The Japan Times - En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale

EUR -
AED 4.282057
AFN 76.361227
ALL 96.670332
AMD 445.136316
ANG 2.086894
AOA 1069.063329
ARS 1676.166309
AUD 1.754184
AWG 2.099946
AZN 1.982882
BAM 1.959652
BBD 2.348106
BDT 142.460053
BGN 1.958554
BHD 0.439488
BIF 3457.842356
BMD 1.165827
BND 1.511271
BOB 8.055836
BRL 6.393975
BSD 1.165787
BTN 104.810591
BWP 15.529528
BYN 3.386658
BYR 22850.205727
BZD 2.344709
CAD 1.612281
CDF 2599.793993
CHF 0.935179
CLF 0.027493
CLP 1078.529955
CNY 8.234932
CNH 8.238263
COP 4464.743667
CRC 574.028445
CUC 1.165827
CUP 30.894411
CVE 111.044843
CZK 24.274887
DJF 207.190728
DKK 7.468735
DOP 74.904584
DZD 151.665323
EGP 55.447188
ERN 17.487402
ETB 180.994406
FJD 2.652842
FKP 0.875427
GBP 0.873496
GEL 3.13605
GGP 0.875427
GHS 13.348527
GIP 0.875427
GMD 85.704047
GNF 10128.119778
GTQ 8.924544
GYD 243.909486
HKD 9.071654
HNL 30.602608
HRK 7.534392
HTG 152.659449
HUF 383.633382
IDR 19422.441702
ILS 3.774079
IMP 0.875427
INR 104.788478
IQD 1527.233138
IRR 49081.309604
ISK 148.596599
JEP 0.875427
JMD 186.947508
JOD 0.826583
JPY 182.262451
KES 150.683027
KGS 101.951516
KHR 4669.13657
KMF 494.310913
KPW 1049.240277
KRW 1713.147679
KWD 0.357862
KYD 0.97151
KZT 604.415589
LAK 25280.954904
LBP 104399.792175
LKR 360.007716
LRD 206.351293
LSL 19.88902
LTL 3.442383
LVL 0.705197
LYD 6.33621
MAD 10.787405
MDL 19.848018
MGA 5234.562516
MKD 61.575431
MMK 2448.875157
MNT 4137.934338
MOP 9.344269
MRU 46.446581
MUR 53.802861
MVR 17.954774
MWK 2024.45812
MXN 21.234195
MYR 4.800839
MZN 74.508526
NAD 19.889122
NGN 1694.109867
NIO 42.855745
NOK 11.809575
NPR 167.697666
NZD 2.01347
OMR 0.448263
PAB 1.165792
PEN 3.920696
PGK 4.954185
PHP 68.918998
PKR 326.839868
PLN 4.226273
PYG 7943.615835
QAR 4.244893
RON 5.092684
RSD 117.447725
RUB 91.808075
RWF 1692.780547
SAR 4.374827
SBD 9.595445
SCR 15.706211
SDG 701.242796
SEK 10.846649
SGD 1.509332
SHP 0.874672
SLE 28.082425
SLL 24446.803391
SOS 666.256225
SRD 45.020729
STD 24130.261437
STN 24.890403
SVC 10.201054
SYP 12890.35916
SZL 19.888908
THB 37.085445
TJS 10.783799
TMT 4.092052
TND 3.420244
TOP 2.807031
TRY 49.672092
TTD 7.905541
TWD 36.33474
TZS 2858.157395
UAH 49.354823
UGX 4162.164276
USD 1.165827
UYU 45.689819
UZS 14001.580837
VES 300.324317
VND 30727.697568
VUV 142.138455
WST 3.250103
XAF 657.249043
XAG 0.019225
XAU 0.000278
XCD 3.150705
XCG 2.101121
XDR 0.817899
XOF 656.361003
XPF 119.331742
YER 278.078817
ZAR 19.811011
ZMK 10493.844013
ZMW 27.111296
ZWL 375.395761
  • AEX

    -3.3100

    943.74

    -0.35%

  • BEL20

    -12.5000

    4989.1

    -0.25%

  • PX1

    -29.7900

    8022.69

    -0.37%

  • ISEQ

    -6.3700

    12739.09

    -0.05%

  • OSEBX

    -9.8300

    1628.34

    -0.6%

  • PSI20

    -72.0100

    8018.62

    -0.89%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    76.8700

    4395.43

    +1.78%

  • N150

    -14.7400

    3670.92

    -0.4%

En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale
En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale / Photo: Jung Yeon-je - AFP/Archives

En Corée du Sud, trois vies bouleversées par la loi martiale

Ils ont quitté leur parti, démissionné, défié un char: tous trois, à leur manière, ont changé de vie ce soir glacial de décembre en Corée du Sud.

Taille du texte:

C'était un mardi, le 3 décembre, il y a un an.

22H00, les programmes télés s'interrompent, font soudain place au président. On ne s'attendait pas à le voir, encore moins à ce qu'il allait dire.

"Je déclare la loi martiale d'urgence".

Yoon Suk Yeol dépeint un pays infiltré par des forces communistes pro-nord-coréennes, et envoie l'armée boucler le Parlement. Hélicoptères et chars sont déployés, les fenêtres brisées, l'hémicycle assiégé.

Un nombre suffisant de députés parvient à se faufiler et vote à l'unanimité l'abrogation de la loi martiale. Dehors déjà, des milliers de manifestants hurlent leur indignation d'avoir été renvoyés, l'espace d'une nuit, aux heures sombres de la dictature.

Un an après, l'AFP a parlé à trois personnes dont la vie a pris un tournant:

- Le député transfuge -

Ce soir-là, Kim Sang-wook est l'un des premiers à rallier le Parlement, et à se retrouver nez à nez avec des soldats armés.

"J'ai crié, +L'Assemblée nationale n'est pas un endroit où vous pouvez entrer!+".

Député pour la première fois, du parti présidentiel avec ça. Et alors ? Mu par un "fort sens du devoir, celui d'abolir la loi martiale", il apporte son vote pour rétablir le régime civil, puis se joint à l'offensive de l'opposition contre Yoon Suk Yeol.

Les comptes sont faits: la motion de destitution des démocrates et leurs alliés a besoin de huit voix du Parti du pouvoir au peuple de M. Yoon (PPP) pour passer.

Kim Sang-wook se charge de rassembler des mutins.

"J'encaisserai toutes les insultes, toutes les critiques, alors faites un pas, s'il vous plaît", implore-t-il devant ses camarades.

Le 14 décembre, le président de la Chambre frappe du marteau: 204 députés, dont 12 du PPP, viennent de voter la motion. A quatre bulletins près, c'est assez.

"La première pensée a été le soulagement: nous avions réussi à arrêter ça", se souvient M. Kim.

Les démocrates sont aux anges, les conservateurs furieux. Le jeune député, "seul au monde".

Vient le doute: "que faire", alors qu'il n'a plus "nulle part ou aller" ?

Une photo de lui isolé, en pleurs dans l'hémicycle, fait le tour des réseaux sociaux.

Après des semaines de réflexion, il soutient publiquement le leader de l'opposition, Lee Jae-myung. Yoon Suk Yeol est officiellement déposé en avril, et M. Lee remporte la présidentielle anticipée en juin.

"Ce qui s'est passé après le 3 décembre a donné un sens à ma vie et à mes opinions politiques", assure Kim Sang-wook.

"C'est comme si j'avais trouvé une boussole, un phare. Je sais maintenant où je dois aller, et j'en suis reconnaissant".

- Le démissionnaire solitaire -

L'inspecteur général Ryu Hyuk fonce à son bureau au ministère de la Justice, où il est chargé du contrôle légal.

D'autres hauts responsables sont déjà là.

Cette réunion a-t-elle quelque chose à voir avec la loi martiale, M. le ministre ? "Il a répondu oui, très franchement", rembobine M. Ryu, 57 ans.

La réaction de son patron le convainc de démissionner. En tant que responsable de l'audit interne du ministère, "il ne serait pas approprié de faire un quelconque travail lié à cette déclaration de la loi martiale".

En griffonnant sa lettre à l'extérieur, M. Ryu enrage, et déboule à nouveau dans la salle: "Peu importe vos opinions politiques, la loi martiale n'est pas acceptable !".

Il sera le seul fonctionnaire à démissionner pendant la crise.

Un an plus tard, Ryu Hyuk passe ses journées à faire de la plongée, court des marathons... Lui l'ancien avocat pourrait bien ouvrir un cabinet, mais il n'en est pas encore certain.

En revanche, il en est bien sûr: "Si la loi martiale avait continué, de nombreux responsables publics auraient partagé mon point de vue".

- Celle qui arrêta le blindé -

Kim Da-in n'a appris à conduire que le mois précédent.

Pourtant, elle roule pied au plancher vers l'Assemblée nationale, ses parents sur les sièges passagers.

Plus de quatre décennies après sa dernière activation, "je pense que ma famille ressentait le poids de ce que signifie la loi martiale", raconte la jeune femme de 25 ans à l'AFP.

A leur arrivée, les plans du président ont déjà échoué, mais la fièvre n'est pas encore retombée.

Au milieu du désordre, Kim Da-in repère un blindé de l'armée qui se dirige vers l'Assemblée. Elle se met à courir.

Dressée face au tank, "je n'avais pas peur".

Cette nuit chaotique passée, elle rejoint les manifestations des anti-Yoon, massives des semaines durant, souvent sous la neige, toujours dans le froid.

"Voir ce que ces gens ont créé, cette culture, cette énergie, m'a fait penser qu'ils pouvaient réussir n'importe quoi. Et cela m'a donné envie d'être parmi eux".

Elle qui étudiait en ligne à l'époque veut à présent aller à l'université, côtoyer la jeunesse qui l'a transportée cette nuit-là.

"Je me prépare pour ça", confie "la femme qui a arrêté le char", rendue célèbre par une vidéo en ligne.

"Ce que je veux dire, en tant que femme qui s'est dressée devant ce char, est simple: j'ai l'intention de tenir bon".

Y.Kato--JT