The Japan Times - Venezuela: sans la main de fer de Maduro, la rue renaît

EUR -
AED 4.198299
AFN 72.583816
ALL 94.019914
AMD 420.704666
ANG 2.046432
AOA 1049.274168
ARS 1670.45311
AUD 1.632462
AWG 2.057401
AZN 1.939879
BAM 1.952061
BBD 2.302989
BDT 140.470942
BGN 1.932678
BHD 0.430854
BIF 3411.85707
BMD 1.143001
BND 1.478768
BOB 7.900867
BRL 5.896059
BSD 1.14341
BTN 108.191769
BWP 15.518276
BYN 3.199272
BYR 22402.813593
BZD 2.299695
CAD 1.618758
CDF 2588.896631
CHF 0.924596
CLF 0.026327
CLP 1036.164256
CNY 7.737658
CNH 7.746767
COP 3936.631549
CRC 518.706468
CUC 1.143001
CUP 30.289518
CVE 110.054202
CZK 24.196125
DJF 203.133759
DKK 7.47443
DOP 66.841971
DZD 152.617101
EGP 56.886119
ERN 17.14501
ETB 184.3477
FJD 2.569179
FKP 0.86376
GBP 0.862983
GEL 3.028998
GGP 0.86376
GHS 12.835415
GIP 0.86376
GMD 84.020825
GNF 10018.809946
GTQ 8.719299
GYD 239.201832
HKD 8.960612
HNL 30.589409
HRK 7.534667
HTG 149.363908
HUF 352.275669
IDR 20397.647477
ILS 3.396255
IMP 0.86376
INR 108.10552
IQD 1497.930859
IRR 1571625.953592
ISK 144.006235
JEP 0.86376
JMD 180.673937
JOD 0.810347
JPY 184.599152
KES 147.950338
KGS 99.95507
KHR 4591.205992
KMF 490.916285
KPW 1028.701024
KRW 1756.82062
KWD 0.352799
KYD 0.952875
KZT 557.312522
LAK 25252.631045
LBP 102395.671068
LKR 382.337669
LRD 208.111383
LSL 18.787415
LTL 3.374984
LVL 0.69139
LYD 7.310307
MAD 10.659483
MDL 20.107486
MGA 4822.762468
MKD 61.647195
MMK 2400.2077
MNT 4091.064279
MOP 9.233115
MRU 45.720427
MUR 54.646421
MVR 17.670543
MWK 1984.24915
MXN 19.840075
MYR 4.743112
MZN 73.041041
NAD 18.787415
NGN 1562.173531
NIO 42.079401
NOK 11.081275
NPR 173.106431
NZD 2.000579
OMR 0.439488
PAB 1.14341
PEN 3.869089
PGK 5.094242
PHP 69.879064
PKR 318.021261
PLN 4.275383
PYG 6970.648402
QAR 4.168416
RON 5.237913
RSD 117.41016
RUB 84.863008
RWF 1674.69229
SAR 4.290586
SBD 9.214213
SCR 15.629856
SDG 686.359388
SEK 10.991398
SGD 1.478329
SHP 0.853365
SLE 28.289887
SLL 23968.157231
SOS 653.448383
SRD 42.783084
STD 23657.806647
STN 24.453162
SVC 10.004837
SYP 126.338264
SZL 18.783023
THB 37.661299
TJS 10.605486
TMT 4.000502
TND 3.380924
TOP 2.752072
TRY 53.102442
TTD 7.754148
TWD 36.167989
TZS 3004.071008
UAH 51.425699
UGX 4174.0051
USD 1.143001
UYU 45.722423
UZS 13703.751799
VES 693.381551
VND 30083.778254
VUV 135.276765
WST 3.145305
XAF 654.70298
XAG 0.017475
XAU 0.000273
XCD 3.089016
XCG 2.060753
XDR 0.813463
XOF 653.79697
XPF 119.331742
YER 272.702952
ZAR 18.739068
ZMK 10288.378745
ZMW 20.26718
ZWL 368.045757
  • AEX

    4.7400

    1082.93

    +0.44%

  • BEL20

    58.1700

    5705.83

    +1.03%

  • PX1

    -21.0500

    8400.11

    -0.25%

  • ISEQ

    170.9400

    13956.43

    +1.24%

  • OSEBX

    -3.7100

    1946.67

    -0.19%

  • PSI20

    65.5400

    9168.22

    +0.72%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    94.6000

    4336.96

    +2.23%

  • N150

    -2.5400

    4233.39

    -0.06%

Venezuela: sans la main de fer de Maduro, la rue renaît
Venezuela: sans la main de fer de Maduro, la rue renaît / Photo: Juan BARRETO - AFP

Venezuela: sans la main de fer de Maduro, la rue renaît

Des mères réclamant la liberté de prisonniers politiques, des travailleurs demandant de meilleures conditions, des retraités marchant pour des pensions plus élevées: les manifestations ressuscitent dans un Venezuela libéré de la poigne de fer du déchu Nicolas Maduro, qualifié de dictateur par ses adversaires.

Taille du texte:

La terrible répression ayant suivi la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2024 - plus de 20 morts et des arrestations massives - avait éteint la rue et propagé la peur, limitant même les discussions dans les lieux publics.

Le pays avait déjà été le théâtre de manifestations antigouvernementales massives durement réprimées, notamment en 2017, engendrant des accusations de violations des droits humains.

Depuis le 3 janvier et la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine, la parole se libère peu à peu, et la peur semble s'amenuiser.

Il y a "un avant et un après" la capture, estime le militant Diego Casanova, 30 ans.

"Il n'y a pas de liberté!", proteste-t-il équipé d'un mégaphone, devant le Parquet à Caracas, lors d'un récent rassemblement d'une trentaine de personnes.

Un groupe de femmes le reprend en chœur, brandissant des photos de prisonniers politiques. Des pancartes réclament la fermeture de "tous les centres de torture".

Impassibles, des policiers regardent la scène. D'autres prennent des photos avec leurs téléphones portables. Les boucliers antiémeute sont par terre, près de leurs motos.

Une scène difficilement imaginable il y a quelques mois. Sous Nicolas Maduro, ce rassemblement aurait probablement été dispersé.

"Ils n'ont pas cessé d'avoir cet appétit vorace pour la persécution", affirme M. Casanova, mais "ils savent qu'il y a un coût politique bien plus élevé en ce moment, et la population le comprend aussi".

- Protester, mais "avec crainte" -

La présidente par intérim Delcy Rodriguez gouverne depuis plusieurs mois sous la pression de Washington, qui affirme être aux commandes du pays.

La chute de Nicolas Maduro "a ouvert tout un tas de possibilités, mais elle a aussi suscité beaucoup d'interrogations", explique à l'AFP Danny Socorro, directeur de l'Ecole de psychologie de l'université privée catholique Andrés Bello (Ucab).

Les Vénézuéliens envisagent de manifester "mais toujours avec crainte", dans un contexte "d'ambivalence" alors que le chavisme - la doctrine d'inspiration socialiste du président Hugo Chavez (1999-2013) - est encore au pouvoir, ajoute-t-il.

Par peur, Nely Molina s'est abstenue pendant des mois de manifester. Pour cette retraitée de 76 ans, "les choses ont un peu changé" depuis que Maduro est incarcéré à New York, accusé de narcotrafic. Elle est finalement descendue dans les rues de la capitale pour critiquer sa pension "de misère" aux côtés d'une centaine de personnes âgées amaigries.

La crise économique, dans un pays où la majorité des ménages ont des revenus inférieurs au panier alimentaire de base (700 dollars), est l'un des principaux moteurs des protestations, relève l'Observatoire vénézuélien des conflits sociaux.

Services publics défaillants, maigres salaires, élections présidentielles contestées... La liste des revendications est longue face à la débâcle d'un pays qui a poussé environ huit millions de ses citoyens à l'exil. Les manifestations ont augmenté de 144% au premier trimestre par rapport à la même période de 2025, selon l'OVCS.

"Nous avons plus de liberté pour manifester, pour crier, pour dire ce que nous voulons", estime la retraitée. Une poignée de policiers observe la manifestation sans intervenir, à quelques pâtés de maisons du palais présidentiel de Miraflores, bien gardé.

Rencontrée dans une manifestation de proches de prisonniers politiques, Dilsia Caro, 50 ans, se souvient de l'avant. "Si vous sortiez dans la rue pour protester, vous saviez qu'on vous embarquait", dit-elle.

Celle qui exige la libération de son mari, Noel Flores, accusé d'avoir participé à un complot contre Maduro, affirme maintenant ne pas avoir peur, même si l'état d'exception est toujours en vigueur et l'expose à une arrestation.

- Répression "sélective" -

Aux abords de Rodeo I, une prison proche de Caracas, des familles campent depuis des semaines devant la porte d'entrée, réclamant la libération des prisonniers politiques.

Devant la prison de Zona 7, des femmes ont effectué une grève de la faim de plusieurs jours, n'y mettant un terme qu'avec l'annonce de la loi d'amnistie, finalement adoptée le 19 février. Selon l'ONG Foro Penal, quelque 400 opposants restent emprisonnés malgré des centaines de libérations.

Des militants ont signalé de brèves détentions arbitraires lors des manifestations.

La répression a évolué vers "des formes plus sophistiquées, sélectives et moins visibles", selon l'Observatoire.

Devant le Parquet, Diego Casanova colle des feuilles de papier sur le trottoir avec du ruban adhésif. "En ce moment, on torture un prisonnier politique", peut-on lire sur l'une d'elles.

"L'appareil répressif est toujours en place" et cela, confie-t-il, "nous maintient en alerte".

T.Maeda--JT