The Japan Times - L'avenir incertain de la vanille de La Réunion

EUR -
AED 4.324651
AFN 75.365297
ALL 95.550796
AMD 434.855075
ANG 2.107727
AOA 1081.015811
ARS 1634.224485
AUD 1.622667
AWG 2.121111
AZN 1.991524
BAM 1.957899
BBD 2.372523
BDT 144.534924
BGN 1.964319
BHD 0.444864
BIF 3505.853663
BMD 1.177577
BND 1.491254
BOB 8.139586
BRL 5.810446
BSD 1.177953
BTN 111.026708
BWP 15.771637
BYN 3.328869
BYR 23080.513604
BZD 2.369099
CAD 1.605597
CDF 2727.268771
CHF 0.91476
CLF 0.026674
CLP 1049.856983
CNY 8.020774
CNH 8.004599
COP 4390.526028
CRC 540.370036
CUC 1.177577
CUP 31.205796
CVE 110.383318
CZK 24.280877
DJF 209.761277
DKK 7.472257
DOP 70.053006
DZD 155.746294
EGP 62.083031
ERN 17.663658
ETB 183.928126
FJD 2.568413
FKP 0.866075
GBP 0.864047
GEL 3.155654
GGP 0.866075
GHS 13.251979
GIP 0.866075
GMD 86.544915
GNF 10338.081211
GTQ 8.994412
GYD 246.44998
HKD 9.22179
HNL 31.315167
HRK 7.534614
HTG 154.280785
HUF 355.555253
IDR 20373.852353
ILS 3.41657
IMP 0.866075
INR 110.803893
IQD 1543.108167
IRR 1546158.895897
ISK 143.794412
JEP 0.866075
JMD 185.538876
JOD 0.834866
JPY 184.072962
KES 152.083906
KGS 102.944395
KHR 4724.98438
KMF 493.404987
KPW 1059.832346
KRW 1707.116028
KWD 0.362352
KYD 0.981636
KZT 545.508508
LAK 25850.269416
LBP 105485.876917
LKR 379.305297
LRD 216.158025
LSL 19.219301
LTL 3.47708
LVL 0.712304
LYD 7.450987
MAD 10.796573
MDL 20.266379
MGA 4891.159678
MKD 61.651399
MMK 2472.725463
MNT 4216.250791
MOP 9.501223
MRU 47.130518
MUR 55.016581
MVR 18.199494
MWK 2042.554688
MXN 20.263277
MYR 4.60465
MZN 75.259181
NAD 19.219137
NGN 1599.82131
NIO 43.346462
NOK 10.920751
NPR 177.645398
NZD 1.970334
OMR 0.452706
PAB 1.177943
PEN 4.080173
PGK 5.126495
PHP 70.996719
PKR 328.213306
PLN 4.225088
PYG 7209.727983
QAR 4.293702
RON 5.26295
RSD 117.397388
RUB 87.789829
RWF 1726.921728
SAR 4.425598
SBD 9.4435
SCR 16.166895
SDG 707.133817
SEK 10.839104
SGD 1.490413
SHP 0.87918
SLE 29.027313
SLL 24693.201099
SOS 673.210169
SRD 44.077877
STD 24373.471032
STN 24.526081
SVC 10.307048
SYP 130.179166
SZL 19.213023
THB 37.750736
TJS 11.008012
TMT 4.127408
TND 3.416862
TOP 2.835324
TRY 53.282988
TTD 7.968406
TWD 36.931528
TZS 3058.755817
UAH 51.581389
UGX 4405.684965
USD 1.177577
UYU 47.100486
UZS 14274.300376
VES 581.130162
VND 30982.056782
VUV 139.064452
WST 3.193015
XAF 656.649699
XAG 0.014398
XAU 0.000247
XCD 3.182461
XCG 2.122912
XDR 0.817725
XOF 656.660863
XPF 119.331742
YER 280.999422
ZAR 19.207285
ZMK 10599.608845
ZMW 22.439672
ZWL 379.179386
  • AEX

    -12.0700

    1019.42

    -1.17%

  • BEL20

    -85.5500

    5469.75

    -1.54%

  • PX1

    -97.1000

    8202.08

    -1.17%

  • ISEQ

    6.4700

    12943.75

    +0.05%

  • OSEBX

    -22.2200

    1979.14

    -1.11%

  • PSI20

    -132.5200

    9134.3

    -1.43%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.2800

    3998.61

    -2.16%

  • N150

    -54.0100

    4199.02

    -1.27%

L'avenir incertain de la vanille de La Réunion
L'avenir incertain de la vanille de La Réunion / Photo: Richard BOUHET - AFP

L'avenir incertain de la vanille de La Réunion

La culture moderne de la vanille est née à La Réunion, où a été découvert le procédé de fécondation à la main la rendant fertile. Mais sa production est en chute libre et la survie de la plante sur l'île en danger, la faute au dérèglement climatique.

Taille du texte:

"La récolte va être catastrophique": combattif mais contrarié, Bertand Côme, producteur et transformateur de vanille à Sainte-Suzanne, dans le nord-est de La Réunion, fait le tour de sa propriété où alternent, dans un décor idyllique, des plants de vanilliers grimpant le long d'arbres exotiques et des cultures sous ombrière.

Ingénieur agronome de formation, Bertrand Côme sort un graphique pour expliquer la gravité de la situation: l'évolution des températures sur l'île. "Depuis les années 2000, ça grimpe. En 2019 on était à +1,2°C par rapport à la norme. En 2023, on attend +2°C", dit-il à l'AFP.

Orchidée fragile et encore mystérieuse, la vanille n'a pas besoin d'engrais pour pousser, mais elle réclame des conditions météorologiques bien précises. En hiver, la fraîcheur et une relative sécheresse déclenchent sa floraison.

"Sa résilience au changement climatique est nulle (...). Maintenant, il pleut davantage et il fait plus chaud. Donc la vanille ne fleurit pas", regrette Bertrand Côme, selon qui la solution passe par des cultures en altitude - la vanille est cultivée sous les 700 mètres - et l'abandon du sud-est de l'île, prisé des producteurs mais devenu trop pluvieux.

- Nouvelle variété -

Etudier les effets du climat sur la vanille, c'est une des missions du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de La Réunion, qui abrite à Saint-Pierre (sud) la plus grande collection au monde de vanilliers.

Sous une vaste ombrière, Carine Charron guide le visiteur à travers une multitude de plants. La vanille produite à La Réunion est la Vanilla planifolia, qui représente plus de 95% de la production mondiale. Or, d'autres variétés sont plus tolérantes au changement climatique.

"En allant piocher dans cette diversité (...), on va proposer des variétés plus intéressantes pour les agriculteurs, plus résistantes aux maladies, aux périodes de sécheresse", explique-t-elle.

Après vingt ans de recherche, le Cirad a validé en décembre 2022 une nouvelle variété baptisée "Handa", résistante à un champignon qui s'attaque aux lianes de la vanille.

Le Cirad souhaite continuer sur cette lancée. L'idée n'est pas de remplacer les Planifolia actuelles mais de diversifier les variétés cultivées: ainsi, "on a moins de chance de tout perdre d'un coup quand un pathogène ou une période de sécheresse arrive", poursuit Carine Charron.

- La qualité d'abord -

Le prix de la vanille, deuxième épice la plus chère après le safran, est justifié par ses conditions de production. Quand un agriculteur se lance, il doit attendre trois ou quatre ans avant d'obtenir les premières fleurs.

Il doit ensuite féconder chaque fleur à la main, seul moyen fiable d'obtenir des gousses, selon un procédé découvert vers 1840 par un jeune esclave réunionnais, Edmond Albius.

La récolte a lieu sept à neuf mois plus tard, quand les gousses sont encore vertes et ne dégagent aucun parfum. Plusieurs procédés longs et chronophages - échaudage, étuvage et différentes étapes de séchage avant l'affinage - sont encore nécessaires pour obtenir les gousses noires à l'arôme si caractéristique.

Autant d'étapes lourdes en main-d'oeuvre qui expliquent la domination des mastodontes du secteur, Madagascar et l'Indonésie, qui fournissent plus de 80% de la production mondiale (environ 3.000 tonnes à elles deux). La Réunion, elle, ne produit plus qu'environ 20 tonnes de vanille verte par an.

"Pourtant, c'est encore ici qu'on innove", assène Louis Leichnig dans une forêt des hauteurs de Saint-Philippe (sud-est), où ses vanilliers poussent sur le tronc de palmiers. Lui s'est spécialisé dans la vanille givrée, selon un processus de cristallisation naturelle qu'il est un des rares à maîtriser et qui produit un arôme plus fort.

Amoureux de cette plante "robuste et fragile en même temps", qu'il faut bichonner pour qu'elle produise et dure dans le temps, il estime comme Bertrand Côme que la seule façon de sortir du lot pour La Réunion passe par la qualité.

Tous les deux s'échinent pour fournir grandes tables et épiceries fines hexagonales. "On fait monter en note, en réputation. On travaille pour faire en sorte que l'image de la vanille de La Réunion reste dans le haut du panier et que notre histoire ne meurt pas", souligne Louis Leichnig.

Y.Kimura--JT