The Japan Times - France 2026: Perspectives

EUR -
AED 4.242245
AFN 75.654532
ALL 93.325519
AMD 422.942357
AOA 1059.262039
ARS 1728.414775
AUD 1.636649
AWG 2.079249
AZN 1.966445
BAM 1.956746
BBD 2.325324
BDT 142.909084
BHD 0.435409
BIF 3445.050474
BMD 1.155138
BND 1.480416
BOB 14.021475
BRL 5.929904
BSD 1.154558
BTN 109.759584
BWP 15.656501
BYN 3.414651
BYR 22640.712839
BZD 2.321972
CAD 1.619464
CDF 2610.61251
CHF 0.932426
CLF 0.026751
CLP 1056.327434
CNY 7.801285
CNH 7.794025
COP 3684.972388
CRC 523.553093
CUC 1.155138
CUP 30.611168
CVE 110.318329
CZK 24.185945
DJF 205.581372
DKK 7.475951
DOP 67.33255
DZD 153.427453
EGP 57.552814
ERN 17.327076
ETB 186.341747
FJD 2.553022
FKP 0.858526
GBP 0.85735
GEL 3.015253
GGP 0.858526
GHS 13.536016
GIP 0.858526
GMD 85.480763
GNF 10140.902255
GTQ 8.806257
GYD 241.50734
HKD 9.060848
HNL 30.944959
HRK 7.535202
HTG 150.952973
HUF 361.642075
IDR 20621.530898
ILS 3.469747
IMP 0.858526
INR 109.753455
IQD 1512.43113
IRR 1588459.705816
ISK 141.815708
JEP 0.858526
JMD 183.468691
JOD 0.818964
JPY 181.916396
KES 149.440027
KGS 101.0169
KHR 4679.241757
KMF 494.399724
KRW 1643.149575
KWD 0.357204
KYD 0.962161
KZT 541.779559
LAK 26098.051339
LBP 103385.040277
LKR 387.427288
LRD 208.389837
LSL 18.940556
LTL 3.410824
LVL 0.698732
LYD 7.348552
MAD 10.760502
MDL 20.05961
MGA 4914.26927
MKD 61.559759
MMK 2424.984769
MNT 4156.41639
MOP 9.327369
MRU 46.29638
MUR 54.279962
MVR 17.8581
MWK 2001.889755
MXN 19.879863
MYR 4.729249
MZN 73.808421
NAD 18.940556
NGN 1573.448369
NIO 42.490541
NOK 10.989496
NPR 175.616656
NZD 1.963302
OMR 0.444142
PAB 1.154533
PEN 3.908289
PGK 5.176502
PHP 70.003118
PKR 320.581474
PLN 4.299373
PYG 6885.328464
QAR 4.22094
RON 5.247563
RSD 117.352814
RUB 93.537754
RWF 1696.012535
SAR 4.33469
SBD 9.323758
SCR 15.493821
SDG 693.672599
SEK 10.949522
SGD 1.479507
SLE 27.607866
SOS 659.821823
SRD 43.511783
STD 23909.032875
STN 24.511849
SVC 10.101883
SZL 18.925231
THB 38.212042
TJS 10.656021
TMT 4.054536
TND 3.387638
TRY 54.956167
TTD 7.831786
TWD 37.301841
TZS 3061.11446
UAH 51.665276
UGX 4306.08162
USD 1.155138
UYU 46.422441
UZS 13724.634681
VES 871.218385
VND 30323.538404
VUV 138.112979
WST 3.161328
XAF 656.27141
XAG 0.018521
XAU 0.000272
XCD 3.121819
XCG 2.080715
XDR 0.817207
XOF 656.274252
XPF 119.331742
YER 275.327055
ZAR 18.833613
ZMK 10397.632497
ZMW 22.039177
ZWL 371.954097
  • AEX

    -1.1100

    1111.34

    -0.1%

  • BEL20

    69.0500

    5775.95

    +1.21%

  • PX1

    2.6000

    8669.3

    +0.03%

  • ISEQ

    216.6500

    14016.28

    +1.57%

  • OSEBX

    -5.6500

    2013.36

    -0.28%

  • PSI20

    7.3400

    9176.1

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    87.6700

    4302.47

    +2.08%

  • N150

    7.3200

    4311.78

    +0.17%


France 2026: Perspectives




Après les élections législatives anticipées de 2024, l’Assemblée nationale est restée sans majorité claire. Cette fragmentation a entraîné une succession de gouvernements minoritaires en 2025. Michel Barnier puis François Bayrou ont tenté de diriger le pays, mais Bayrou a été renversé début septembre lors d’un vote de confiance (364 voix contre 194) après avoir présenté un plan d’économies drastiques. Dans son plaidoyer avant le vote, il a défendu la nécessité de réduire la dette publique en expliquant que la soumission à la dette était « comme une soumission par la force » et faisait perdre la liberté du pays. Après cette chute, Emmanuel Macron a remercié son gouvernement et a rappelé Sébastien Lecornu. Ce dernier, investi pour la seconde fois à Matignon, a promis de mettre fin à la crise en présentant rapidement un budget 2026 et en suspendant la réforme des retraites jusqu’en 2028 afin d’obtenir le soutien des députés socialistes.

Budget, austérité et mobilisation sociale
Le déficit public atteignait environ 5,8 % du PIB en 2024, un niveau proche du double du plafond européen. Pour 2025, les prévisions annonçaient une dette sociale dépassant 23 milliards d’euros et un déficit social pouvant grimper à 30 milliards en 2026. Face à ces chiffres, le gouvernement a présenté un projet de loi de financement de la sécurité sociale avec des économies et des mesures pour geler l’âge légal de départ à la retraite. Ce texte a été adopté le 9 décembre de justesse, par 247 voix contre 234, grâce au soutien du Parti socialiste, au prix de concessions qui ont fâché les Républicains et une partie de la majorité présidentielle. 

Ces politiques d’austérité ont provoqué une contestation d’ampleur. Le 18 septembre, les syndicats ont organisé 260 manifestations et une grève générale pour dénoncer les coupes budgétaires, entraînant la fermeture de neuf pharmacies sur dix, des perturbations dans les écoles et une baisse temporaire de la production d’électricité. Deux semaines plus tard, plus de 80 000 personnes ont encore défilé à travers la France pour exiger le retrait des coupes et un partage plus équitable de l’effort.

Montée de l’extrême droite et incertitude électorale
Dans ce contexte de blocage, l’extrême droite a progressé. Un sondage OpinionWay publié début octobre plaçait le Rassemblement National et ses alliés autour de 35 % des intentions de vote pour de possibles élections législatives, dix points devant une alliance de gauche fragmentée. L’effondrement des alliances traditionnelles et la succession des gouvernements minoritaires ont renforcé l’idée d’un pays ingouvernable. Marine Le Pen, fragilisée par une condamnation qui lui vaut une interdiction de candidature, a désigné son protégé de 30 ans, Jordan Bardella, comme figure de relève. À la faveur de la crise, Bardella apparaît désormais comme favori pour la présidentielle de 2027, selon certains sondages.

Face à cette percée, Emmanuel Macron a promis dans son adresse du Nouvel An de rester « au travail jusqu’à la dernière seconde » de son mandat et de garantir que la présidentielle se déroulera sans ingérence extérieure. Il souhaite faire de 2026 une « année utile », marquée par l’adoption d’un budget, la protection de la jeunesse contre les réseaux sociaux et l’examen d’un projet de loi visant à interdire l’accès des moins de 15 ans aux plateformes de partage dès septembre 2026.

État de droit et affaires judiciaires
L’actualité de 2025 a aussi été marquée par la confirmation de la condamnation de l’ancien président Nicolas Sarkozy pour financement illégal de sa campagne de 2012. Le 26 novembre, la Cour de cassation a confirmé la peine d’un an de prison aménageable, dont six mois avec sursis, prononcée en 2021 et en 2024, estimant que le dépassement du plafond légal avait été établi. L’ancien chef de l’État, qui avait déjà été incarcéré brièvement dans un autre dossier, a annoncé vouloir saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Cette décision judiciaire renforce la défiance envers les anciennes élites et nourrit les discours populistes.

Leadership international et soutien accru à l’Ukraine
Malgré les turbulences internes, la France a affirmé son rôle de puissance d’équilibre en Europe. En mars 2025, Emmanuel Macron a annoncé une aide militaire supplémentaire de deux milliards d’euros pour l’Ukraine comprenant missiles antichars et antiaériens, véhicules blindés, drones et avions de chasse Mirage. Il a également insisté sur le maintien des sanctions contre Moscou et dénoncé les tentatives russes de réinterpréter les accords de cessez-le-feu. Au début de septembre, une conférence à Paris a réuni 26 pays qui ont promis d’accorder à l’Ukraine des garanties de sécurité post‑conflit, certaines nations offrant de former et équiper les forces ukrainiennes, tandis que la France et le Royaume‑Uni se disent prêts à déployer des troupes une fois la guerre terminée.

Le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a rappelé que ce soutien transcende les clivages partisans et que les crédits de défense resteront sanctuarisés. En novembre, l’Union européenne a conclu un accord pour fournir 90 milliards d’euros d’assistance financière à Kiev sur la période 2026‑2027, et un groupe de travail dirigé par la France et le Royaume‑Uni a été créé pour utiliser les avoirs russes gelés afin d’assurer le financement à long terme. Les dirigeants français, allemand et britannique ont aussi réaffirmé leur soutien indéfectible au président Zelenskyy.

Perspectives pour 2026 : un tournant pour l’Europe et la France
La fin de l’année 2025 a montré que l’Ukraine demeurait au cœur des préoccupations européennes. Volodymyr Zelenskyy a annoncé qu’une réunion des conseillers nationaux de sécurité de la « coalition de la volonté » se tiendrait à Kiev le 3 janvier 2026, avant un sommet des dirigeants à Paris le 6 janvier. Emmanuel Macron a confirmé que cette réunion déboucherait sur des engagements concrets de protection pour l’Ukraine, incluant des garanties sécuritaires, une force de maintien de la paix européenne et l’éventualité d’un recours à la force en cas de nouvelle agression. Lors de son discours du Nouvel An, il a appelé à accélérer l’édification d’une défense européenne et à renforcer l’indépendance du continent.

Sur le plan intérieur, 2026 s’annonce déterminante. Le gouvernement Lecornu doit faire adopter un budget de l’État qui rétablisse la confiance sans briser le filet social. La prolongation du gel de la réforme des retraites et la proposition d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs traduisent la volonté de désamorcer la colère sociale et de protéger la jeunesse. En même temps, la majorité présidentielle tente d’éviter une dissolution de l’Assemblée qui pourrait offrir une victoire à l’extrême droite. 

Conclusion : tenir bon pour l’Ukraine et pour la France
Le bilan politique de 2025 est celui d’une République bousculée par l’instabilité, les restrictions budgétaires et la montée des extrêmes. Pourtant, la France continue de jouer un rôle central dans la défense de l’ordre international et dans le soutien à l’Ukraine. L’année 2026 sera cruciale : elle devra être celle du compromis budgétaire et de l’unité nationale tout en consolidant l’aide à Kiev. C’est à ce prix que la France pourra se projeter sereinement vers 2027 et maintenir sa crédibilité internationale.