The Japan Times - En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

EUR -
AED 4.311301
AFN 74.547352
ALL 95.384834
AMD 432.027627
ANG 2.101223
AOA 1077.68016
ARS 1635.561812
AUD 1.625409
AWG 2.113098
AZN 1.998007
BAM 1.955481
BBD 2.364324
BDT 144.297057
BGN 1.958257
BHD 0.44303
BIF 3494.344399
BMD 1.173943
BND 1.494362
BOB 8.111676
BRL 5.750443
BSD 1.173913
BTN 112.19916
BWP 15.845481
BYN 3.282078
BYR 23009.289523
BZD 2.360915
CAD 1.609054
CDF 2595.587989
CHF 0.917096
CLF 0.026765
CLP 1053.414632
CNY 7.976922
CNH 7.974762
COP 4416.339638
CRC 535.714821
CUC 1.173943
CUP 31.109499
CVE 110.247001
CZK 24.323982
DJF 209.034983
DKK 7.471398
DOP 69.278985
DZD 155.275439
EGP 62.155014
ERN 17.60915
ETB 183.292376
FJD 2.567238
FKP 0.860003
GBP 0.867973
GEL 3.140336
GGP 0.860003
GHS 13.252836
GIP 0.860003
GMD 85.697422
GNF 10300.362242
GTQ 8.956576
GYD 245.589905
HKD 9.189745
HNL 31.214904
HRK 7.531083
HTG 153.365615
HUF 357.255026
IDR 20542.893256
ILS 3.417388
IMP 0.860003
INR 112.380246
IQD 1537.748948
IRR 1539688.323871
ISK 143.796334
JEP 0.860003
JMD 185.489717
JOD 0.832306
JPY 184.990576
KES 151.638135
KGS 102.661135
KHR 4709.231175
KMF 491.882621
KPW 1056.570428
KRW 1748.049003
KWD 0.361633
KYD 0.978228
KZT 544.483427
LAK 25733.798722
LBP 105121.237995
LKR 379.169712
LRD 214.824013
LSL 19.403915
LTL 3.466349
LVL 0.710106
LYD 7.426788
MAD 10.713351
MDL 20.090463
MGA 4905.199181
MKD 61.604506
MMK 2464.052776
MNT 4203.71536
MOP 9.465714
MRU 46.826355
MUR 54.814304
MVR 18.090348
MWK 2035.65899
MXN 20.246885
MYR 4.618292
MZN 75.019512
NAD 19.403832
NGN 1609.534843
NIO 43.203131
NOK 10.769586
NPR 179.518457
NZD 1.974326
OMR 0.451412
PAB 1.173908
PEN 4.02326
PGK 5.113165
PHP 72.158824
PKR 327.015904
PLN 4.248148
PYG 7165.860628
QAR 4.27902
RON 5.205147
RSD 117.377916
RUB 86.664888
RWF 1716.897763
SAR 4.404381
SBD 9.429416
SCR 16.278748
SDG 704.953772
SEK 10.891988
SGD 1.493831
SHP 0.876467
SLE 28.880555
SLL 24617.00043
SOS 670.893328
SRD 43.909588
STD 24298.257018
STN 24.496105
SVC 10.271323
SYP 129.755281
SZL 19.396916
THB 38.055712
TJS 10.975808
TMT 4.120541
TND 3.413943
TOP 2.826574
TRY 53.292685
TTD 7.966733
TWD 37.012676
TZS 3037.576017
UAH 51.594297
UGX 4412.279655
USD 1.173943
UYU 46.682379
UZS 14240.675079
VES 586.777994
VND 30920.493711
VUV 138.905026
WST 3.180559
XAF 655.849926
XAG 0.014043
XAU 0.00025
XCD 3.172641
XCG 2.115664
XDR 0.813965
XOF 655.852719
XPF 119.331742
YER 280.047282
ZAR 19.404638
ZMK 10566.899159
ZMW 22.098392
ZWL 378.009277
  • AEX

    -12.2800

    1002.86

    -1.21%

  • BEL20

    -26.3900

    5471.65

    -0.48%

  • PX1

    -73.3100

    7983.2

    -0.91%

  • ISEQ

    -140.2400

    12494.01

    -1.11%

  • OSEBX

    7.1200

    1984.51

    +0.36%

  • PSI20

    -115.4900

    9050.38

    -1.26%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    107.0000

    4099.71

    +2.68%

  • N150

    -15.5300

    4181.07

    -0.37%

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après
En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après / Photo: ilia YEFIMOVICH - AFP

En Cisjordanie, les colons israéliens de Sa-Nur de retour 20 ans après

Assis à la table recouverte d'une nappe plastique fleurie de son préfabriqué, Meir Goldmintz dit réaliser son rêve d'il y a 20 ans: "revenir à Sa-Nur", minuscule colonie israélienne surplombant les villages palestiniens du nord de la Cisjordanie occupée.

Taille du texte:

Le rétablissement de cette colonie, démantelée en 2005 comme trois autres des environs et toutes celles de la bande de Gaza lors du retrait israélien de ce territoire, est particulièrement symbolique.

Un grand pas en arrière éloignant un peu plus la perspective d'un Etat palestinien pour les opposants à la colonisation. Ou une "rectification historique" pour Meir Goldmintz et ses voisins, comme l'avait dit lors de la cérémonie de réinstallation mi-avril le ministre d'extrême droite Bezalel Smotrich.

"Son frère habite à côté", signale Meir Goldmintz, qui compte aussi parmi ses voisins l'influent Yossi Dagan, président du Conseil des colonies du nord de la Cisjordanie et l'un de ceux évacués il y a 20 ans.

L'AFP a eu un rare accès à Sa-Nur, au bout d'un chemin de terre contrôlé par un barrage de l'armée israélienne. Les colonies juives récemment créées - illégales au regard du droit international comme toutes celles de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967 - sont peu friandes des médias étrangers, que leurs habitants jugent hostiles à leur cause.

Un petit groupe reste à distance, l'air méfiant. Seul Meir Goldmintz a accepté de parler à l'AFP - à condition que ce ne soit pas de lui.

"Je ne veux pas que les gens croient que je suis spécial", justifie-t-il. "Mon histoire personnelle n'a pas d'importance, l'histoire, c'est celle du retour du peuple juif".

Lui n'avait jamais habité ici mais a participé aux marches pour réclamer une réinstallation avec les plus radicaux des colons, partisans d'un grand Israël où les Palestiniens n'ont ni place, ni nom. Les "Arabes", comme les appelle cet enseignant en yeshiva (institut talmudique) à l'épaisse barbe grisonnante, kippa noire et chemise claire.

- Vélos d'enfants et bulldozers -

L'installation débute juste. Des ouvriers s'activent sur les poteaux électriques, d'autres creusent au bulldozer. Une route goudronnée longe la dizaine de bungalows blancs. Devant les portes d'entrée, des vélos d'enfants jetés au sol, du linge qui sèche, un hamac, barbecue et trampoline.

L'intérieur est sommaire. "90m2, taille standard", bien moins grand et confortable que son ancienne maison dans une autre colonie, admet Meir Goldmintz. Il y vit avec sa femme et sept de ses huit enfants (l'aînée est mariée) dont les portraits décorent les deux frigos de la pièce à vivre. Rien au mur, des bibliothèques remplies de livres religieux, un piano sous bâche plastique et un canapé.

De la fenêtre, une vue panoramique sur des maisons beiges et champs d'oliviers à flanc de collines. "Ce sont tous des villages arabes, je ne sais pas pourquoi ils sont là puisque c'est une terre juive", lâche Meir Goldmintz.

La réponse des Palestiniens est taguée en arabe sur les murs d'un bâtiment à l'abandon - "la résistance reviendra". Certains graffitis ont déjà été recouverts.

Grignotée de toutes parts, la Cisjordanie, où vivent aujourd'hui plus de 500.000 Israéliens au milieu de trois millions de Palestiniens, voit pousser les drapeaux israéliens depuis 1967, mais le nombre de colonies approuvées par le gouvernement a explosé ces dernières années.

De trois seulement entre 2013 et 2022, le chiffre a augmenté avant de monter à 54 en 2025 et déjà 34 en 2026, selon l'ONG israélienne Peace Now.

"Nous enterrons l'idée d'un Etat palestinien et nous revenons à la colonie de Sa-Nur", avait résumé Bezalel Smotrich le jour de l'inauguration.

- Déterrer les morts -

Meir Goldmintz soutient que personne dans les environs ne leur est hostile. L'autre jour, avance-t-il, il était bloqué dans un embouteillage devant la colonie et des jeunes palestiniens l'ont aidé à passer.

Une vidéo filmée par des Palestiniens le lendemain de la visite de l'AFP raconte une autre histoire.

En contrebas de la colonie, dans le cimetière du village d'al-Asaasa, on voit des hommes porter un corps dans un linceul, vers la sortie. Derrière eux, des colons, armes de guerre en bandoulière, et des soldats israéliens.

Le corps est celui d'un vieil homme décédé ce jour-là. "Pendant que nous l'enterrions, les colons ont commencé à nous provoquer depuis là-haut mais nous les avons ignorés", témoigne auprès de l'AFP son fils, Mohammad Asaasa.

Il avait quitté les lieux une fois l'enterrement terminé, mais des habitants du village l'ont rappelé sur place, pour lui dire que les colons étaient toujours là.

En arrivant devant la tombe, Mohammad Asaasa voit qu'ils ont creusé la terre "pour essayer de déterrer le corps", dit-il.

Dans un communiqué, l'armée israélienne a souligné n'avoir jamais donné de telles instructions, assurant avoir confisqué les outils des colons. Et a condamné "tout acte allant à l'encontre de l'ordre public, de l'Etat de droit, et de la dignité des vivants et des morts".

Mohammad Asaasa, lui, a réenterré son père ailleurs.

Y.Kimura--JT