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L'incendie dans les Pyrénées-Orientales, qui a parcouru 4.900 hectares près de Perpignan et provoqué l'évacuation de 12.000 personnes, n'a pas progressé pendant la nuit grâce notamment à des contrefeux allumés par les pompiers, qui comptent mardi sur un appui aérien renforcé pour contenir le feu.
Les quelque 800 pompiers mobilisés, pour la plupart, depuis le départ de feu samedi soir à Trévillach, ont mis en place une stratégie de "feux tactiques", a expliqué lors d'un point presse le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de la Mothe, "c'est-à-dire d'allumer des contre-feux pour circonscrire, limiter et empêcher la propagation de l'incendie".
Cette manoeuvre a été efficace sur le flanc est de l'incendie, s'est félicité le préfet, mais les pompiers n'ont pas pu la mettre en oeuvre à la tête du feu qui menace le massif des Aspres à cause de conditions météo trop défavorables: températures toujours fortes, taux d'humidité très faible et direction du vent changeante.
Un panache de fumée se dégage toujours mardi matin du massif en face d'Ille-sur-Têt, bourg évacué dimanche.
Au centre d'accueil de Thuir, Lucas Pla, habitant d'Ille-sur-Têt de 27 ans, vient de passer une deuxième nuit sur un lit de camp. "J'ai connu plus grande forme, mais on est très bien accueillis. Il y a beaucoup de solidarité de la part des bénévoles et des habitants du coin, qui apportent de quoi manger, de quoi nourrir les animaux et même des vêtements", raconte-t-il, accompagné de son cocker marron.
De nouveaux moyens aériens doivent être déployés mardi, dont deux avions français et six européens envoyés en renfort.
- "Temps long" -
L'incendie a fait 11 blessés légers, dont sept pompiers, et a endommagé de nombreux bâtiments, dont une vingtaine de maisons dans le village de Rodès.
Les flammes, parties samedi soir du village de Trévillach, se sont rapidement propagées, mais le feu n'a progressé lundi que d'environ 300 hectares.
Les habitants d'une vingtaine de communes du massif des Aspres et d'Ille-sur-Têt ont dû évacuer leur logement dimanche soir. "J'ai une pensée pour toutes ces personnes qui doivent probablement trouver le temps long (...) il faut qu'elles soient encore un peu patientes", a plaidé mardi le préfet.
Le niveau de risque d'incendie reste élevé dans les Pyrénées-Orientales en raison des températures mais aussi d'un phénomène de brise sèche, et le sera jusqu'à la fin de semaine, a prévenu Charlotte Couture, de Météo-France.
Dans ce département, "il y a plus d'un mois qu'il n'a pas plu du tout et plus de deux mois qu'il n'a pas plu de façon significative", a-t-elle insisté.
Les Pyrénées-Orientales continuent d'observer une vigilance orange canicule, comme 60 autres départements français mardi, avec des températures qui ont atteint par endroits jusqu'à 40°C après un premier épisode caniculaire historique fin juin.
- Pollution -
Avec ses 40 kilomètres de lisière, l'incendie a provoqué un épisode de pollution aux particules fines, a indiqué l'organisme de surveillance de la qualité de l'air Atmo Occitanie, qui recommande aux populations vulnérables ou sensibles d'éviter ou de réduire leurs activités physiques intenses.
Dans le sud de la Drôme, un incendie fait rage dans une zone montagneuse inhabitée mais très difficile d'accès, sur la commune de Die. Il a continué de progresser dans la nuit, avec 1.400 ha parcourus en cinq jours, a annoncé la préfecture à l'AFP.
Malgré des conditions "un peu moins défavorables" mardi, les pompiers redoutent de ne pas parvenir à fixer les trois fronts de ce feu car "les moyens aériens sont toujours limités par la priorité donnée aux incendies majeurs dans les Pyrénées-Orientales", selon la préfecture.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez notait lundi que la multiplication des feux en France avait conduit à "mobiliser l'ensemble de nos moyens nationaux".
Dans le Gard, trois incendies dont celui de Lédenon (540 hectares) ne sont "pas encore éteint", mais "tous maîtrisés et en bonne voie" de l'être, a indiqué un porte-parole des pompiers.
Au causse Méjean, en Lozère, un incendie déclenché lundi après-midi par des travaux agricoles a brûlé 200 ha avant d'être maîtrisé, mais pas fixé, mardi matin. Un autre incendie à Saint-Bonnet-Laval, n'est lui pas maîtrisé mais ne progresse plus, après avoir parcouru 130 ha.
Dans l'Hérault, le feu qui a parcouru quelque 275 hectares à Carlencas-et-Levas est "toujours actif" mardi matin, mais "ne progresse plus", ont indiqué les pompiers à l'AFP. Un homme interpellé près de la zone et déjà condamné en 2020 pour des faits de destruction par moyens dangereux pour les personnes est en garde à vue.
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K.Yoshida--JT