The Japan Times - En Syrie, le calvaire des épouses et veuves de détenus

EUR -
AED 4.198746
AFN 72.027437
ALL 95.86206
AMD 431.78058
ANG 2.046593
AOA 1048.401651
ARS 1598.59809
AUD 1.629093
AWG 2.057931
AZN 1.946836
BAM 1.95299
BBD 2.306581
BDT 140.527788
BGN 1.954244
BHD 0.431609
BIF 3399.807863
BMD 1.143295
BND 1.465491
BOB 7.913613
BRL 6.101876
BSD 1.145252
BTN 105.710351
BWP 15.605613
BYN 3.388624
BYR 22408.579285
BZD 2.303186
CAD 1.56796
CDF 2580.416172
CHF 0.903826
CLF 0.026658
CLP 1052.620475
CNY 7.88485
CNH 7.890221
COP 4222.828168
CRC 538.827014
CUC 1.143295
CUP 30.297314
CVE 110.107044
CZK 24.460822
DJF 203.936547
DKK 7.471981
DOP 70.359065
DZD 151.640297
EGP 60.04596
ERN 17.149423
ETB 178.761853
FJD 2.540687
FKP 0.859503
GBP 0.862776
GEL 3.121081
GGP 0.859503
GHS 12.437104
GIP 0.859503
GMD 84.033056
GNF 10040.342872
GTQ 8.782401
GYD 239.595236
HKD 8.950958
HNL 30.314512
HRK 7.532942
HTG 150.159332
HUF 392.479443
IDR 19439.442529
ILS 3.586748
IMP 0.859503
INR 105.697035
IQD 1500.247787
IRR 1511121.400458
ISK 144.203925
JEP 0.859503
JMD 179.692219
JOD 0.810553
JPY 182.180041
KES 147.824753
KGS 99.98079
KHR 4592.371745
KMF 492.759942
KPW 1028.965312
KRW 1711.272575
KWD 0.351266
KYD 0.954331
KZT 560.655699
LAK 24539.688735
LBP 102552.832105
LKR 356.415579
LRD 209.569358
LSL 19.234523
LTL 3.375853
LVL 0.691568
LYD 7.307485
MAD 10.786179
MDL 19.978252
MGA 4755.178355
MKD 61.63634
MMK 2400.245131
MNT 4080.393301
MOP 9.232056
MRU 45.820067
MUR 53.436996
MVR 17.664024
MWK 1985.751297
MXN 20.413988
MYR 4.497148
MZN 73.068037
NAD 19.234607
NGN 1586.767474
NIO 42.139548
NOK 11.144552
NPR 169.136362
NZD 1.968262
OMR 0.439598
PAB 1.145152
PEN 3.949317
PGK 5.007794
PHP 68.540962
PKR 319.76907
PLN 4.270784
PYG 7388.368543
QAR 4.163028
RON 5.095547
RSD 117.422553
RUB 92.41403
RWF 1671.20254
SAR 4.29147
SBD 9.205487
SCR 17.02737
SDG 687.120342
SEK 10.786004
SGD 1.465069
SHP 0.857767
SLE 28.067799
SLL 23974.333974
SOS 653.362704
SRD 42.92844
STD 23663.895329
STN 24.464797
SVC 10.020625
SYP 126.362642
SZL 19.228331
THB 37.133099
TJS 10.976853
TMT 4.001532
TND 3.386841
TOP 2.752779
TRY 50.513259
TTD 7.766858
TWD 36.691537
TZS 2978.283153
UAH 50.502451
UGX 4305.804184
USD 1.143295
UYU 46.004004
UZS 13828.041733
VES 506.141923
VND 30040.072485
VUV 135.198356
WST 3.127157
XAF 655.017331
XAG 0.014233
XAU 0.000228
XCD 3.089812
XCG 2.063939
XDR 0.814631
XOF 655.01447
XPF 119.331742
YER 272.732354
ZAR 19.25994
ZMK 10291.026055
ZMW 22.290925
ZWL 368.140479
  • AEX

    1.0000

    1001.66

    +0.1%

  • BEL20

    -39.6500

    5109.48

    -0.77%

  • PX1

    -72.6600

    7911.53

    -0.91%

  • ISEQ

    -73.5600

    12393.71

    -0.59%

  • OSEBX

    8.3300

    1945.95

    +0.43%

  • PSI20

    -8.2400

    9143.72

    -0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    -19.3400

    3848.26

    -0.5%

En Syrie, le calvaire des épouses et veuves de détenus
En Syrie, le calvaire des épouses et veuves de détenus / Photo: DYLAN COLLINS - AFP

En Syrie, le calvaire des épouses et veuves de détenus

Ramia al-Sous a vécu un enfer après que son mari a été déclaré mort il y a une décennie dans une prison du régime syrien. Elle a été harcelée par les forces de sécurité, privée de l'héritage de son époux et contrainte à l'exil.

Taille du texte:

Agée de 40 ans, cette mère de trois enfants a été contrainte de se réfugier au Liban en 2016.

"Dès lors que vous êtes une femme, tout devient presque impossible", déplore-t-elle, faisant part d'un sentiment partagé par d'autres épouses et veuves de détenus en Syrie interrogées par l'AFP.

"Si c'était moi qui avait été détenue, mes enfants n'auraient pas autant souffert. Nous avons tout perdu", dit-elle.

Depuis le début en 2011 du conflit en Syrie, un demi-million de personnes, surtout des hommes, ont été détenues dans les prisons du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des dizaines de milliers de prisonniers y ont péri après avoir été torturés ou en raison des conditions de détention épouvantables, selon l'Observatoire.

Les épouses et veuves des détenus et disparus vivent un calvaire face à une société et des lois qui favorisent les hommes, explique à l'AFP Ghazwan Kronfol, un avocat syrien vivant à Istanbul.

Sans connaître le sort du mari, sans acte de décès officiel, elles ne peuvent prétendre à l'héritage de leur époux, souligne-t-il.

Elles n'ont pas non plus accès à son patrimoine si ses biens ont été saisis par l'Etat.

- "Proies faciles" -

Pire encore, la garde des enfants ne leur est pas toujours garantie, les juges l'accordant souvent à un proche parent masculin, explique l'avocat. Sans compter "le harcèlement sexuel" qu'elles peuvent subir de la part des forces de sécurité.

En vertu de la loi antiterrorisme de 2012, la justice peut saisir les biens des personnes détenues pour "terrorisme", une accusation visant généralement des civils soupçonnés de liens avec l'opposition.

Selon un rapport publié en avril par l'Association des détenus et des disparus de la prison de Sednaya, le régime a confisqué des biens de détenus d'une valeur de plus de 1,5 milliard d'euros.

Le mari de Ramia, fonctionnaire à Damas, a été arrêté en 2013. Des mois plus tard, elle a reçu des autorités une preuve de sa mort.

Ayant besoin d'argent, elle cherche alors à vendre la maison et la ferme de la famille mais découvre qu'elles ont été saisies par les autorités.

Elle tente depuis d'obtenir la restitution des biens: "Je veux les vendre pour mes enfants" qui ont dû quitter l'école et se mettre à travailler.

Mais "les femmes sont des proies faciles", dit Ramia qui raconte avoir subi "beaucoup d'humiliations" de la part des services de sécurité et des administrations.

Elle déplore particulièrement le fait qu'une fois le mari disparu, les femmes "n'ont désormais plus de soutien, qu'elles sont seules dans leur combat".

Ramia finit par s'enfuir en 2016 au Liban avec des documents administratifs attestant du décès de son mari, espérant un jour obtenir gain de cause.

- "Dire non " -

Salma, 43 ans et mère de quatre enfants, a également fui au Liban après l'arrestation de son mari.

La seule fois où elle a demandé à connaître le sort de son époux en 2015, les forces de sécurité l'ont emprisonnée et menacée: "J'ai vécu un enfer (...) Après, je n'ai plus réclamé de ses nouvelles", avoue Salma, s'exprimant sous pseudonyme pour des raisons de sécurité.

Elle a voulu vendre sa maison et sa voiture pour pouvoir fuir au Liban mais a découvert que les autorités les avaient confisquées.

Elle refuse alors de brader sa maison à un voisin qui voulait profiter de la situation. "J'avais déjà vendu mes bijoux pour l'acheter", dit-elle.

"La guerre a rendu les femmes fortes. Elles apprennent à dire non", explique une avocate à Damas sous couvert de l'anonymat.

Touqa, femme de détenu de 45 ans, qui a élevé seule ses cinq enfants, en a fait l'expérience elle aussi.

Avant que son mari ne soit porté disparu, elle raconte qu'elle était cantonnée aux travaux de la maison, et ne sortait pas.

Après, "j'ai dû partir à la recherche de mon mari, trouver de l'argent pour nourrir mes enfants et soigner mon fils" qui, lors d'une brève arrestation à l'âge de 15 ans par les forces du régime, a été torturé.

Touqa a alors décidé de partir au Liban avec sa famille. "Même si je retourne en Syrie, je n'aurais aucun droit" en tant que femme, réfugiée et épouse de détenu, dit-elle, amère.

Mais au Liban, elle a souffert de harcèlement sexuel. "Au début, je m'en voulais parce que ce qu'on a appris, c'est que c'est toujours la faute de la femme", dit-elle.

Face à l'adversité, elle a finalement trouvé du travail et suivi des séances de psychothérapie.

"J'ai beaucoup perdu mais je suis devenue une femme forte, capable de protéger mes enfants, je travaille et j'apprends".

M.Sugiyama--JT