouté.
Entre janvier et novembre, Boeing a livré 537 avions, du jamais vu pour cette période depuis 2018.
En 2024, Boeing avait largement réduit son volume de livraisons par rapport aux années précédentes, avec environ 348 avions commerciaux livrés sur l'ensemble de l'année — son plus bas niveau depuis des décennies.
Boeing n'a pas fourni d'objectif officiel de livraisons pour 2025, préférant se concentrer sur la stabilisation de la production. Divers analystes du secteur ont prévu des objectifs compris entre 590 et 610 appareils.
En matière de commandes en 2025, Boeing a tiré son épingle du jeu en affichant 999 commandes nettes prises sur les 11 premiers mois de l'année.
Le carnet de commandes de la branche aviation commerciale (BCA) affichait 6.616 avions à fin novembre — dont 4.319 Boeing 737 MAX.
K.Nakajima--JT