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Emmmanuel Macron présente jeudi ses voeux aux Armées, un rendez-vous très attendu alors que la France est toujours en quête d'un budget pour 2026, sur fond de tensions géopolitiques, y compris transatlantiques, et de besoins militaires croissants.
Le chef des Armées va "donner ses orientations pour la défense nationale" devant un parterre d'un millier d'invités, à 12H30, sur la base aérienne stratégique d'Istres (Bouches-du-Rhône), qui abrite l'arme nucléaire, à 60 kilomètres de Marseille, a précisé l'Elysée.
Il sera accompagné de la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et de sa ministre déléguée Alice Rufo, ex-conseillère à la cellule diplomatique de l'Elysée.
L'Ukraine et désormais le Groenland, territoire autonome du Danemark que le président américain, Donald Trump, convoite par "tous les moyens", au mépris de l'Alliance transatlantique, seront au centre de l'attention.
Dans ce contexte de crise sans précédent au sein de l'Otan, la France a annoncé mercredi soir sa participation à une mission militaire européenne au Groenland, au côté de la Suède et de l'Allemagne.
Responsables politiques et militaires vont aussi guetter tous les signaux relatifs à la discussion budgétaire, toujours dans l'impasse au Parlement, alors que Emmanuel Macron a demandé d'augmenter de 3,5 milliards les crédits des Armées en 2026.
"Effectivement, c'est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet-là", relève un conseiller militaire du président, en rappelant que le chef de l'Etat avait déjà pris l'engagement à Istres en 2017 de porter l'effort de défense de la France à 2% du PIB d'ici 2025, objectif atteint.
- Service national -
La loi de programmation militaire (LPM) votée en juillet 2023 prévoit 413 milliards d'euros pour les Armées de 2024 à 2030.
Mais "face à un monde de plus en plus brutal", Emmanuel Macron a demandé une rallonge budgétaire de 3,5 milliards d'euros en 2026 et 3 milliards en 2027.
L'actualisation de la LPM, plusieurs fois reportée, doit intervenir désormais avant l'été. Avec cette trajectoire, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d'Emmanuel Macron pour atteindre 64 milliards d'euros annuels dès 2027 et non plus 2030.
Le chef de l'Etat a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026.
Les armées comptent en enrôler 3.000 cette année (1.800 dans l'armée de Terre, 600 dans celle de l'Air et de l'Espace et 600 dans la Marine), puis 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.
Le président prononcera également cette année, probablement en février, un discours sur la dissuasion nucléaire, clé de voûte de la stratégie de défense de la France.
- Pesquet dans le cockpit -
Il a déjà évoqué à plusieurs reprises "la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen", compte tenu de la menace que représente notamment "la Russie (...) pour la France et l'Europe".
Après un déjeuner avec les militaires et une visite de la base, M. Macron embarquera à bord d'un avion ravitailleur et de transport de troupes -- un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) -- piloté par l'astronaute Thomas Pesquet, à destination d'Orly.
L'ancien commandant de la Station spatiale internationale est depuis août 2024 colonel de réserve dans l'armée de l'Air, affecté à Istres, et a "tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT", a précisé l'Elysée.
Le président assistera au décollage et à l'atterrissage dans le cockpit ainsi qu'à un ravitaillement de chasseurs Rafale en vol.
Une équipe de santé lui présentera aussi les capacités d'évacuation sanitaires, jusqu'à 10 blessés graves, dans les conditions d'un service de soins intensifs, à bord de l'appareil.
La base "XXL" d'Istres compte une piste de cinq kilomètres, la plus longue d'Europe, et emploie 5.000 personnes, civiles et militaires, sur quelque 2.500 hectares de surface.
En janvier 2025, l'armée de Terre et son commandement numérique et cyber à Cesson-Sévigné, près de Rennes, avaient accueilli les voeux.
H.Takahashi--JT