The Japan Times - La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

EUR -
AED 4.233412
AFN 75.493281
ALL 93.476873
AMD 423.012424
AOA 1058.078854
ARS 1724.84304
AUD 1.637146
AWG 2.074665
AZN 1.9613
BAM 1.957195
BBD 2.320614
BDT 142.631679
BHD 0.434585
BIF 3450.283135
BMD 1.152592
BND 1.478454
BOB 13.993612
BRL 5.923142
BSD 1.152201
BTN 109.959957
BWP 15.66817
BYN 3.395921
BYR 22590.796538
BZD 2.317352
CAD 1.62202
CDF 2604.856784
CHF 0.933478
CLF 0.026717
CLP 1054.90939
CNY 7.784085
CNH 7.778005
COP 3695.289544
CRC 522.463388
CUC 1.152592
CUP 30.543679
CVE 110.821967
CZK 24.174802
DJF 204.839013
DKK 7.475214
DOP 67.309719
DZD 153.225447
EGP 57.834277
ERN 17.288875
ETB 184.242088
FJD 2.549475
FKP 0.857957
GBP 0.857355
GEL 3.014012
GGP 0.857957
GHS 13.502625
GIP 0.857957
GMD 85.292198
GNF 10125.518143
GTQ 8.788265
GYD 241.218821
HKD 9.04041
HNL 30.958679
HRK 7.534952
HTG 150.646086
HUF 361.27813
IDR 20702.851399
ILS 3.471399
IMP 0.857957
INR 109.608412
IQD 1509.895075
IRR 1584957.60632
ISK 141.80319
JEP 0.857957
JMD 182.179872
JOD 0.817187
JPY 181.67259
KES 149.141517
KGS 100.79462
KHR 4667.996734
KMF 493.309394
KRW 1646.00506
KWD 0.356499
KYD 0.960164
KZT 542.785168
LAK 26048.57164
LBP 103214.582979
LKR 386.855782
LRD 208.936033
LSL 19.052185
LTL 3.403304
LVL 0.697191
LYD 7.33626
MAD 10.744475
MDL 20.168941
MGA 4950.381183
MKD 61.573895
MMK 2420.05814
MNT 4131.233505
MOP 9.308534
MRU 46.230476
MUR 53.594212
MVR 17.818945
MWK 2002.051424
MXN 19.906036
MYR 4.721703
MZN 73.650705
NAD 19.051931
NGN 1571.305274
NIO 42.400226
NOK 11.00657
NPR 175.938423
NZD 1.956749
OMR 0.443186
PAB 1.152221
PEN 3.912473
PGK 5.09395
PHP 70.316161
PKR 320.218844
PLN 4.297288
PYG 6869.927239
QAR 4.202061
RON 5.250283
RSD 117.347682
RUB 92.924497
RWF 1692.004557
SAR 4.315567
SBD 9.302748
SCR 15.433387
SDG 692.133809
SEK 10.981069
SGD 1.477876
SLE 28.181113
SOS 658.46941
SRD 43.67285
STD 23856.320291
STN 24.89598
SVC 10.082187
SZL 19.052529
THB 38.341538
TJS 10.634743
TMT 4.034071
TND 3.389771
TRY 54.80355
TTD 7.822577
TWD 37.357224
TZS 3060.128502
UAH 51.521028
UGX 4315.001205
USD 1.152592
UYU 46.423296
UZS 13847.236438
VES 848.482424
VND 30271.091065
VUV 137.324159
WST 3.149129
XAF 656.424953
XAG 0.019291
XAU 0.000282
XCD 3.114936
XCG 2.07658
XDR 0.817312
XOF 654.099666
XPF 119.331742
YER 274.773117
ZAR 18.891666
ZMK 10374.708657
ZMW 21.802137
ZWL 371.134044
  • AEX

    10.2500

    1112.49

    +0.93%

  • BEL20

    39.6700

    5707.14

    +0.7%

  • PX1

    52.5500

    8666.63

    +0.61%

  • ISEQ

    82.3000

    13799.05

    +0.6%

  • OSEBX

    -4.0500

    2019.01

    -0.2%

  • PSI20

    -2.7500

    9169.02

    -0.03%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    33.0300

    4214.68

    +0.79%

  • N150

    12.8800

    4304.64

    +0.3%

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne
La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne / Photo: Fred TANNEAU - AFP

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

A 37 ans, Samuel Lewis n'a jamais été scolarisé ni salarié: ce "paysan-artiste" britannique installé en Bretagne vit presque sans argent, en cultivant céréales et légumes à la main pour "sa nourriture de base". Une quête d'autosuffisance qu'il partage sur internet ou lors de stages gratuits.

Taille du texte:

"La vraie richesse, c'est une bonne terre et tout ce qu'elle nous donne" lance-t-il, un grand sourire aux lèvres, en faisant visiter son "coin de paradis".

Trois hectares dans un hameau à Duault près de Callac (Côtes d'Armor), répartis en 35 parcelles: avec son père Gareth, d'origine galloise, il y cultive seigle, blé noir, haricots, pommes de terre, fruits et autres légumes du potager. Uniquement pour la consommation familiale.

"L'objectif, c'est de faire ma nourriture de base", résume-t-il. Les 500 arbres qu'il a plantés lui fournissent des pommes pour faire son cidre ou du bois pour se chauffer. Légumes et céréales font d'excellentes soupes ou salades, du pain, des galettes.

Ici, ni tracteur ni motoculteur: il travaille "à l'ancienne" - et seulement l'après-midi. Ses outils de prédilection sont la houe, la faucille ou le fléau, achetés d'occasion ou fabriqués dans son atelier. Des voisins plus âgés lui ont en appris le maniement.

"Je suis le seul en Europe occidentale à cultiver les céréales à la main", proclame-t-il avec un fort accent d'outre-Manche.

Pull en laine fait maison, sabots en bois, cheveux longs et rares, barbe rousse tressée sous le menton, Samuel Lewis, avec son allure de barde sorti d'un conte, s'installe devant un feu de bois. Il raconte un parcours atypique, en marge d'une société de consommation qu'il rejette.

- "Je ne vends rien" -

En 1994, les Lewis quittent le nord de l'Angleterre et viennent s'installer en Centre-Bretagne. Ils y rachètent à bas prix une ruine qu'ils vont retaper "pour avoir plus d'espace" pour leurs deux filles et leur fils.

Autodidacte, Samuel n'ira jamais à l'école, apprend à lire avec l'aide de sa mère, aujourd'hui décédée.

Avec l'adolescence vient l'heure des questionnements.

"Chaque chose qu'on fait comme métier dégrade l'environnement", estime-t-il. "Déjà à 16 ans j'étais attaché à mon jardin. Pour moi c'était pas possible (de travailler) dans un bâtiment toute la journée!".

Il préfère cultiver ce jardin, son amour de la terre, mener une vie simple, respectueuse de l'environnement. Ne pas dépendre de l'argent pour vivre.

"Ce que je fais, c'est l'antithèse de l'agriculture moderne, je ne vends rien", dit-il. "La terre, on l'a tuée avec l'agriculture moderne!".

Il ne rejette pas le confort ou la modernité, partage la maison où vivent son père et sa soeur, pour les repas ou l'internet. Mais il préfère dormir dans la petite bâtisse voisine, sans électricité ni eau courante.

Ce "paysan-artiste", comme il se décrit, dessine, tous les matins, depuis tout petit. Son personnage fétiche, Tim le jardinier, est au coeur d'un livre, co-écrit avec son père et récemment publié par les éditions Ulmer, "La vie simple", mêlant réflexions philosophiques et guide illustré de jardinage.

Ses seuls revenus proviennent de ce livre et du mensuel qu'il rédige avec son père et sa soeur Bethan, le "Central Britanny Journal" destiné à la communauté britannique de sa région et tiré à 2.500 exemplaires. Il refuse les aides sociales.

"On ne peut pas se passer d'argent", reconnaît-il. Mais pas question de "courir après l'argent".

- La recette du bonheur -

Le peu qu'il gagne lui permet d'aider son père à payer les factures, les rares courses alimentaires du foyer, le carburant des deux vieilles voitures de la famille. Ou d'aller boire un verre au bar ou au fest-noz du coin avec des amis.

Samuel Lewis dit n'acheter quasiment rien ou alors d'occasion, vêtements ou outils chinés dans des brocantes. Un style de vie, concède-t-il, rendu possible parce qu'il a accès aux commodités de la maison familiale.

Cette "vie simple", il souhaite la faire connaître, notamment sur les réseaux sociaux, Instagram ou Facebook. Une vidéo que le média en ligne Brut lui a consacré, a été vue 1,3 million de fois.

Depuis 2022, il organise régulièrement journées portes ouvertes et formations gratuites sur sa ferme vivrière. Il ne souhaite pas forcément convertir les visiteurs, mais au moins montrer, notamment aux jeunes générations, qu'une autre voie est possible.

"Quand j'étais jeune, on m'a culpabilisé sur la vie que je voulais mener", se souvient-il.

"Tout ce dont nous avons besoin, la terre nous le donne. Si on sait la cultiver, on peut vivre dans un environnement magnifique (...) manger de la bonne nourriture, faire un bon feu pour se réchauffer". La recette du bonheur simple, selon Samuel Lewis.

S.Fujimoto--JT