The Japan Times - France bloquée: qui gouverne?

EUR -
AED 4.244219
AFN 76.265188
ALL 93.244792
AMD 423.087628
AOA 1060.780519
ARS 1728.896998
AUD 1.637965
AWG 2.08285
AZN 1.966679
BAM 1.957416
BBD 2.326121
BDT 142.958042
BHD 0.435755
BIF 3457.935899
BMD 1.155534
BND 1.480923
BOB 14.026278
BRL 5.937709
BSD 1.154954
BTN 109.797185
BWP 15.661864
BYN 3.41582
BYR 22648.469045
BZD 2.322768
CAD 1.619538
CDF 2612.662718
CHF 0.93298
CLF 0.026749
CLP 1056.216215
CNY 7.799522
CNH 7.797857
COP 3676.909617
CRC 523.732451
CUC 1.155534
CUP 30.621655
CVE 110.582239
CZK 24.19053
DJF 205.360973
DKK 7.475959
DOP 67.310099
DZD 153.620497
EGP 57.544214
ERN 17.333012
ETB 184.827242
FJD 2.554311
FKP 0.85882
GBP 0.858273
GEL 3.021745
GGP 0.85882
GHS 13.548654
GIP 0.85882
GMD 84.92773
GNF 10148.480495
GTQ 8.809274
GYD 241.590075
HKD 9.063634
HNL 31.037372
HRK 7.535927
HTG 151.004686
HUF 361.716561
IDR 20669.039071
ILS 3.470936
IMP 0.85882
INR 109.868418
IQD 1514.327484
IRR 1588628.329042
ISK 141.829705
JEP 0.85882
JMD 183.531544
JOD 0.819316
JPY 182.269373
KES 149.514917
KGS 101.051106
KHR 4682.834137
KMF 493.413562
KRW 1643.262353
KWD 0.357314
KYD 0.962491
KZT 541.96516
LAK 26120.848953
LBP 103478.082403
LKR 387.560012
LRD 209.441022
LSL 18.846883
LTL 3.411992
LVL 0.698971
LYD 7.354989
MAD 10.762356
MDL 20.066482
MGA 4971.689885
MKD 61.580848
MMK 2425.815515
MNT 4157.840286
MOP 9.330564
MRU 46.313079
MUR 54.275184
MVR 17.852777
MWK 2007.163293
MXN 19.914358
MYR 4.729712
MZN 73.850081
NAD 18.858114
NGN 1574.438557
NIO 42.505097
NOK 10.997473
NPR 175.676818
NZD 1.963871
OMR 0.444323
PAB 1.154929
PEN 3.911502
PGK 5.111508
PHP 70.048576
PKR 321.005917
PLN 4.301765
PYG 6887.687225
QAR 4.212788
RON 5.246475
RSD 117.367701
RUB 93.546225
RWF 1694.013042
SAR 4.336175
SBD 9.323252
SCR 16.772614
SDG 693.894165
SEK 10.964627
SGD 1.480354
SLE 28.428172
SOS 693.902783
SRD 43.526662
STD 23917.223579
STN 24.843984
SVC 10.105344
SZL 18.847158
THB 38.225186
TJS 10.659671
TMT 4.044369
TND 3.367256
TRY 54.967715
TTD 7.834469
TWD 37.291284
TZS 3061.985185
UAH 51.682975
UGX 4307.556788
USD 1.155534
UYU 46.438345
UZS 13791.299416
VES 871.516844
VND 30333.926576
VUV 138.160293
WST 3.162411
XAF 656.496234
XAG 0.018625
XAU 0.000272
XCD 3.122889
XCG 2.081428
XDR 0.817487
XOF 656.92
XPF 119.331742
YER 273.717152
ZAR 18.869562
ZMK 10401.194575
ZMW 22.046727
ZWL 372.08152
  • AEX

    -1.1100

    1111.34

    -0.1%

  • BEL20

    69.0500

    5775.95

    +1.21%

  • PX1

    2.6000

    8669.3

    +0.03%

  • ISEQ

    216.6500

    14016.28

    +1.57%

  • OSEBX

    -5.6500

    2013.36

    -0.28%

  • PSI20

    7.3400

    9176.1

    +0.08%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    87.6700

    4302.47

    +2.08%

  • N150

    7.3200

    4311.78

    +0.17%


France bloquée: qui gouverne?




La France s’est réveillée le 10 septembre 2025 avec des opérations escargot, des barrages filtrants et des voies ferrées ralenties. Sous la bannière « Bloquons tout », la colère sociale a convergé avec la crise institutionnelle : deux jours plus tôt, le gouvernement avait été renversé à l’Assemblée nationale. Dès le lendemain, un nouveau chef du gouvernement était nommé, missionné pour arracher un budget et une majorité introuvables. Blocage social, blocage parlementaire, blocage budgétaire : le pays avance au pas de charge sur une ligne de crête.

D’où vient l’impasse ?
La séquence s’est ouverte lorsque l’exécutif a provoqué des législatives anticipées à l’été 2024. Le scrutin des 30 juin et 7 juillet a débouché sur une Assemblée sans majorité, structurée en trois blocs antagonistes. Après une phase de tractations avortées, un chef du gouvernement a été nommé à la rentrée 2024. Quelques mois plus tard, un nouveau cabinet a tenté d’imposer une trajectoire de redressement des comptes publics ; il a fini renversé par un vote de défiance le 8 septembre 2025. Le 9 septembre, un autre Premier ministre a pris la tête de l’exécutif : cinquième à occuper Matignon en moins de deux ans, il assume un double mandat – trouver des compromis parlementaires et ramener de la lisibilité économique avant la fin de l’année.

La stratégie Macron : tenir le centre, passer le budget, contenir la rue
Le cap présidentiel repose sur trois leviers. D’abord, tenir le cœur de l’échiquier en privilégiant un profil loyal et « transversal » à Matignon, supposé parler à droite modérée tout en négociant au cas par cas avec des sociaux‑démocrates. Ensuite, sécuriser les comptes publics : l’exécutif veut ramener le déficit sur une trajectoire compatible avec les engagements européens, alors que le service de la dette pèse lourdement et que la croissance ralentit. Enfin, désamorcer la conflictualité sociale : certaines mesures les plus clivantes annoncées au cœur de l’été – comme la suppression de jours fériés – sont déjà réévaluées, signe que la majorité cherche une voie praticable sans rallumer l’incendie.

Une rue mobilisée mais hétérogène
Le 10 septembre 2025, l’Intérieur a recensé environ 175 000 participants dans plus de 500 rassemblements et plus de 250 blocages, avec des centaines d’interpellations sur l’ensemble du territoire. Les chiffres revendiqués par les syndicats sont plus élevés. La sociologie du mouvement est composite : jeunesse précarisée, salariés du public et du privé, militants syndicaux et collectifs locaux. Son mot d’ordre – « bloquer » – agrège des colères multiples : pouvoir d’achat, réforme des retraites non digérée, crainte d’un « tour de vis » budgétaire, et rejet d’un système politique perçu comme sourd.

Ce que propose Matignon
Le nouveau Premier ministre promet un « changement de méthode » : audit des marges de manœuvre, consultations tous azimuts (groupes parlementaires, partenaires sociaux, collectivités) et priorité absolue au budget. Dans les faits, il doit bâtir une majorité de circonstance texte par texte, se reposer sur les outils constitutionnels à disposition pour les lois financières, et n’exclut pas d’amender fortement l’architecture des économies afin de rallier des voix hors de la coalition présidentielle. Reste une équation périlleuse : préserver la crédibilité financière du pays sans casser la demande, ni braquer des partenaires dont il a besoin.

La riposte des oppositions
La gauche réunie au sein d’une alliance réaffirme sa légitimité parlementaire et rappelle qu’elle avait proposé une personnalité « neutre » de la société civile pour Matignon après les législatives de 2024. Les socialistes, charnière potentielle, exigent des inflexions nettes : pouvoir d’achat, fiscalité plus progressive, services publics. La France insoumise annonce la menace de motions de censure si la « nouvelle méthode » ne s’incarne pas sur le fond. À l’autre pôle, le Rassemblement national réclame une dissolution et juge que tout « maquillage » de la ligne précédente sera voué à l’échec, tout en laissant planer l’idée d’un soutien conditionnel à des mesures de rigueur ciblées si elles croisent ses priorités. Les Républicains, enfin, sont partagés entre coopération pragmatique et opposition dure.

Les chiffres qui pèsent
La dette publique flirte avec environ 114 % du PIB et le déficit reste nettement au‑dessus du seuil de 3 % ; la charge d’intérêts pèse une part croissante du budget. Les agences de notation maintiennent une pression explicite : à défaut d’une trajectoire crédible et votée, le risque de dégradation plane, avec des conséquences sur le coût de financement et l’investissement. C’est dans ce contexte que l’exécutif entend recaler le budget 2026 – en le rendant votable – d’ici au 31 décembre.