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Il ne seront finalement que cinq candidats sur la ligne de départ: la primaire de la gauche démocratique et sociale démarre ce mercredi avec la mise à l'écart d'un des prétendants, le député socialiste Philippe Brun, pour des accusations de violences.
Le député de l'Eure, 34 ans, qui avait annoncé mardi matin avoir tous les parrainages requis pour participer à la primaire, a été suspendu du Parti socialiste à titre conservatoire à la suite d'accusations d'une militante portant sur des "faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale", a indiqué la direction du PS.
Son nom ne figure donc pas parmi la liste des cinq candidats autorisés à concourir pour ce processus de départage, prévu les 9-10 et 16-17 octobre en vue de l'élection présidentielle d'avril et mai prochains.
Philippe Brun, qui entendait défendre dans cette primaire une ligne populaire, affirme avoir appris avec "stupeur" sa suspension, assurant ignorer "ce qui (lui) est reproché". Il est également exclu, à titre conservatoire, du groupe PS à l'Assemblée.
Le député précise qu'une ancienne collaboratrice "licenciée pour faute grave" a saisi mardi soir "la direction du parti de faits +pouvant être qualifiés pénalement+".
Les accusations à l'encontre de M. Brun portent sur trois registres: "le registre du harcèlement", celui "des violences physiques", et celui de "l'emploi familial", a précisé la direction du PS à l'AFP.
L'emploi familial concerne le fait qu'un député ne peut employer une personne issue de sa famille ou un conjoint.
Cette femme avait déjà saisi début juillet deux commissions du parti, la commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations, et la Commission nationale des conflits, sur ces faits.
La militante aurait par ailleurs déposé plainte au pénal, a-t-on appris auprès d'une autre source socialiste.
Pour justifier cette mise à l'écart, qui a été votée mercredi matin par le bureau national "à l'unanimité moins une opposition et trois abstentions", le Parti socialiste invoque la "défense des droits des femmes".
M. Brun affirme n'avoir "pas été entendu par les commissions du parti" et déplore que "sur la foi d'un signalement envoyé hier à 23H50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat".
- Mauvais auspices -
"Le PS ne se substitue pas à la justice, mais l'article 4.3.4 de nos statuts permet de prononcer une mesure de suspension à titre conservatoire", précise la direction, qui évoque un "sujet politique" au moment où le parti défend à l'Assemblée la proposition de loi dite "intégrale" contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Cette annonce arrive comme un coup de tonnerre pour cette primaire déjà partie sous de mauvais auspices, après plusieurs mois de discussions sur son périmètre, et des critiques venues de toute part, entre ceux qui refusent d'y participer, comme l'ex-président François Hollande, ou ceux qui au contraire souhaitaient y rentrer mais s'en sont vu refuser l'accès, comme le député ex-insoumis François Ruffin ou le banquier d'affaire Mathieu Pigasse.
Au final, trois socialistes ont obtenu leur sésame: le patron du parti Olivier Faure, le député Jérôme Guedj et l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal.
Ils rejoignent sur la liste de départ le chef de Place publique, Raphaël Glucksmann, et le patron du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui en tant que dirigeants de parti, n'avaient pas besoin de soutiens internes au PS.
Le vainqueur, que tous les autres se sont engagés à soutenir, sera le candidat de l'espace social-démocrate à la présidentielle de 2027.
Si Raphaël Glucksmann est considéré comme le favori, à la faveur des sondages pour la présidentielle qui le créditent de 10 à 14% des intentions de vote, le premier secrétaire du PS, qui publie un livre jeudi, entend bien déjouer les pronostics, même s'il n'est pour l'instant évalué qu'autour de 4 à 5%.
La bataille des soutiens a d'ailleurs déjà commencé: Raphaël Glucksmann a publié mercredi matin, dans La Tribune Dimanche, une première liste de 300 noms, dont 30 parlementaires et 150 maires.
Les candidats pourront se départager via trois débats télévisés, le 23 septembre sur LCI, le 1er octobre sur France 2 et le 4 sur BFMTV.
caz/hr/hj
M.Sugiyama--JT