The Japan Times - En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes

EUR -
AED 4.272818
AFN 75.625431
ALL 96.63435
AMD 443.523657
ANG 2.083065
AOA 1066.894695
ARS 1701.912184
AUD 1.735215
AWG 2.071834
AZN 1.982504
BAM 1.954291
BBD 2.34522
BDT 142.199583
BGN 1.939135
BHD 0.440129
BIF 3446.141901
BMD 1.163462
BND 1.497857
BOB 8.058742
BRL 6.249888
BSD 1.164511
BTN 104.872016
BWP 15.62347
BYN 3.409548
BYR 22803.846938
BZD 2.341821
CAD 1.619248
CDF 2629.423588
CHF 0.931672
CLF 0.026547
CLP 1041.449823
CNY 8.117879
CNH 8.116355
COP 4319.932841
CRC 579.00623
CUC 1.163462
CUP 30.831732
CVE 110.766073
CZK 24.284473
DJF 207.356419
DKK 7.471029
DOP 74.137993
DZD 151.944393
EGP 55.14207
ERN 17.451924
ETB 181.037681
FJD 2.649726
FKP 0.867539
GBP 0.86764
GEL 3.135576
GGP 0.867539
GHS 12.478172
GIP 0.867539
GMD 86.09657
GNF 10192.349359
GTQ 8.923033
GYD 243.430977
HKD 9.069474
HNL 30.707027
HRK 7.533069
HTG 152.505302
HUF 385.606522
IDR 19595.776155
ILS 3.662623
IMP 0.867539
INR 105.022594
IQD 1525.452954
IRR 49010.819177
ISK 147.155069
JEP 0.867539
JMD 184.400137
JOD 0.82494
JPY 183.703648
KES 150.086952
KGS 101.737157
KHR 4676.242687
KMF 493.308117
KPW 1047.146648
KRW 1695.547908
KWD 0.357753
KYD 0.970343
KZT 594.833667
LAK 25170.923593
LBP 104273.013083
LKR 359.981701
LRD 209.01615
LSL 19.271379
LTL 3.4354
LVL 0.703767
LYD 6.315977
MAD 10.741664
MDL 19.736804
MGA 5399.125617
MKD 61.540852
MMK 2443.404393
MNT 4141.779377
MOP 9.350086
MRU 46.43648
MUR 53.996692
MVR 17.987556
MWK 2019.073013
MXN 20.916833
MYR 4.762635
MZN 74.349534
NAD 19.271379
NGN 1663.098957
NIO 42.85306
NOK 11.747011
NPR 167.794826
NZD 2.030297
OMR 0.448917
PAB 1.163696
PEN 3.912766
PGK 4.968195
PHP 68.988663
PKR 325.947913
PLN 4.212022
PYG 7705.752061
QAR 4.236455
RON 5.088869
RSD 117.301003
RUB 92.244961
RWF 1697.125152
SAR 4.362907
SBD 9.459194
SCR 16.181379
SDG 699.826416
SEK 10.711646
SGD 1.497496
SHP 0.872898
SLE 28.068555
SLL 24397.211834
SOS 664.292418
SRD 44.433805
STD 24081.305655
STN 24.496033
SVC 10.18835
SYP 12867.390465
SZL 19.26588
THB 36.538555
TJS 10.840644
TMT 4.072116
TND 3.371134
TOP 2.801337
TRY 49.972192
TTD 7.90372
TWD 36.775047
TZS 2908.229015
UAH 50.224166
UGX 4189.764676
USD 1.163462
UYU 45.304821
UZS 14099.716564
VES 378.104839
VND 30564.135667
VUV 140.765522
WST 3.239095
XAF 655.850786
XAG 0.014558
XAU 0.000258
XCD 3.144314
XCG 2.09856
XDR 0.815668
XOF 655.850786
XPF 119.331742
YER 277.427836
ZAR 19.18319
ZMK 10472.554531
ZMW 22.560346
ZWL 374.634154
  • AEX

    23.1600

    988.17

    +2.4%

  • BEL20

    11.5000

    5240.44

    +0.22%

  • PX1

    118.7000

    8362.09

    +1.44%

  • ISEQ

    33.9200

    13080.06

    +0.26%

  • OSEBX

    13.3000

    1697.17

    +0.79%

  • PSI20

    33.9500

    8520.34

    +0.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.8200

    3995.37

    -0.27%

  • N150

    11.6300

    3887.93

    +0.3%

En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes
En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes / Photo: JOAQUIN SARMIENTO - AFP

En Colombie, le volcan interdit et ses anges gardiens indigènes

Emeraude, perroquet, olive, jusqu'au turquoise... Dans les montagnes andines du sud-ouest de la Colombie, le cratère d'un volcan abrite une "lagune" enchanteresse aux cinquante nuances de vert, trésor naturel un moment menacé par le tourisme de masse sur lequel veille désormais une communauté indigène.

Taille du texte:

L'ascension du volcan Azufral, qui culmine à 4.070 mètres dans le département du Narino, non loin du Pacifique, n'est pas simple affaire de trekking et de condition physique.

"Les ancêtres de la lagune n'aiment pas être dérangés (...) Il faut d'abord demander la permission à la nature", conte Jorge Arevalo, 41 ans.

Ce matin-là, ils sont une poignée, dont Jorge, membres de la "garde indigène" de la réserve, à accompagner une équipe de l'AFP pour cette visite exceptionnelle jusqu'au cratère.

Depuis sa fermeture au public par les indigènes autochtones Pastos, on ne monte à la "lagune verte", en fait des lacs de montagne, qu'avec l'autorisation expresse du gouverneur indigène local.

- Trésor caché -

Site comparable aux lacs bleus à la beauté légendaire de Band-e Amir en Afghanistan, la "lagune verte" est longtemps restée "l'un des secrets les mieux gardés" de Colombie, selon la presse, qui en parlait encore en 2011 comme d'un "trésor" caché.

Modernité -et tourisme- oblige, le trésor naturel n'est plus resté caché bien longtemps, et de plus en plus de visiteurs ont alors commencé à gravir les pentes herbeuses du volcan.

Saccagés par ce tourisme incontrôlé, l'accès au lac et aux 7.503 hectares de parc ont été décrétés fermés du jour au lendemain en septembre 2017 par les autorités indigènes, propriétaire de ces terres. Une décision finalement avalisée en 2018 par l'exécutif local.

"Il y avait des détritus partout", se souvient Jorge avec dégoût. "Des gens montaient jusqu'au cratère en moto. Un maire du coin a même tenté d'amener un bulldozer pour aménager une route!"

"Les dommages sur cet écosystème unique" assurant l'approvisionnement en eau de toutes les localités aux alentours "étaient terribles".

"Il y avait jusqu'à 1.500 personnes par jour, c'était très invasif", regrette Diego Fernando Bolaños, de la direction du tourisme du Narino. "La lagune verte est un joyau. Malheureusement il n'y a pas eu une bonne gestion du site", reconnaît le fonctionnaire.

- Chasser les intrus -

"En sept ans de fermeture, les dommages ont été réparés", se félicite Jorge. Les volontaires de la garde indigène patrouillent régulièrement pour repérer et chasser les intrus.

"Je ne savais pas que c'était interdit", s'étonne avec de gros yeux ronds Inga, Néerlandaise quadragénaire, montée la veille en solo et qui a bivouaqué à l'entrée du parc. "Là-haut c'est magnifique. Ils ont eu raison de fermer".

Avant l'ascension, les cinq membres de la garde indigène organisent un rituel en présence de leur taïta (chaman), Florentino Chasoy, pour louer le "cycle de la vie".

"Sans nos Dieux, sans la nature, l'eau, les montagnes... nous ne sommes rien", rappelle le chaman. Chacun demande "l'autorisation de monter" au sommet et "de contempler la beauté" du lac. S'excuse par avance du "dérangement" qu'il va causer "aux plantes, aux animaux", ou d'avoir à "perturber le silence" de ce "lieu sacré" pour les indigènes Pastos.

Une oraison à la "Pacha Mama", une prière à la Vierge Marie, un "nettoyage spirituel" à coups de parfum... et en route vers le sommet!

Après une ascension de près de deux heures, ce sont en fait trois lacs qui s'offrent au visiteur, au fond d'un cratère de 3 km de large.

La "laguna verde" tient toutes ses promesses, illuminant le regard au gré des rayons du soleil. Un autre étang stagne au pied d'une montagnette jaunâtre d'où s'échappent des fumerolles et une âcre odeur de soufre. Et plus loin, la "lagune noire" aux eaux sombres, réputée "ensorceler" ceux qui s'y attarderaient un peu trop, selon les guides.

On s'approche de l'eau sulfureuse. "Il ne faut pas s'y baigner", met en garde Jorge. Au début des années 2000, "deux plongeurs y ont trouvé la mort, leurs corps n'ont jamais été retrouvés". Ils voulaient explorer le fonds pour y récupérer l'or supposément jeté là en offrande pendant des siècles par les indigènes.

- "Merveilleux héritage" -

"Il ne faut pas déranger les ancêtres", répète-t-il, son traditionnel bâton à la main, protégé du froid par sa "ruana" (poncho) en laine de brebis. "Cette lagune est un héritage de nos anciens, c'est une merveille".

A l'initiative de l'UE, Jorge devrait être invité à la COP16 sur la biodiversité fin octobre à Cali pour y raconter l'expérience du volcan Azufral. "Le travail de protection et de récupération de la Laguna verde par la communauté indigène Pasto exprime très bien la connexion entre action locale et changement climatique", commente à l'AFP l'ambassadeur de l'UE en Colombie, Gilles Bertrand.

"Les Pastos protègent un site sacré essentiel pour leur culture, mais aussi un écosystème de haute montagne indispensable pour la conservation de l'eau et le cycle des saisons de l'Amazonie, duquel dépend l'équilibre climatique de l'Europe et du monde", souligne M. Bertrand, qui lui-même a pu visiter la lagune en août.

Que faire maintenant? Tout le monde semble d'accord pour ne pas revenir à la situation d'avant, y compris le département, dont certains fonctionnaires -comme guides ou à la tête de tours opérateur- étaient eux-mêmes partie prenante de l'invasion touristique.

Des indigènes voient dans ce lieu emblématique une source inespérée de revenus, alors que la communauté vit modestement de la culture des pommes de terre et du lait.

Il faudrait "rouvrir progressivement" avec des accès payants, sur un modèle plus "durable", plaide M. Bolaños.

"Nous ne nous opposons pas à ce que des gens visitent le site, nous nous opposons à un tourisme incontrôlé", insiste pour sa part Jorge. "Personne ne faisait rien", martèle-t-il, "nous sommes les seuls à avoir agi contre cette folie".

Y.Mori--JT