The Japan Times - Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"

EUR -
AED 4.193498
AFN 76.504912
ALL 93.795215
AMD 418.003334
ANG 2.044233
AOA 1048.232316
ARS 1691.732989
AUD 1.628747
AWG 2.059925
AZN 1.943644
BAM 1.956752
BBD 2.30341
BDT 141.098636
BGN 1.961163
BHD 0.431308
BIF 3400.549932
BMD 1.141865
BND 1.476073
BOB 7.906086
BRL 5.81347
BSD 1.143651
BTN 110.248629
BWP 16.361887
BYN 3.305708
BYR 22380.562804
BZD 2.299837
CAD 1.60677
CDF 2580.616296
CHF 0.924831
CLF 0.027106
CLP 1066.82202
CNY 7.73414
CNH 7.725353
COP 3716.052662
CRC 518.850118
CUC 1.141865
CUP 30.259434
CVE 110.318663
CZK 24.193217
DJF 203.658176
DKK 7.475713
DOP 66.922261
DZD 152.074064
EGP 58.342814
ERN 17.127982
ETB 184.593385
FJD 2.535853
FKP 0.850895
GBP 0.849154
GEL 2.997415
GGP 0.850895
GHS 13.226434
GIP 0.850895
GMD 83.928937
GNF 10034.837407
GTQ 8.726245
GYD 239.276394
HKD 8.953926
HNL 30.627764
HRK 7.529921
HTG 149.450736
HUF 361.308896
IDR 20429.228938
ILS 3.483089
IMP 0.850895
INR 109.900611
IQD 1498.228799
IRR 1570350.459221
ISK 143.007448
JEP 0.850895
JMD 181.277387
JOD 0.809584
JPY 185.558841
KES 147.69651
KGS 99.856164
KHR 4620.186752
KMF 493.285615
KPW 1027.678982
KRW 1681.847919
KWD 0.353955
KYD 0.953064
KZT 538.081745
LAK 25832.565997
LBP 102415.519021
LKR 384.617093
LRD 207.000693
LSL 18.85027
LTL 3.371632
LVL 0.690703
LYD 7.327532
MAD 10.685898
MDL 20.122789
MGA 4905.364687
MKD 61.604967
MMK 2397.438514
MNT 4096.091057
MOP 9.236493
MRU 45.655009
MUR 53.964443
MVR 17.653009
MWK 1983.156003
MXN 19.86541
MYR 4.667491
MZN 72.977386
NAD 18.85027
NGN 1577.646774
NIO 42.09029
NOK 11.022895
NPR 176.397034
NZD 1.947594
OMR 0.439041
PAB 1.143656
PEN 3.878287
PGK 5.114465
PHP 70.483357
PKR 317.795597
PLN 4.332295
PYG 6930.340849
QAR 4.168928
RON 5.240136
RSD 117.365514
RUB 89.634098
RWF 1682.911266
SAR 4.288272
SBD 9.216409
SCR 15.291371
SDG 685.693231
SEK 11.042838
SGD 1.472846
SHP 0.852518
SLE 27.832943
SLL 23944.355925
SOS 653.615083
SRD 42.753555
STD 23634.309381
STN 24.511816
SVC 10.006868
SYP 126.212783
SZL 18.852088
THB 38.38927
TJS 10.573243
TMT 4.007948
TND 3.378744
TOP 2.749338
TRY 53.896849
TTD 7.763777
TWD 36.849709
TZS 3003.121009
UAH 51.136251
UGX 4237.061077
USD 1.141865
UYU 46.022387
UZS 13672.650926
VES 827.669521
VND 30054.469556
VUV 136.335852
WST 3.134417
XAF 656.273364
XAG 0.019588
XAU 0.000281
XCD 3.085948
XCG 2.061203
XDR 0.816193
XOF 656.273364
XPF 119.331742
YER 272.450216
ZAR 18.798421
ZMK 10278.174733
ZMW 20.840583
ZWL 367.680209
  • AEX

    4.5800

    1095.15

    +0.42%

  • BEL20

    -0.5600

    5618.4

    -0.01%

  • PX1

    15.8500

    8355.82

    +0.19%

  • ISEQ

    -1.3500

    13459.8

    -0.01%

  • OSEBX

    7.6200

    1961.14

    +0.39%

  • PSI20

    -5.4400

    9065.32

    -0.06%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -4.8100

    4368.96

    -0.11%

  • N150

    2.5300

    4213.77

    +0.06%

Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"
Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes" / Photo: Safin HAMID - AFP

Des adolescents soupçonnés de terrorisme, happés dans l'engrenage de vidéos "ultra violentes"

Vouloir s'attaquer à une ambassade israélienne à 14 ans, à des bars à 16 ans... En France, la jeunesse de certains suspects, prêts à commettre des actions terroristes, sidère. Un phénomène récent pour lequel les enquêteurs ne distinguent pas de "profil type", hormis l'addiction aux vidéos violentes.

Taille du texte:

"Il y a quelques années encore, les mineurs mis en examen en matière terroriste se comptaient sur les doigts d'une main alors que nous en avons eu 15 en 2023, 18 en 2024, et déjà 11 au 1er juillet", indique à l'AFP le parquet national antiterroriste (Pnat).

Avocats et magistrats s'accordent sur quelques caractéristiques: des garçons, pas délinquants avant de se radicaliser - dans une mouvance principalement jihadiste - et qui, pour beaucoup, dévoilent une grande timidité ou pâtissent d'un cadre parental fragile.

Toutefois, "nous manquons de recul pour catégoriser avec précision le profil type" de ces adolescents, "âgés de 13 à 18 ans, originaires de toute la France", reconnaît le Pnat qui a créé en mai une section mineurs au sein de sa division terrorisme "afin notamment de redimensionner les capacités d'analyse".

Se dégage "une constante" tout de même: "grands utilisateurs des réseaux sociaux, la plupart sont amateurs de contenus ultra violents, guerriers ou pornographiques".

- "Bulle algorithmique" -

Les réseaux leur prodiguent un flux de vidéos "insoutenables, pas forcément liées au terrorisme", comme des images de cartels, explique à l'AFP une source judiciaire. "Ils pensent affirmer leur identité d'homme en les regardant."

"On n'est ni un enfant, ni un adulte, quand on est adolescent. Cette double identité négative devient insupportable pour certains et débouche sur la violence pour être reconnus comme adultes, même si c'est un adulte négatif", abonde le sociologue Farhad Khosrokhavar.

Une vidéo violente en entraîne une autre.

"En moins de trois heures sur Tiktok, vous pouvez être dans une bulle algorithmique consacrée à l'État islamique" avec des "chants de guerre, des décapitations, des reconstitutions d'actions passées glorieuses par intelligence artificielle, des simulations d'actions à venir", explique la chercheuse Laurène Renaut, qui travaille sur les jihadosphères virtuelles.

Ces jeunes sont aussi abreuvés de contenu "mélancolique", creusant "le sentiment de solitude, avec des paysages ravagés, censés refléter l'âme". Ces vidéos leur proposent "de parler à +un frère+ s'ils se sentent exclus".

Tiktok a pourtant assuré à l'AFP se mobiliser pour "détecter les tendances extrémistes émergentes et supprimer 99% des contenus" terroristes "avant même qu'ils ne nous soient signalés".

Pour Nassire (prénom modifié), jugé pour avoir envisagé, à 16 ans, d'attaquer des bars identitaires à Lille ou Lyon, "tout a commencé" avec "la vidéo de (Brenton) Tarrant", auteur des attentats antimusulmans à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en 2019.

"J'avais 13 ans, je jouais à Minecraft, sur Discord. C'est une application où on échange avec d'autres joueurs. Quelqu'un a envoyé la vidéo de Tarrant. (...) Je trouvais ça injuste de voir des hommes, femmes, enfants se faire massacrer", a-t-il expliqué au cours de l'enquête.

"A partir de là, j'ai regardé les vidéos des imams qui disaient de rester calmes, celles de terroristes d'extrême droite et je trouvais ça injuste. Puis j'ai vu celles des jihadistes, qui disaient d'aider les frères".

Dans sa bouche, le mot "injustice" revient comme un mantra. "Je me disais qu'en défendant cette cause, ça allait donner un sens à ma vie."

En juillet 2024, la cour d'appel l'a condamné à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis probatoire, notant "la gravité" des actes préparatoires (notamment sa rencontre avec un homme - en réalité agent infiltré - pour se renseigner sur des armes).

- "Divination" -

Mais la justice a aussi souligné "l'absence d'élément témoignant d'une radicalisation idéologique ancrée".

Elle a plutôt décelé une "quête identitaire et affective" chez ce jeune qui cherchait "à trouver sa place au sein d'un cadre établi et valorisant" auprès d'internautes, "alors qu'il avait souffert d'importantes carences affectives" (parents en conflit, quartier "ultraviolent").

"C'est un garçon essentiellement seul, triste et gentil, dont la seule occupation hors ordinateur était de faire des tours en trottinette", abonde auprès de l'AFP son avocat Jean-Baptiste Riolacci.

"La grande particularité de l'association de malfaiteurs terroriste est qu'on intervient assez tôt pour interpeller, mais on module sur la répression", relève une source judiciaire, c'est-à-dire quand il faut décider du placement en détention provisoire, dans un centre, ou sous contrôle judiciaire, puis au moment du prononcé des peines.

Ce n'est pas l'avis de Me Pierre-Henri Baert, qui a défendu un jeune jugé en mai. Son client a écopé de trois ans d'emprisonnement pour avoir, à 16 ans, publié de la propagande de l'État islamique appelant à des crimes contre les juifs. "Il s'agit d'une peine très sévère au regard de la grande jeunesse du prévenu, sans casier, auquel on reproche finalement de simples propos en ligne, mais aucun acte matériel", a estimé le conseil.

"Quand la justice poursuit pour association de malfaiteurs terroriste, elle fait de la divination", tacle une autre avocate ayant eu des dossiers similaires, alors que "l'étiquette terroriste est extrêmement stigmatisante". "Il n'y a pas de distinction entre un gamin qui a envoyé des messages virulents et un suspect qui a acheté des armes."

- "Jihadisme fantasmé" -

Si les adolescents sont souvent détectés par leur comportement sur les réseaux sociaux, ils sont poursuivis du fait d'actes plus concrets, comme "le passage à une messagerie cryptée, la communication de recettes pour fabriquer des explosifs, la recherche de financement", assure pourtant une source judiciaire.

En septembre, trois adolescents seront jugés à Paris, accusés d'avoir planifié, à l'âge de 14 et 15 ans, de faire exploser un camion contre le bâtiment de l'ambassade israélienne en Belgique.

Déjà repérés au collège pour leurs "propos radicaux", selon le Pnat, deux d'entre eux ont été surpris, dans un parc, en possession de "bouteilles d'acide chlorhydrique" renfermant du "papier d'aluminium", utiles à la composition d'engins explosifs. Leurs téléphones révèlent un fort goût pour les jeux vidéo de massacres.

"Mon client a pu avoir des comportements d'une personne radicalisée, en consultant des sites jihadistes, ce qui est interdit, mais il est très loin d'avoir projeté un attentat", a affirmé à l'AFP Jennifer Cambla, avocate de l'un d'entre eux, s'indignant de poursuites disproportionnées.

Mais pour une autre robe noire, parlant sous couvert d'anonymat, l'arrestation des adolescents pris dans un "jihadisme fantasmé" représente "presque une chance, au prix d'un choc monstrueux".

"Ce sont des interpellations dures, avec des services spécialisés, cagoule et sac sur la tête... Mais le suivi judiciaire est fascinant en terrorisme: en tant que mineurs, ils bénéficient de modèles d'accompagnement, voient des psys. Coupés des réseaux, ils refont du sport."

Un "sevrage" auprès de la Protection judiciaire de la jeunesse qui mérite d'être scruté, prévient une autre source judiciaire: il "donne l'impression d'une déradicalisation rapide, mais on ne sait pas si ces jeunes pourraient se radicaliser de nouveau".

K.Yoshida--JT