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Au centre de crise et de soutien (CDCS) du Quai d'Orsay - le ministère français des Affaires étrangères -, l'onde de choc de la guerre déclenchée en Iran se fait désormais ressentir bien au-delà de la région du Moyen-Orient, avec des touristes Français bloqués en Asie qui peinent à rentrer en France.
"Il y a une dizaine de jours, nous recevions des appels de Français qui cherchaient des informations essentiellement pour quitter la région et fuir la guerre", explique Martial, 59 ans, ancien militaire et bénévole de la Croix Rouge, qui souhaite garder l'anonymat. "Aujourd'hui, nous recevons des appels de gens de passage qui rencontrent des problèmes de vols annulés successivement."
Sur 400.000 Français résidents et de passage dans les pays du Moyen-Orient touchés par la guerre, près de 20.000 ressortissants ont pu rentrer, dont une grande majorité (17.000) via des vols commerciaux, a indiqué mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Environ 2.000 personnes dites "vulnérables" (enfants, femmes enceintes, personnes ayant des pathologies chroniques...) ont également été rapatriées en France via des vols affrétés par le ministère des Affaires étrangères.
Les équipes du centre de crise se relaient 24 heures sur 24 pour identifier les personnes pouvant bénéficier des vols spéciaux civils et militaires.
Médecin urgentiste à Tours, Marine Meneret, 36 ans, fait partie des quelque 200 médecins de la "réserve sanitaire" qui viennent apporter leur expertise auprès des équipes du Quai d'Orsay lors de crises internationales majeures.
"J'évalue les problèmes médicaux" des ressortissants français, explique-t-elle. Troubles cardiaques, diabète, problèmes pulmonaires ou de mobilité, la médecin fait une consultation à distance pour "savoir si leur état de santé est compatible avec un retour".
- Au moins 20.000 touristes en Asie -
Depuis le début de la guerre le 28 février, 12.000 appels ont été traités depuis les antennes de Paris, de Nantes et les ambassades françaises. La fréquence des appels s'est toutefois ralentie, passant de plus de 1.000 par jour à 500 par jour.
Mais avec une crise qui "déplace ses effets induits en-dehors de cette zone du Moyen-Orient", le directeur du CDCS Philippe Lalliot se voit aussi contraint "de recaler le dispositif".
Le Quai d'Orsay travaille notamment désormais avec les compagnies aériennes pour les touristes actuellement en Thaïlande, au Vietnam, au Sri Lanka et en Inde, "où se trouvent les plus gros contingents de touristes qui doivent trouver une solution de retour".
Quelque 20.000 touristes français sont actuellement présents dans ces pays.
Ils doivent rentrer via des hubs aériens tels que Doha et Dubaï, régulièrement visés par des attaques de drones et de missiles iraniens qui perturbent le trafic. Les espaces aériens de certains pays sont également fermés.
Outre l'ampleur de la crise - la guerre affecte directement une quinzaine de pays - sa durée est exceptionnelle, souligne Philippe Lalliot.
Et on ne gère pas une crise de 48 heures comme on en gère une pouvant durer plusieurs semaines, explique-t-il. En termes d'effectifs, les seules réponses téléphoniques nécessitent la mobilisation de 150 personnes.
"Pour la première fois, on a intégré une cellule médico-psychologique" pour orienter les personnes les plus fragiles sur le plan psychologique vers des professionnels, souligne-t-il également. "Car vous pouvez avoir des personnes qui n'ont aucune pathologie mais qui sont dans une profonde détresse" du fait du choc de la guerre.
L'urgentiste Marine Meneret souligne que le simple fait de parler à un médecin est rassurant: "On les écoute et on les assure de faire le maximum pour honorer leur demande." Parfois, l'angoisse provient de l'impossibilité de poursuivre leur traitement. "Au besoin, nous leur fournissons une ordonnance", dit-elle.
Outre l'aide aux Français, une autre tâche incombe au CDCS: le soutien humanitaire.
"Au Liban, on traite à la fois la dimension de protection de nos 24.000 ressortissants et la mission humanitaire à destination de la population libanaise", souligne Philippe Lalliot. Une opération fret de 60 tonnes d'aide aux réfugiés est ainsi prévue jeudi matin.
T.Shimizu--JT