The Japan Times - France 2026: Perspectives

EUR -
AED 4.317045
AFN 75.232464
ALL 95.657027
AMD 434.937004
ANG 2.10402
AOA 1079.113872
ARS 1631.322155
AUD 1.623414
AWG 2.11738
AZN 1.998814
BAM 1.95074
BBD 2.375816
BDT 144.544444
BGN 1.960864
BHD 0.445766
BIF 3514.09497
BMD 1.175506
BND 1.49339
BOB 8.12489
BRL 5.806528
BSD 1.179603
BTN 111.252942
BWP 15.78441
BYN 3.320572
BYR 23039.91352
BZD 2.372414
CAD 1.602991
CDF 2722.471158
CHF 0.915402
CLF 0.026782
CLP 1054.063836
CNY 8.006664
CNH 7.99853
COP 4380.88674
CRC 538.220867
CUC 1.175506
CUP 31.150903
CVE 110.438716
CZK 24.331792
DJF 210.055227
DKK 7.472655
DOP 70.281899
DZD 155.388053
EGP 61.950805
ERN 17.632587
ETB 184.186288
FJD 2.567246
FKP 0.865904
GBP 0.864173
GEL 3.150186
GGP 0.865904
GHS 13.224607
GIP 0.865904
GMD 86.401505
GNF 10353.172167
GTQ 8.975679
GYD 245.960942
HKD 9.205909
HNL 31.359829
HRK 7.534402
HTG 154.382037
HUF 358.292404
IDR 20410.130738
ILS 3.413204
IMP 0.865904
INR 111.188386
IQD 1539.912587
IRR 1543439.104774
ISK 143.811269
JEP 0.865904
JMD 185.860803
JOD 0.83341
JPY 183.761532
KES 151.852359
KGS 102.763301
KHR 4727.818546
KMF 492.536541
KPW 1057.959322
KRW 1705.717776
KWD 0.361974
KYD 0.979854
KZT 544.495288
LAK 25825.862032
LBP 105240.670453
LKR 376.421978
LRD 215.793445
LSL 19.436959
LTL 3.470963
LVL 0.711051
LYD 7.466451
MAD 10.812889
MDL 20.212484
MGA 4914.930094
MKD 61.647401
MMK 2468.032299
MNT 4207.89875
MOP 9.490043
MRU 47.080067
MUR 54.990178
MVR 18.167414
MWK 2045.419401
MXN 20.265661
MYR 4.597994
MZN 75.126645
NAD 19.436988
NGN 1599.310676
NIO 43.405877
NOK 10.931851
NPR 178.574219
NZD 1.972405
OMR 0.451905
PAB 1.175845
PEN 4.070188
PGK 5.12908
PHP 71.435206
PKR 328.682326
PLN 4.231251
PYG 7219.303874
QAR 4.283585
RON 5.266503
RSD 117.384835
RUB 87.866818
RWF 1724.928337
SAR 4.417813
SBD 9.426889
SCR 16.389771
SDG 705.897818
SEK 10.859946
SGD 1.489648
SHP 0.877634
SLE 28.976371
SLL 24649.764195
SOS 674.101874
SRD 43.976808
STD 24330.596554
STN 24.514719
SVC 10.288269
SYP 130.72059
SZL 19.22336
THB 37.971775
TJS 10.98825
TMT 4.120148
TND 3.376635
TOP 2.830336
TRY 53.173057
TTD 7.968297
TWD 36.847995
TZS 3047.126127
UAH 51.718132
UGX 4421.511994
USD 1.175506
UYU 47.247442
UZS 14194.232226
VES 580.107918
VND 30928.732889
VUV 139.004061
WST 3.200415
XAF 656.34829
XAG 0.015092
XAU 0.00025
XCD 3.176863
XCG 2.119194
XDR 0.816287
XOF 656.34829
XPF 119.331742
YER 280.505047
ZAR 19.248143
ZMK 10580.986328
ZMW 22.324309
ZWL 378.512385
  • AEX

    16.9400

    1031.44

    +1.67%

  • BEL20

    114.7900

    5555.15

    +2.11%

  • PX1

    237.0300

    8299.42

    +2.94%

  • ISEQ

    528.6200

    12937.6

    +4.26%

  • OSEBX

    -32.3400

    2001.32

    -1.59%

  • PSI20

    103.5400

    9266.81

    +1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    89.9300

    4086.79

    +2.25%

  • N150

    70.6800

    4252.9

    +1.69%


France 2026: Perspectives




Après les élections législatives anticipées de 2024, l’Assemblée nationale est restée sans majorité claire. Cette fragmentation a entraîné une succession de gouvernements minoritaires en 2025. Michel Barnier puis François Bayrou ont tenté de diriger le pays, mais Bayrou a été renversé début septembre lors d’un vote de confiance (364 voix contre 194) après avoir présenté un plan d’économies drastiques. Dans son plaidoyer avant le vote, il a défendu la nécessité de réduire la dette publique en expliquant que la soumission à la dette était « comme une soumission par la force » et faisait perdre la liberté du pays. Après cette chute, Emmanuel Macron a remercié son gouvernement et a rappelé Sébastien Lecornu. Ce dernier, investi pour la seconde fois à Matignon, a promis de mettre fin à la crise en présentant rapidement un budget 2026 et en suspendant la réforme des retraites jusqu’en 2028 afin d’obtenir le soutien des députés socialistes.

Budget, austérité et mobilisation sociale
Le déficit public atteignait environ 5,8 % du PIB en 2024, un niveau proche du double du plafond européen. Pour 2025, les prévisions annonçaient une dette sociale dépassant 23 milliards d’euros et un déficit social pouvant grimper à 30 milliards en 2026. Face à ces chiffres, le gouvernement a présenté un projet de loi de financement de la sécurité sociale avec des économies et des mesures pour geler l’âge légal de départ à la retraite. Ce texte a été adopté le 9 décembre de justesse, par 247 voix contre 234, grâce au soutien du Parti socialiste, au prix de concessions qui ont fâché les Républicains et une partie de la majorité présidentielle. 

Ces politiques d’austérité ont provoqué une contestation d’ampleur. Le 18 septembre, les syndicats ont organisé 260 manifestations et une grève générale pour dénoncer les coupes budgétaires, entraînant la fermeture de neuf pharmacies sur dix, des perturbations dans les écoles et une baisse temporaire de la production d’électricité. Deux semaines plus tard, plus de 80 000 personnes ont encore défilé à travers la France pour exiger le retrait des coupes et un partage plus équitable de l’effort.

Montée de l’extrême droite et incertitude électorale
Dans ce contexte de blocage, l’extrême droite a progressé. Un sondage OpinionWay publié début octobre plaçait le Rassemblement National et ses alliés autour de 35 % des intentions de vote pour de possibles élections législatives, dix points devant une alliance de gauche fragmentée. L’effondrement des alliances traditionnelles et la succession des gouvernements minoritaires ont renforcé l’idée d’un pays ingouvernable. Marine Le Pen, fragilisée par une condamnation qui lui vaut une interdiction de candidature, a désigné son protégé de 30 ans, Jordan Bardella, comme figure de relève. À la faveur de la crise, Bardella apparaît désormais comme favori pour la présidentielle de 2027, selon certains sondages.

Face à cette percée, Emmanuel Macron a promis dans son adresse du Nouvel An de rester « au travail jusqu’à la dernière seconde » de son mandat et de garantir que la présidentielle se déroulera sans ingérence extérieure. Il souhaite faire de 2026 une « année utile », marquée par l’adoption d’un budget, la protection de la jeunesse contre les réseaux sociaux et l’examen d’un projet de loi visant à interdire l’accès des moins de 15 ans aux plateformes de partage dès septembre 2026.

État de droit et affaires judiciaires
L’actualité de 2025 a aussi été marquée par la confirmation de la condamnation de l’ancien président Nicolas Sarkozy pour financement illégal de sa campagne de 2012. Le 26 novembre, la Cour de cassation a confirmé la peine d’un an de prison aménageable, dont six mois avec sursis, prononcée en 2021 et en 2024, estimant que le dépassement du plafond légal avait été établi. L’ancien chef de l’État, qui avait déjà été incarcéré brièvement dans un autre dossier, a annoncé vouloir saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Cette décision judiciaire renforce la défiance envers les anciennes élites et nourrit les discours populistes.

Leadership international et soutien accru à l’Ukraine
Malgré les turbulences internes, la France a affirmé son rôle de puissance d’équilibre en Europe. En mars 2025, Emmanuel Macron a annoncé une aide militaire supplémentaire de deux milliards d’euros pour l’Ukraine comprenant missiles antichars et antiaériens, véhicules blindés, drones et avions de chasse Mirage. Il a également insisté sur le maintien des sanctions contre Moscou et dénoncé les tentatives russes de réinterpréter les accords de cessez-le-feu. Au début de septembre, une conférence à Paris a réuni 26 pays qui ont promis d’accorder à l’Ukraine des garanties de sécurité post‑conflit, certaines nations offrant de former et équiper les forces ukrainiennes, tandis que la France et le Royaume‑Uni se disent prêts à déployer des troupes une fois la guerre terminée.

Le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a rappelé que ce soutien transcende les clivages partisans et que les crédits de défense resteront sanctuarisés. En novembre, l’Union européenne a conclu un accord pour fournir 90 milliards d’euros d’assistance financière à Kiev sur la période 2026‑2027, et un groupe de travail dirigé par la France et le Royaume‑Uni a été créé pour utiliser les avoirs russes gelés afin d’assurer le financement à long terme. Les dirigeants français, allemand et britannique ont aussi réaffirmé leur soutien indéfectible au président Zelenskyy.

Perspectives pour 2026 : un tournant pour l’Europe et la France
La fin de l’année 2025 a montré que l’Ukraine demeurait au cœur des préoccupations européennes. Volodymyr Zelenskyy a annoncé qu’une réunion des conseillers nationaux de sécurité de la « coalition de la volonté » se tiendrait à Kiev le 3 janvier 2026, avant un sommet des dirigeants à Paris le 6 janvier. Emmanuel Macron a confirmé que cette réunion déboucherait sur des engagements concrets de protection pour l’Ukraine, incluant des garanties sécuritaires, une force de maintien de la paix européenne et l’éventualité d’un recours à la force en cas de nouvelle agression. Lors de son discours du Nouvel An, il a appelé à accélérer l’édification d’une défense européenne et à renforcer l’indépendance du continent.

Sur le plan intérieur, 2026 s’annonce déterminante. Le gouvernement Lecornu doit faire adopter un budget de l’État qui rétablisse la confiance sans briser le filet social. La prolongation du gel de la réforme des retraites et la proposition d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs traduisent la volonté de désamorcer la colère sociale et de protéger la jeunesse. En même temps, la majorité présidentielle tente d’éviter une dissolution de l’Assemblée qui pourrait offrir une victoire à l’extrême droite. 

Conclusion : tenir bon pour l’Ukraine et pour la France
Le bilan politique de 2025 est celui d’une République bousculée par l’instabilité, les restrictions budgétaires et la montée des extrêmes. Pourtant, la France continue de jouer un rôle central dans la défense de l’ordre international et dans le soutien à l’Ukraine. L’année 2026 sera cruciale : elle devra être celle du compromis budgétaire et de l’unité nationale tout en consolidant l’aide à Kiev. C’est à ce prix que la France pourra se projeter sereinement vers 2027 et maintenir sa crédibilité internationale.