The Japan Times - Les tribulations de Chinois ultrafortunés dans les vignobles du Bordelais

EUR -
AED 4.272829
AFN 75.625201
ALL 96.634621
AMD 444.229302
ANG 2.083071
AOA 1066.897379
ARS 1704.184968
AUD 1.742499
AWG 2.07184
AZN 1.974053
BAM 1.955489
BBD 2.345227
BDT 142.287355
BGN 1.939141
BHD 0.43893
BIF 3446.151553
BMD 1.163465
BND 1.497862
BOB 8.063717
BRL 6.249902
BSD 1.164515
BTN 104.87231
BWP 15.623514
BYN 3.409557
BYR 22803.910814
BZD 2.341827
CAD 1.618393
CDF 2629.430892
CHF 0.931674
CLF 0.026548
CLP 1041.452101
CNY 8.117901
CNH 8.114958
COP 4320.412417
CRC 579.007852
CUC 1.163465
CUP 30.831818
CVE 110.247454
CZK 24.290062
DJF 207.357
DKK 7.47105
DOP 74.138201
DZD 151.944818
EGP 55.149333
ERN 17.451973
ETB 181.038188
FJD 2.649733
FKP 0.867826
GBP 0.867642
GEL 3.135516
GGP 0.867826
GHS 12.483013
GIP 0.867826
GMD 86.096237
GNF 10192.377908
GTQ 8.928579
GYD 243.581235
HKD 9.069163
HNL 30.707113
HRK 7.533081
HTG 152.505729
HUF 385.988767
IDR 19595.831044
ILS 3.662629
IMP 0.867826
INR 104.995141
IQD 1525.457227
IRR 49010.95646
ISK 147.155021
JEP 0.867826
JMD 184.400653
JOD 0.824909
JPY 182.425438
KES 150.206095
KGS 101.737436
KHR 4676.255785
KMF 493.309142
KPW 1047.122833
KRW 1695.448011
KWD 0.357754
KYD 0.970346
KZT 594.835333
LAK 25170.994098
LBP 104273.30516
LKR 359.98271
LRD 209.016736
LSL 19.271433
LTL 3.435409
LVL 0.703769
LYD 6.315995
MAD 10.753389
MDL 19.736859
MGA 5399.14074
MKD 61.540206
MMK 2442.97566
MNT 4140.866069
MOP 9.350112
MRU 46.43661
MUR 54.345235
MVR 17.98699
MWK 2019.078669
MXN 20.908048
MYR 4.762643
MZN 74.346059
NAD 19.271433
NGN 1663.103283
NIO 42.85318
NOK 11.75367
NPR 167.795296
NZD 2.03247
OMR 0.448919
PAB 1.164415
PEN 3.916177
PGK 4.968209
PHP 68.988773
PKR 325.948826
PLN 4.211586
PYG 7705.773645
QAR 4.244924
RON 5.088875
RSD 117.301332
RUB 91.99722
RWF 1697.129906
SAR 4.363342
SBD 9.45922
SCR 16.122095
SDG 699.826161
SEK 10.726203
SGD 1.497725
SHP 0.8729
SLE 28.068584
SLL 24397.280172
SOS 664.294279
SRD 44.433877
STD 24081.373109
STN 24.496102
SVC 10.188379
SYP 12867.426507
SZL 19.265934
THB 36.53862
TJS 10.840675
TMT 4.072127
TND 3.408957
TOP 2.801345
TRY 49.972325
TTD 7.903742
TWD 36.775144
TZS 2908.237161
UAH 50.224307
UGX 4192.332801
USD 1.163465
UYU 45.332785
UZS 14099.756059
VES 378.105898
VND 30564.221279
VUV 140.02288
WST 3.239065
XAF 655.852623
XAG 0.014558
XAU 0.000258
XCD 3.144322
XCG 2.098566
XDR 0.81567
XOF 655.852623
XPF 119.331742
YER 277.428205
ZAR 19.191445
ZMK 10472.575798
ZMW 22.56041
ZWL 374.635203
  • AEX

    23.1600

    988.17

    +2.4%

  • BEL20

    11.5000

    5240.44

    +0.22%

  • PX1

    118.7000

    8362.09

    +1.44%

  • ISEQ

    33.9200

    13080.06

    +0.26%

  • OSEBX

    13.3000

    1697.17

    +0.79%

  • PSI20

    33.9500

    8520.34

    +0.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.8200

    3995.37

    -0.27%

  • N150

    11.6300

    3887.93

    +0.3%

Les tribulations de Chinois ultrafortunés dans les vignobles du Bordelais
Les tribulations de Chinois ultrafortunés dans les vignobles du Bordelais / Photo: Philippe LOPEZ - AFP

Les tribulations de Chinois ultrafortunés dans les vignobles du Bordelais

C'est la fin de l'eldorado pour les investisseurs chinois dans le Bordelais: après plus d'une décennie de rachats frénétiques, nombre d'entre eux cherchent à revendre leurs châteaux.

Taille du texte:

Mais d'autres persistent malgré la crise, pour l'"amour du vin".

Avec sa tour carrée à créneaux flanquée de tourelles, le château Latour Laguens, posé dans un vallon de l'Entre-Deux-Mers, fut en 2008 l'une des premières propriétés viticoles rachetée par une société chinoise dans le premier vignoble AOC de France, où on en a compté plus de 200.

Photographiée au milieu des 30 hectares de vignes, classées en AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur, la jeune héritière du groupe Longhai International et propriétaire des lieux, Daisy Haiyan Cheng, fourmillait alors de projets d'aménagement pour la bâtisse néomédiévale: salle de dégustation, boutique et chambres d'hôtes luxueuses.

Aujourd'hui, le Château Latour, marqué par l'humidité et simplement peuplé d'une nichée de chauves-souris, est à vendre aux enchères.

Mise à prix, sans les vignes: 150.000 euros.

D'autres propriétés battant pavillon chinois ont changé de mains ces dernières années.

- Fonds bloqués -

Mi-mai, la justice a ainsi confisqué neuf châteaux acquis au début des années 2010 par le magnat chinois Naijie Qu, patron du groupe Haichang, après sa condamnation pour blanchiment de détournement de fonds publics chinois et abus de biens sociaux.

En août 2022, les châteaux Lapin d'Or, Lapin Impérial, Grande Antilope ou Antilope Tibétaine, rebaptisés par leur ex-propriétaire Chi Keung Tong, patron du groupe hongkongais SGV Wines - provoquant un tollé dans le Landerneau bordelais -, ont retrouvé leur dénomination d'origine après leurs reventes à des investisseurs français.

"Les Chinois ne peuvent plus investir à l'étranger car leurs fonds sont bloqués en Chine" depuis que Pékin a drastiquement renforcé le contrôle des capitaux, explique Li Lijuan, agent immobilier et spécialiste du marché asiatique chez Vineyards-Bordeaux.

Actuellement, environ "50 châteaux sont à vendre" assure-t-elle. Sans compter les propriétaires qui "attendent un moment plus propice", faute d'acheteurs en pleine crise de surproduction du Bordelais.

Dans un marché immobilier en berne, "il y a de belles opportunités": des biens ont été vendus "moins que la moitié du prix d'achat", indique l'intermédiaire, connue comme chanteuse en Chine.

"Certains acquéreurs sont venus acheter un art de vivre à la française avec une belle bâtisse, bien moins chère qu'un appartement à Hong-Kong ou Shanghaï mais sans se soucier de la bonne santé financière des domaines et des investissements à venir", explique-t-elle.

- Temps court -

A la "méconnaissance", la SAFER ajoute aussi une "mauvaise estimation des coûts de production" - plus élevés que ceux d'une exploitation familiale - et une "surestimation de la capacité à commercialiser" leurs bouteilles, plus chères à produire que des Bordeaux importés.

"Leur modèle, c'était de racheter des propriétés d'entrée de gamme en espérant une rentabilité immédiate, avec l'idée de faire la pirouette en produisant un vin à moins de 5 euros pour le revendre 20, 40 euros, voire 100 euros dans leur réseau de distribution", souligne Benoît Léchenault, directeur d'Agrifrance, filiale de BNP Paribas spécialisée dans le patrimoine foncier rural de prestige.

Depuis le Covid, le Bordeaux attire moins dans un pays devenu producteur et où la consommation chute (-25% en 2023 selon l'OIV, l'Organisation internationale du vin).

Grêle, mildiou et autres aléas climatiques découragent aussi ces récents acquéreurs alors qu'il faut, en viticulture, entre deux et trois ans avant une première rentrée comptable.

"Les Européens raisonnent en terme de générations, les Chinois pensent à échéance de cinq ans au bout de laquelle il est normal de revendre", analyse Hugo Tian, financier hongkongais et propriétaire du Château Fauchey (AOC Cadillac Côtes de Bordeaux)

"Pour les Chinois, le commerce c'est du temps court", résume encore Li Lijuan, qui note aussi des "cultures d'entreprise différentes" avec des "changements de direction incessants".

Un directeur technique, requérant l'anonymat, raconte à l'AFP n'avoir rencontré "qu'une seule fois en quatre ans" son ancienne patronne. Il dit avoir subi des "demandes ingérables" "inadaptées au cycle de la vigne" dans ce château de l'Entre-Deux-Mers, géré comme "une entreprise de boîtes à chaussures".

- "On s'accroche" -

Mais d'autres investisseurs s'enracinent.

Le milliardaire chinois et fondateur du groupe de e-commerce Alibaba, Jack Ma, a ainsi dépensé sans compter pour restructurer le château de Sours (Entre-Deux-Mers).

Peter Kwok, homme d'affaires hongkongais né au Vietnam, à la tête de sept châteaux bordelais, dont un Saint-Emilion Grand cru classé, investit "au long cours" en restructurant vignes et bâtis de "belles endormies".

"Il veut laisser une trace positive car il est fondamentalement amoureux de la France, son vin et sa culture", ajoute Jean-Christophe Meyrou, directeur général des Vignobles K qui envisagent d'acheter de nouvelles propriétés.

Au Château des Chapelains, racheté en 2014, la propriétaire Zhang Rong "s'accroche". Cette "vigneronne comme une autre", venue initialement chercher des cépages pour un vignoble familial du Gansu (nord-ouest du pays), "étiquette ses bouteilles", en appellation Bordeaux et Sainte-Foy Côte de Bordeaux, témoigne un salarié.

Sur ses 48 hectares, elle produit 300.000 bouteilles de différentes cuvées, pour certaines médaillées, en restant "fidèle" aux enseignements de l'ancien propriétaire, dont elle a "gardé les clients et restaurants".

"On doit travailler dur car la situation n'a jamais été aussi difficile", confie-t-elle.

Hugo Tian lui aussi "tient toujours la barre". "Optimiste à moyen et long terme", il mise désormais sur le palais plus affûté d'une "jeune génération" de consommateurs chinois "à la recherche de vins naturels ou biologiques plutôt que de crus prestigieux".

"Dans quelques années, des nouveaux investisseurs chinois reviendront, plus rationnels et raisonnables", prédit-il.

K.Nakajima--JT