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Une grande favorite, politologue de droite adepte de la manière forte contre les groupes criminels, affrontera dimanche lors du premier tour de la présidentielle au deux outsiders au coude-à-coude, un économiste réputé et une ex‑Première dame, ainsi que trois autres prétendants.
Laura Fernández, candidate de la coalition au pouvoir et ouvertement admiratrice du président salvadorien Nayib Bukele qui s'est lancé dans une "guerre" contre les gangs, domine largement les intentions de vote. Elle pourrait même atteindre le seuil de 40% suffisant pour l'emporter dès le premier tour.
Si elle devance ses rivaux de plus de 30 points, un tiers des votants se disent encore indécis, ce qui, avec la marge d'erreur des sondages, ne permet pas d'exclure catégoriquement un second tour le 5 avril.
Au total, 20 candidats sont sur la ligne de départ.
- La partisane de Bukele -
Âgée de 39 ans, Laura Fernández est l'héritière politique du président sortant, le conservateur Rodrigo Chaves, dont elle fut ministre de la Présidence et de la planification. Pour endiguer la violence nouvelle liée au narcotrafic, celle qui se décrit comme la "candidate de la continuité" promet la construction d'une prison de haute sécurité inspirée du Centre de confinement du terrorisme (Cecot) de M. Bukele, d'alourdir certaines peines ou même de suspendre des droits dans les zones sensibles, à l'image d'un Salvador placé sous un long régime d'exception.
"J'appliquerai des mesures sévères qui permettront de mettre hors d'état de nuire les délinquants et les envoyer là où ils doivent être, c'est-à-dire en prison", a-t-elle promis.
Comme M. Chaves, qui ne peut se représenter, elle a adopté un style sarcastique et frontal. Ses adversaires affirment qu'elle n'est qu'une marionnette et que c'est son mentor qui gouvernera en coulisses.
Née dans une province côtière du Pacifique, mère d'une fille de trois ans, cette spécialiste des politiques publiques se dit libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social.
- L'économiste -
Candidat du Parti de libération nationale (PLN), de centre droit, l'économiste social‑démocrate Alvaro Ramos, 42 ans, assure que son handicap auditif, loin d'être un obstacle, lui a donné la force et les compétences pour gouverner.
Il a appris à lire et à écrire à trois ans, et à parler dans un centre public d'éducation spécialisée.
"Je suis né sourd, mais ce pays m'a appris à écouter, affirme-t-il, j'écoute un pays qui veut vivre en paix, sans violence, et qui souhaite retrouver la valeur de l'éducation".
Docteur en économie de l'Université de Berkeley, en Californie, il a obtenu un score parfait à l'examen d'entrée de l'Université du Costa Rica.
Père de deux filles, il a été vice‑ministre des Finances et président de la Caisse costaricienne de sécurité sociale. Né à San José, il est fils d'un ex-ministre de la Sécurité et d'une fonctionnaire.
- L'ex-Première dame non conventionnelle -
Claudia Dobles, de la coalition Agenda citoyen (centre), a découvert le pouvoir en tant que Première dame. Architecte de 45 ans, elle a forgé son image publique comme experte en urbanisme, loin du rôle traditionnellement assigné à l'épouse d'un président.
Durant le gouvernement de son époux Carlos Alvarado (2018‑2022), cette spécialiste des mobilités a piloté des projets de planification territoriale et de transport.
Après des études en environnement et en urbanisme à l'Université de Harvard, elle a décroché un master du MIT à celle de Cambridge. Née à San Carlos (nord), elle est mère d'un garçon de 12 ans.
- Un évangélique, un homme de gauche et un parent de Bukele -
Fabricio Alvarado, du très conservateur Parti Nouvelle République, est un journaliste de 51 ans, député et ancien candidat à la présidence en 2018 et 2022. Militant contre le mariage pour tous et l'avortement, il a récemment été accusé de violences sexuelles sur mineure, ce qu'il nie.
Dans un Costa Rica politiquement conservateur, Ariel Robles, député de 34 ans du parti de gauche Frente Amplio, cherche à devenir le premier politicien de gauche à accéder à un second tour. Il conspue l'"autoritarisme" au Nicaragua et au Venezuela, et son programme met l'accent sur les questions environnementales et l'égalité de genre.
Marié à une cousine germaine de Nayib Bukele, José Aguilar, candidat du Parti Avanza et sociologue de 46 ans, s'efforce en public de garder ses distances avec le président salvadorien, mais soutiendrait un état d'urgence pour faire face à la criminalité.
M.Yamazaki--JT