The Japan Times - Les usines clandestines de cigarettes, machine à cash des organisations criminelles

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Les usines clandestines de cigarettes, machine à cash des organisations criminelles
Les usines clandestines de cigarettes, machine à cash des organisations criminelles / Photo: John THYS - AFP/Archives

Les usines clandestines de cigarettes, machine à cash des organisations criminelles

Un entrepôt tout ce qu'il y a de plus banal: aucune fenêtre, quelques coups de peinture sur les murs et d'imposantes machines-outils. Seuls des sacs de tabac et de filtres trahissent sa raison sociale: la fabrication de cigarettes de contrebande.

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C'est ici à Poincy, une commune de 750 âmes en Seine-et-Marne, que la douane a démantelé en décembre 2021, pour la première fois sur le territoire français, une usine clandestine de production de cigarettes.

L'endroit est discret, relié aux grands axes routiers et proche de Paris. Les douaniers y ont découvert des machines en parfait état: soufflerie, brassage, broyage et empaquetage sous "blister".

Tout autour, des sacs poubelles remplis de chutes de tabac, des bobines à papiers, des bidons de colle témoignent de l'activité passée. Sur des palettes éventrées, des piles de planches cartonnées noires et blanches: les patrons des paquets barrés du message "Fumer Tue".

Depuis cette "première", deux autres ateliers clandestins ont été mis au jour: un site de conditionnement à La Longueville (Nord) et un lieu de stockage à Poincy, encore.

Le trafic est en plein essor: plus de 284 tonnes de tabac de contrebande ont été saisies en 2020 en France, 402 tonnes en 2021 et déjà plus de 600 tonnes, dont plus de deux tiers de cigarettes, sur les dix premiers mois de 2022.

Les profits générés suscitent l'appétit d'organisations criminelles souvent spécialisées dans les stupéfiants, qui cherchent à se diversifier.

"Le coût de fabrication est d'un euro par paquet, le reste c'est de la marge", rappelle le magistrat Christophe Perruaux, directeur du service d'enquêtes judiciaires des finances (SEJF), en charge des deux affaires de Poincy.

- 7 millions en trois mois -

Des organisations criminelles originaires d'Europe de l'Est, des pays baltes aux Balkans, ont la mainmise sur le trafic de tabac. Auparavant établies en Ukraine puis en Pologne, les usines ont commencé à prendre racine plus près de nos frontières, en Belgique notamment.

Elles s'installent désormais en France, où le marché noir représente environ 30% du tabac qui circule, avec la volonté de rapprocher production et consommation pour optimiser les coûts de transport.

"Une usine clandestine fonctionne pendant maximum trois mois", souligne le patron du renseignement douanier, Florian Colas. De ses lignes de production sortent en moyenne 700 paquets à la minute, 4.200 cartouches de l'heure.

"Chaque machine coûtant entre 50.000 et 200.000 euros, vous les rentabilisez en quelques jours et les taux de marge sont stupéfiants", poursuit M. Colas.

Les organisations importent généralement de vieilles machines mises au rebut de Pologne, de Bulgarie ou de Moldavie, où se trouvent de nombreuses usines légales de tabac.

En fonctionnant huit heures par jour, les renseignements douaniers estiment que ces usines rapportent de 80.000 à 120.000 euros la journée à leurs exploitants, soit 7 millions d'euros pour trois mois.

Le démantèlement d'une deuxième usine en septembre à Poincy a pour origine un renseignement douanier sur un déchargement dans la zone industrielle, sur le site d'une entreprise d'isolation.

Les brigades d'Aulnay-sous-Bois et de Rungis s'y rendent à l'aube et tombent sur quatre personnes en train de décharger d'un camion de larges caisses en bois. A l'intérieur, des machines destinées à la confection de cigarettes.

- Trafic "lucratif" -

L'entrepôt, situé dans une impasse, n'a aucune fenêtre, seulement de la tôle au plafond. Au vu de son isolation, il a été réhabilité récemment. "De l'extérieur, on ne voit rien de ce qui peut se passer", commente sous couvert d'anonymat une douanière présente lors de l'opération.

Les deux chauffeurs du camion et deux ouvriers - tous Moldaves - sont placés en garde à vue et les machines-outils placées sous scellés. Leur valeur est estimée entre 900.000 et 1,8 million d'euros, selon le SEJF.

Une perte sèche pour les trafiquants, qui, signe de l'importance capitale de ces engins, sont parvenus à les récupérer après le démantèlement de l'atelier... avant que les douaniers finissent par remettre la main dessus.

"Cela montre qu'ils ont la capacité de mobiliser plusieurs poids lourds, des chariots élévateurs pour récupérer ces machines en quelques heures-jours", alerte Christophe Perruaux.

A chaque fois, les autorités interpellent des petites mains, souvent originaires d'Europe de l'Est, sans parvenir à mettre la main sur les têtes de réseaux.

"Le tabac est plus lucratif et les peines prononcées sont moins sévères. Derrière, il y a une grande difficulté à remonter les filières, on va essentiellement interpeller des chauffeurs ou des ouvriers clandestins", déplore M. Colas.

S'il reconnaît que le trafic de tabac n'a pas toujours été une priorité, le patron du SEJF réclame un renforcement de la coopération internationale policière, douanière et judiciaire. "Ces organisations font de la traite d'êtres humains, du trafic de stupéfiants, avec une importante capacité à corrompre", affirme Christophe Perruaux.

Et leurs méthodes imprègnent déjà le trafic: "aujourd’hui il y a des règlements de comptes pour des marchés de tabac clandestin, comme à Marseille".

K.Hashimoto--JT