The Japan Times - Andy Burnham au seuil de Downing Street après la démission de Keir Starmer

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Andy Burnham au seuil de Downing Street après la démission de Keir Starmer

Andy Burnham au seuil de Downing Street après la démission de Keir Starmer

Il avait juré de se battre mais a finalement jeté l'éponge: fragilisé depuis des mois, le Premier ministre travailliste britannique Keir Starmer a démissionné lundi, ouvrant la voie vers Downing Street à son rival Andy Burnham, qui a fait son retour au Parlement.

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La position du de 63 ans était devenue intenable après l'élection d'Andy Burnham, maire du Grand Manchester, comme député jeudi.

Celui-ci est arrivé tout sourire au Parlement de Westminster où il a prêté serment en début d'après-midi, étape nécessaire pour briguer Downing Street.

Il s'est même offert une photo de groupe avec des dizaines de députés travaillistes enthousiastes.

L'édile de 56 ans a confirmé lundi sur X qu'il souhaitait succéder à Starmer.

"Toutes les décisions que j'ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j'aime", a-t-il déclaré en annonçant sa démission, la voix étranglée par l'émotion, serrant son épouse Victoria dans ses bras à la fin de son discours.

Selon un sondage YouGov publié lundi, 62% des Britanniques estiment qu'il a bien fait de démissionner.

- Intronisation mi-juillet? -

Le Comité exécutif national du Labour doit annoncer l'ouverture des candidatures pour lui succéder le 9 juillet, a précisé le Premier ministre, qui restera en poste jusqu'à la désignation d'un successeur.

En l'absence de concurrent, il pourrait être désigné dès le 16 juillet, début de la pause estivale du Parlement, et entrer à Downing Street le 17 ou 18 juillet, selon plusieurs médias.

Avec le départ de Starmer, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l'histoire moderne du pays.

Mais le Labour garde une large majorité au Parlement, et rien ne l'oblige à organiser des élections avant 2029.

Andy Burnham, personnalité politique préférée des Britanniques, selon l'institut YouGov, a été élu député en battant largement le candidat de Reform UK jeudi dans la circonscription de Makerfield, dans le nord de l'Angleterre.

Maire du Grand Manchester depuis 2017 et surnommé le "roi du Nord", en référence à la série Game of Thrones, il a répété pendant la campagne qu'il voulait "changer le Labour et le pays". Il avait échoué à deux reprises à prendre la tête du Labour, en 2010 et 2015.

- "Bon communicant" -

Reste à savoir si cet homme de 56 ans, plus charismatique que Starmer et qui se dit partisan d'un "socialisme pro-entreprises", pourra apporter le changement réclamé.

Le maire de Manchester, "bon communicant", est resté jusque-là "assez vague" sur un potentiel programme, souligne Tony Travers, expert politique à la London School of Economics.

Ce pro-européen a toutefois exclu de revenir sur le Brexit, alors que la tenue du second sommet entre l'UE et le Royaume-Uni, prévu le 22 juillet, est menacée par la situation politique britannique.

Les espoirs étaient grands lors de l'arrivée à Downing Street de Keir Starmer, ex-avocat qui a mis fin à 14 ans de règne des conservateurs. Mais, deux ans plus tard, le Royaume-Uni reste confronté à une économie apathique et à une forte hausse du coût de la vie.

Dans son discours, le Premier ministre a vanté son bilan sur l'économie ou l'accès à la santé, ne concédant aucune erreur.

Son soutien à l'Ukraine a été salué par plusieurs dirigeants lundi, notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président français Emmanuel Macron.

Le dirigeant est pourtant accusé d'avoir commis plusieurs faux pas, notamment en nommant Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Neuf mois plus tard, celui-ci était limogé après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Plus de 100 députés travaillistes réclamaient son départ, soit environ un quart des élus du parti, selon l'agence PA. Plusieurs poids lourds du gouvernement l'exhortaient aussi à fixer une date pour son départ.

T.Ikeda--JT