The Japan Times - L'Afghanistan submergé par la pauvreté et la maladie

EUR -
AED 4.180966
AFN 72.281788
ALL 94.236629
AMD 419.464886
ANG 2.038011
AOA 1043.819048
ARS 1674.139709
AUD 1.645771
AWG 2.050358
AZN 1.938024
BAM 1.956569
BBD 2.297093
BDT 140.115077
BGN 1.924725
BHD 0.429183
BIF 3397.817884
BMD 1.138297
BND 1.477481
BOB 7.898105
BRL 5.91698
BSD 1.140543
BTN 107.984447
BWP 15.509096
BYN 3.203259
BYR 22310.629991
BZD 2.293802
CAD 1.616895
CDF 2582.796654
CHF 0.921679
CLF 0.026434
CLP 1040.369583
CNY 7.729612
CNH 7.735482
COP 3903.802483
CRC 517.396563
CUC 1.138297
CUP 30.164882
CVE 110.308361
CZK 24.214945
DJF 202.297724
DKK 7.475103
DOP 66.755361
DZD 152.103828
EGP 56.581581
ERN 17.074462
ETB 183.875471
FJD 2.553997
FKP 0.859276
GBP 0.862062
GEL 3.010836
GGP 0.859276
GHS 12.802032
GIP 0.859276
GMD 83.095791
GNF 9993.44542
GTQ 8.70142
GYD 238.613796
HKD 8.925334
HNL 30.514861
HRK 7.535648
HTG 149.118616
HUF 355.672343
IDR 20440.976432
ILS 3.410704
IMP 0.859276
INR 108.284533
IQD 1494.087304
IRR 1565158.992122
ISK 143.983202
JEP 0.859276
JMD 179.529782
JOD 0.807046
JPY 183.842978
KES 147.352771
KGS 99.544494
KHR 4577.377071
KMF 490.606213
KPW 1024.468102
KRW 1743.518623
KWD 0.351689
KYD 0.950474
KZT 554.788079
LAK 25256.928139
LBP 102133.84736
LKR 381.589998
LRD 207.571593
LSL 18.807593
LTL 3.361096
LVL 0.688544
LYD 7.318845
MAD 10.674696
MDL 20.078893
MGA 4764.873004
MKD 61.650549
MMK 2389.727291
MNT 4073.966585
MOP 9.210521
MRU 45.300414
MUR 54.593053
MVR 17.598261
MWK 1977.668706
MXN 19.986343
MYR 4.712889
MZN 72.737681
NAD 18.807593
NGN 1558.436413
NIO 41.966496
NOK 11.109465
NPR 172.774156
NZD 2.005811
OMR 0.437659
PAB 1.140548
PEN 3.860718
PGK 5.001988
PHP 70.050556
PKR 317.20809
PLN 4.280255
PYG 6952.702468
QAR 4.157634
RON 5.247437
RSD 117.380119
RUB 84.803037
RWF 1672.550109
SAR 4.274638
SBD 9.180415
SCR 15.236117
SDG 683.551122
SEK 11.087478
SGD 1.475465
SHP 0.849854
SLE 28.172588
SLL 23869.532518
SOS 651.853371
SRD 42.666816
STD 23560.458971
STN 24.50845
SVC 9.979923
SYP 125.818405
SZL 18.801391
THB 37.825158
TJS 10.578358
TMT 3.995424
TND 3.376027
TOP 2.740748
TRY 52.895655
TTD 7.744044
TWD 36.076858
TZS 2988.02854
UAH 51.196925
UGX 4174.640992
USD 1.138297
UYU 45.747983
UZS 13703.386606
VES 702.176169
VND 29965.680332
VUV 135.182527
WST 3.137518
XAF 656.212065
XAG 0.018479
XAU 0.000277
XCD 3.076306
XCG 2.055508
XDR 0.816121
XOF 656.212065
XPF 119.331742
YER 271.65506
ZAR 18.800009
ZMK 10246.030928
ZMW 20.460043
ZWL 366.531314
  • AEX

    -17.3300

    1065.63

    -1.6%

  • BEL20

    7.4200

    5713.05

    +0.13%

  • PX1

    -59.6400

    8340.71

    -0.71%

  • ISEQ

    -156.2900

    13798.29

    -1.12%

  • OSEBX

    -1.7500

    1944.97

    -0.09%

  • PSI20

    -31.1700

    9136.73

    -0.34%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.6600

    4417.44

    +1.86%

  • N150

    -34.2900

    4198.92

    -0.81%

L'Afghanistan submergé par la pauvreté et la maladie
L'Afghanistan submergé par la pauvreté et la maladie / Photo: Lillian SUWANRUMPHA - AFP

L'Afghanistan submergé par la pauvreté et la maladie

Les salles bondées de l'hôpital délabré du district Musa Qula, dans le sud de l'Afghanistan, ne sont que l'un des symboles de la crise humanitaire dramatique qui frappe le pays, un an après le retour au pouvoir des talibans.

Taille du texte:

Le mois dernier, cet hôpital de la province de Helmand a été contraint de fermer ses portes, sauf pour les personnes soupçonnées d'être infectées par le choléra.

L'infirmerie s'est vite retrouvée encombrée de patients apathiques, des aiguilles de perfusion plantées dans les poignets.

Bien que la clinique ne dispose pas du matériel permettant de tester le choléra, environ 550 patients se sont présentés en quelques jours.

"C'est très difficile", confie à l'AFP Ehsanullah Rodi, le chef de l'hôpital, épuisé, qui ne dort que cinq heures par jour depuis le début de l'afflux de patients.

Les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août, après le retrait précipité des forces étrangères dirigées par les Etats-Unis. Si les violences ont fortement diminué depuis, la crise humanitaire dans le pays s'est rapidement aggravée.

- "Pas de pain sec" -

La pauvreté, plus marquée dans le sud du pays, a atteint un niveau désespéré, exacerbé par la sécheresse et la hausse des prix depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"Depuis que l'Émirat (taliban) est au pouvoir, nous ne pouvons même pas trouver de l'huile", déplore une femme sur un lit d'hôpital à Lashkar Gah, la capitale provinciale de Helmand, à côté de son petit-fils de six mois souffrant de malnutrition.

"Les pauvres sont écrasés sous leurs pieds", ajoute à propos des talibans cette femme de 35 ans, le visage caché derrière un voile.

Son petit-fils est soigné pour la cinquième fois à l'hôpital Boost, un dédale de bâtiments géré conjointement par le ministère afghan de la Santé et Médecins sans frontières (MSF).

"Nous ne pouvons même pas trouver de pain sec", regrette Breshna, la mère d'une autre patiente. "Nous n'avons rien à manger depuis trois ou quatre jours".

Le personnel "n'a pas de repos", renchérit Homeira Nowrozi, la surveillante adjointe des soins infirmiers.

"Nous avons beaucoup de patients qui arrivent dans un état critique", développe-t-elle, parce que les parents ne pouvaient pas se déplacer plus tôt.

"Nous ne savons pas combien de décès (...) nous avons dans les districts" parce que beaucoup de personnes "ne viennent pas à l'hôpital", ajoute Homeira Nowrozi, qui lutte pour être entendue au-dessus des cris des nourrissons.

- Aide humanitaire coupée -

La détresse économique de l'Afghanistan a commencé bien avant la prise de pouvoir par les talibans, mais celle-ci a poussé le pays de 38 millions d'habitants au bord du précipice.

Les États-Unis ont gelé 7 milliards de dollars d'actifs de la banque centrale, le secteur bancaire s'est effondré et l'aide étrangère, représentant 45% du PIB du pays, s'est arrêtée soudainement.

"Comment apporter de l'aide à un pays dont vous ne reconnaissez pas le gouvernement ?", s'interroge Roxanna Shapour, de l'Afghanistan Analysts Network (AAN).

L'aide humanitaire face à des crises telles que le tremblement de terre de juin - qui a tué plus de 1.000 personnes et laissé des dizaines de milliers d'autres sans abri - est simple en revanche, dit-elle, car il s'agit d'une aide "apolitique, c'est une aide vitale".

Des fonds sont également acheminés par avion pour financer l'aide alimentaire et les soins de santé. Mais l'aide pour des projets à long terme est plus complexe.

"Si vous entrez dans le pays et dites: +Je vais payer tous les salaires des enseignants+, c'est très bien", estime Roxanna Shapour.

"Mais alors, que feront les talibans avec l'argent qu'ils ne dépenseront pas pour les salaires des enseignants ?"

À Musa Qala, l'économie semble à peine subsister grâce à la réparation de motos, la vente de carcasses de volaille et de boissons énergisantes conservées tièdes dans des congélateurs sales.

- "Habits du gouvernement trop grands" -

La ville, qui a été le témoin de certains des chapitres les plus sanglants de la guerre de 2001-2021, est reliée à Lashkar Gah, la capitale du Helmand, par une piste qui remonte le lit d'une rivière desséchée bordée de rochers déchiquetés.

La route reprend plus au sud à Sangin, où les murs de boue ont été tellement endommagés par les tirs d'artillerie qu'ils s'effondrent.

"Maintenant, nous pouvons nous rendre à l'hôpital, qu'il fasse nuit ou jour", raconte Maimana, dont la fille Asia, âgée de huit ans, est soignée à Musa Qala.

"Avant, il y avait des combats et des mines, les routes étaient bloquées", se souvient-elle.

L'afflux de nouveaux patients signifie qu'il y a "moins de place" et qu'"il y a moins de personnel, donc des difficultés", analyse auprès de l'AFP le directeur de la santé publique de Helmand, Sayed Ahmad.

Néanmoins, ce médecin à la voix douce dont le bureau est garni d'ouvrages médicaux, insiste sur le fait que "la situation globale est meilleure" que sous le précédent gouvernement, où la corruption était monnaie courante.

Le drapeau taliban flotte désormais ouvertement à Helmand, planté sur des bâtiments criblés de balles.

Après avoir convoité le contrôle du pays pendant deux décennies, les talibans dirigent la nation au moment où elle est le plus ruinée.

"Les habits du gouvernement sont trop grands pour eux", conclut un homme de Lashkar Gah, qui a souhaité garder l'anonymat.

S.Fujimoto--JT